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Traces de lumière du 17 Septembre 2018 : Paul Eluard, l'amour de la poésie

Eugène Émile Paul Grindel, dit Paul Éluard, nait à Saint-Denis le 14 décembre 1895. Sa mère est couturière. Son père est directeur d’une agence immobilière

En 1908, sa famille s’installe à Paris. Boursier à l’école supérieure Colbert, Paul Éluard obtient le brevet en 1912. Sa scolarité est perturbée par une santé fragile. Il souffre d’une maladie des poumons qu’il l’amène à effectuer plusieurs séjours dans les sanatoriums suisses. C’est à l’âge de 17 ans, pendant  l’un de ces séjours, qu’il tombe amoureux de la jeune russe Helena Diakonova, surnommée Gala, sa première femme et sa muse inspiratrice.

En 1914 il est mobilisé et part comme infirmier militaire sur le front de la Somme. A la suite d’une bronchite, il est renvoyé à Paris. La guerre et les tranchées le marqueront à jamais.

En 1917, il se marie avec Gala et devient père l’année suivante. A Paris il adhère d’abord au mouvement Dada, par la suite, il prend part au mouvement surréaliste.

En 1926 Paul Eluard avec Louis Aragon et André Breton entre au parti communiste français et prend position contre le fascisme. Pendant cette époque il publie deux recueils essentiels : Capitale de la douleur (1926) et L’amour la poésie (1929).

En 1928 Gala le quitte pour le peintre Salvador Dalì. Néanmoins, les liens d’affection resteront intacts et il en restera proche toute sa vie.

En 1929, Éluard rencontre Maria Bentz, surnommée Nusch, une artiste de scène. Il tombe à nouveau amoureux. Ils se marient en 1934. Nusch est à la fois femme et complice d’Éluard et modèle et égérie des peintres surréalistes.

Exclus du parti communiste en 1933 comme les autres surréalistes, il continue sa lutte en faveur des révolutions. Il voyage dans toute l’Europe soumise à des régimes fascisants. En Espagne, il s’insurge au côté de Pablo Picasso contre le franquisme.

Mobilisé dès septembre 1939 dans l’intendance, en juin 1940 il s’installe avec Nusch à Paris. Pendant la période de l’occupation allemande, Paul Éluard fait partie de la résistance. Il participe à la littérature clandestine à la tête du Comité national des écrivains zone Nord. Il continue à publier jusqu’à la libération en 1945. Son poème « Liberté » est parachuté à des milliers d’exemplaires au-dessus de la France occupée  par les avions anglais sous forme de tractes.

La guerre finie, Paul Eluard et Nusch multiplient les tournées et les conférences en Europe sur le signe de la paix. Le 28 novembre 1946, Nusch meurt d’une hémorragie cérébrale. Paule Éluard est terrassé par la douleur.

En 1948, avec Picasso, il est invité à participer au Congrès des intellectuels pour la paix à Wroclaw en Pologne. L’année suivante au Congrès de la paix de Mexico il rencontre sa troisième femme Dominique, qu’il épouse en 1951.

Il meurt d’une crise cardiaque le 18 novembre 1952. Le 22 novembre, il est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

Paul Éluard est un poète humaniste. Il lutte avec ses vers contre les injustices, la haine, l’horreur de la guerre. Il prône l’amour, la liberté et la fraternité.

 

 

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Commentaires:
Musique émission Paul ELUARD
Christian MALAPLATE | 20 Septembre 2018 14:29

Musique :

Paul ELUARD lit un poème

Sonate pour piano no-30 (prestissimo) BEETHOVEN

Et notre mouvement (Poème d'Eluard) chanté par Gérard PITIOT

On ne peut me connaître (poème d'Eluard) chanté par Gérard PITIOT

Fantaisie opus 116 (capriccio - presto energico) BRAHMS

L'amoureuse (poème d'Eluard) chanté par Gérard PITIOT

Sonate pour piano no-31 (moderato cantabile) B EETHOVEN

En vertu de l'amour (poème d'Eluard) chanté par Gérard PITIOT

Symphonie espagnole opus 21 en ré mineur (2ième mouvement) Edouard LALO
 



Paul ELUARD
Christian MALAPLATE | 20 Septembre 2018 14:23

Il y a chez Paul ELUARD une continuité, une obstination de cette voix qui ne renonce jamais parce-que les hommes ont droit au pain et à la lumière et qu’ils veulent vivre debout.   

