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Musique
Christian MALAPLATE | 26 Mai 2017 19:40

Musique de Jean SIBELIUS

Kullervo opus 7 (Kullervo par au combat)

La légende de Lemminkainen (Le cygne de Tunonela)

Finlandia

Tapiola

Symphonie no-7 (3ième mouvement)



SIBELIUS
Christian MALAPLATE | 26 Mai 2017 19:37

Jean SIBELIUS est né en 1865 à Tavastelus en Finlande. Il décède le 20 septembre 1957 à Järvenpää, près d'Helsinki le grand compositeur national de la Finlande.

Il étudie le violon mais il se tourne rapidement vers la composition. Il édifie une œuvre abondante, mais il s'arrête d'écrire dans les années 1930, peut-être parce que son esthétique ne correspond plus aux tendances de l'époque. Il a composé de nombreux poèmes symphoniques, le fameux concerto pour violon, sept symphonies, et Finlandia qui évoque la rébellion de son pays contre le puissant voisin russe. Sibelius n'est pas un révolutionnaire. Très marquée par Bruckner, Tchaïkovski et Grieg, son œuvre, qui ne quitte guère l'univers tonal, a su atteindre une vaste audience internationale. Il faut en chercher la cause dans son lien avec le folklore finlandais, dans sa clarté et sa richesse mélodique, et dans l'expression de la puissance de la nature que, d'après Sibelius, seule la musique peut traduire.

Kullervo, op. 7 est un grand poème symphonique de Jean Sibelius, pour soprano, baryton, chœur d'hommes et orchestre. Il est considéré comme la naissance de la musique nationale finlandaise.

Il s'agit de l'une des premières œuvres symphoniques du musicien, écrite près de 7 ans avant sa première symphonie et un an avant sa célèbre Suite Lemminkäinen.

L'œuvre décrit les aventures de Kullervo, personnage des légendes et des épopées finlandaises (Kalevala, chants 31-36) qui furent une source d'inspiration constante pour Sibelius. Elle fut créée, sous la propre direction de Sibelius, le 28 avril 1892. Cette création, dans une salle remplie de partisans de l'indépendance finlandaise, fut un événement national et un grand succès tant critique que public, qui lança la carrière du jeune compositeur. Toutefois, Sibelius rejeta par la suite sa partition, n'autorisant qu'une exécution du troisième mouvement pour le centenaire du recueil des Kalevala en 1935, et ne s'y intéressa à nouveau qu'à la toute fin de sa vie. Kullervo ne fut rejoué en intégralité qu'en 1958, un an après la mort de Sibelius, plus de soixante après sa création.

Les légendes de Lemminkäinen, op. 22, sont un ensemble de quatre pièces symphoniques écrites par Jean Sibelius entre 1893 et 1895. Elles sont inspirées du Kalevala, cycle mythique finlandais, décrivant les aventures d'un "Don Juan" nordique. La première pièce est Lemminkäinen et les jeunes filles de l'île, inspirée des chants XI et XXIX du Kalevala : le héros se réfugie dans une île, comportant de nombreuses jeunes filles, peu après avoir tué le souverain d'un royaume voisin. La seconde pièce, la plus connue, est le cygne de Tuonela, inspirée du chant XIV. Elle était initialement la troisième pièce du cycle avant que le musicien n'intervertisse ces deux dernières à la fin des années quarante. Tuonela est le royaume des morts, entouré d'un fleuve noir sur lequel nage un cygne de la même couleur. Le cor anglais, symbolisant l'animal funèbre, est omniprésent. La troisième pièce est Lemminkäinen et Tuonela, inspirée du chant XV : le héros a été tué et sa mère vient chercher sa dépouille dans le fleuve bordant le royaume des morts et le ressuscite. La dernière pièce est le retour de Lemminkäinen, inspirée des chants XXIX et XXX : le héros rentre chez lui. Cette pièce a été profondément remaniée et notamment écourtée en 1896 par rapport à sa version initiale, La création de la première version eut lieu le 13 avril 1896 à Helsinki sous la direction du musicien. Le cygne de Tuonela seconde pièce des quatre légendes de Lemminkaïnen de Jean SIBELIUS.                            

Dans l’histoire de la musique, certaines œuvres ont pris valeur de véritable hymne national. C’est le cas du poème symphonique Finlandia de Jean SIBELIUS, au-delà de son titre, exalte le patriotisme finlandais. A la fin du XIXe siècle, la Finlande est soumise aux volontés hégémoniques de ses voisins, la Suède et la Russie. Le “Pays des mille lacs” n’obtient l’indépendance qu’en 1917 et dans l’attente de cet événement majeur, les finlandais combattent avec une seule arme pacifique et efficace, celle des arts. Sibelius porte le flambeau de la musique et de la définition d’une identité nationale, puisant dans les traditions populaires non pour y emprunter des thèmes, mais pour en créer de nouveaux à partir des matériaux populaires existants. Dans ce contexte, Finlandia composé en 1899 est assimilé comme un chant de résistance face à la Russie de Nicolas II, au point que le titre original est La Finlande s’éveille. Plus encore, l’œuvre est imaginée dans un premier temps comme une musique de scène. Illustrée par une série de tableaux et de textes, elle appelle à la résistance contre la censure tsariste. Par la suite, des paroles furent ajoutées et deux versions pour chœur d’hommes, puis chœur mixte furent composées, respectivement en 1938 et 1948.Les fanfares héroïques qui ouvrent majestueusement l’œuvre appellent le peuple à l’union et à la révolte. Dans la première partie de la pièce, Andante sostenuto, l’orchestration avant tout concentrée dans les basses prend de plus en plus  au fur et à mesure que les dynamiques augmentent et les rythmes s’accélèrent. Les trompettes sont agressives et les bois de la petite harmonie dominent bientôt la masse orchestrale. La seconde partie du poème symphonique, Allegro, affirme puissamment que la Finlande regarde vers son avenir.

 Tapiola (1924), est le dernier poteau indicateur sur la route de la musique de Sibelius. Il indique un immense blanc, un pays dont nul ne revient : la solitude volontaire, le retrait au monde.accompagné par un silence presque total. Sibelius va survivre dans une sorte d’effondrement et Tapiola est annonciateur de cela, ça c’est une musique de délire et d’effondrement. Dans cette évocation de la demeure de Tapio, le dieu de la Forêt dans la mythologie finlandaise, ce sont moins en définitive les feuilles qui bruissent, les branches qui se tordent et craquent, le vent qui murmure ou qui se meut affolé tel une bourrasque que les notes qui ondulent, le matériau plastique qui se distord, qui s’aplanit, se met en boule et bondit tout à coup.
Tapio est ce dieu mythique des légendes finnoises regroupées dans le Kalevala.
Il est ainsi décrit : « ruminant des rêves farouches, tandis que des esprits des bois ourdissent des arcanes magiques dans les ténèbres » Sibelius fait une alchimie sonore qui transmute les sons amers de la nature, en palais de glace figé, saisi par la panique. Étrange travail d’ingestion, d’assimilation, des bruits bruts de la nature en matière sonore. Cette nature qu’il entend souvent hurler devant sa porte, il veut la rendre comme il la perçoit : violente, destructrice, puissante, indifférente aux hommes. Ce qui le fascine et qu’il va essayer de traduire musicalement c’est la force de vie et de mort de la nature, capable de s’anéantir, de se désagréger, et de renaître sans cesse dans le même mouvement. Il va composer par petites cellules organiques qui elles aussi vont se désintégrer et se recomposer comme terreau à d’autres formes.
Il s