Chaque recueil de Paul ELUARD, c’est le livre de la joie d’aimer, l’évidence même, la foi en, la permanence, en la durée et à la fécondité de l’amour, le son donne à voir et à vivre.

L’enthousiasme, l’idéalisme, celui qui construit les cités futures, l’exaltation, tout ce qui est création perpétuelle rayonne dans ses recueils.

Parmi les nombreux recueils publiés par Paul ELUARD j’ai choisi aujourd’hui de vous parler du recueil L’amour la poésie : fut publié en 1929 et fait suite au premier recueil "Capitale de la Douleur". On sait que le couple Eluard-Gala connaît quelques tensions, qu'elle a déjà à cette époque l'intention de quitter Eluard pour un jeune peintre aux fringantes moustaches Salvador Dali. " Les premiers poèmes nous rappellent ce que furent les amours d'Eluard et de sa muse Gala dans les premières années, un temps ou l'amour était poésie. J’ai voulu faire une approche du poème La terre est bleue comme une orange extrait du recueil L’amour la poésie de Paul ELUARD- je vais d’abord lire le poème et ensuite entrer dans la composition du poème

La terre est bleue comme une orange

 Jamais une erreur les mots ne mentent pas 

Ils ne vous donnent plus à chanter

 Au tour des baisers de s'entendre

 Les fous et les amours

 Elle sa bouche d'alliance

 Tous les secrets tous les sourires

 Et quels vêtements d'indulgence

 À la croire toute nue.



Les guêpes fleurissent vert

 L'aube se passe autour du cou


Un collier de fenêtres

 Des ailes couvrent les feuilles

 Tu as toutes les joies solaires

 Tout le soleil sur la terre

 Sur les chemins de ta beauté.

On pourrait composer ce texte en quatre parties

Première partie -L'image d'une terre céleste

Si déroutante à la première lecture, l'image éluardienne a toujours sa raison d'être, sa logique interne. "La terre est bleue comme une orange" est une métaphore qui dans une première lecture peut apparaître absurde mais qui finit par imposer sa légitimité et ne cesse plus à qui la médite de livrer ses richesses. La terre et l'orange ont toutes deux cette plénitude sphérique sans laquelle il n'y a pas de bonheur. La couleur bleue est porteuse de félicité car elle se rattache à l'azur du ciel, à l'air, à l'idéal. Autrement dit ce premier vers peut s'écrire "la terre est céleste". En outre cette terre est comme un fruit, pas n'importe lequel, une orange, le fruit que l'on offrait à Noël, riche, plein de vie. Notre planète, aux trois quarts recouverte d'eau nous apparaît bleue mais cependant illuminée du rayonnement orange du soleil. En quelques mots Eluard nous donne l'image d'une terre céleste comme un beau fruit de fête, elle en a la rondeur, le pulpeux, le parfum. La métaphore n'est donc pas aussi absurde qu'il y parait, elle est légitime, explicable, toute en nuance, en connotations comme souvent chaque métaphore en poésie. 
Deuxième partie-La femme autre métaphore de la terre

Lorsque "l'amour agile se leva", qui débute le chapitre "premièrement" la terre devint alors "bleue comme une orange", c'était la félicité. La métaphore est clairement explicite dans le poème 23 dans laquelle Eluard décrit Gala comme "Une étoile nommée azur/Et dont la forme est terrestre". La métaphore était déjà annoncée dans "le miroir d'un moment" de "Capitale de la douleur" avec ce vers : "Ta chevelure d'oranges dans le vide du monde" rappelant la chevelure blonde, dorée, de Gala. C'est également dans ce poème que se trouve "Le temps se sert de mots comme l'amour". La métaphore est confirmée dans les derniers vers du poème "Tu as toutes les joies solaires/Tout le soleil sur la terre" et ses chemins sont ceux de la beauté comme les chemins sur terre peuvent être beaux. La terre est bleue comme une orange prend alors tout son sens, Le visage rond de Gala avec sa chevelure d'orange, ses yeux bleus peuvent être comparés à la terre. Gala miroir de l'univers, dans l'oeuvre d'Eluard aucune métaphore n'est plus insistante que celle-là. Dans ce sens les mots ne mentent pas. 
Troisième partie -Un amour folie 

La passion est désormais devenue douloureuse par le désamour de l'être aimé. Les poèmes de "Premièrement" s'enchaînent, mêlant les mots tendres de l'amour fait de baisers, de caresses. Les poèmes se déroulent en respectant la chronologie des débuts encore hésitants jusqu'à la séparation qui fait mal. Eluard nous rappelle dans ce poème ce que fut l'âge d'or de sa passion avec Gala lorsque chacun s'avouait avec sincérité son amour. Pas besoin de romances, de chanson, d'artifices pour affirmer son amour mais une entente autour de baisers. L'amour est folie, oubli total de soi-même. Eluard est suspendu à cette bouche qui garde ses secrets comme elle délivre des sourires. Les vêtements sont de circonstance, on est indulgent sur leur légèreté, leur transparence faisant croire que l'on est presque nue.
Quatrième partie  Des souvenirs heureux

Dans le second quatrain Eluard énumère des images de bonheur. "Les guêpes fleurissent vert", le vert symbolise la jeunesse, les guêpes sont probablement une allusion à la mince taille de Gala, elles fleurissent, c'est à dire éclosent, arrivent à maturité sexuelle encore jeune. L'aube autour du cou représente les embrassades au coucher des deux amants à une heure plutôt matinale, au lever du jour. On sait qu'Eluard qui était terrorisé comme tous les malades par la nuit et aimait les soirées nocturnes. Eluard ne se levait que très tard. Les fenêtres au pluriel sont des ouvertures qui laissent passer l'air qu'Eluard avait si peur de manquer. Gala avec son collier de fenêtres, c'est l'air dont il a besoin et que porte symboliquement cette femme qui lui donne ainsi vie.

Conclusion
La terre est bleue comme une orange, ou comment une chevelure d'orange, des yeux bleus vont donner à un visage l'apparence de félicité de notre globe terrestre et devenir l'un des vers les plus célèbres de la littérature. Avec des mots simples, des métaphores, des phrases un peu décalées, symboliques, Eluard dit tout son amour à celle cependant qui a décidé de le quitter. Que son chant d'amour est beau. 

Poème On ne peut me connaître de Paul ELUARD chanté par Gérard PITOT

Paul Eluard épouse Gala en 1917. s'il lui pardonne sa liaison avec Max Ernst, la rupture est consommée en 1928 lorsque Gala le quitte pour Salvador Dali.  Cependant il continue à l'aimer et à lui écrire son amour... comme dans cette lettre de février 1931 

Ma Gala, ma seule, ça ne va pas mieux. Hier, trop démoralisé, je me suis « absenté ». J’ai été coucher rue Becquerel. J’y ai trouvé ton fantôme, celui de notre vie, de notre vie entière si difficile, si pleine de larmes et de caresses, si pleine de toi. Il te faudrait un manteau rouge, des bas noirs, des gants rouges, un masque rouge, des cheveux fuyants, la tête renversée et nue dans ton manteau et moi mort à tout le reste, à tout ce qui n’est pas toi, ma vie véritable, l’amour que j’ai de tes yeux simples et doux, de tes mains bonnes et belles, de tes seins qui sont pour me troubler plus doux encore que les poils de ton sexe, que ton sexe que j’adore.
Ma belle tête, ma toute petite tête, petit crâne tout entier dans ma main, Gala, ma divine Gala, toute ma vie, ma mort, je ne rentrerai plus rue Fontaine, le jour te ressemble trop et la nuit a trop ton odeur, je t’aime, je t’aime, mon enfant, moi-même, Gala.



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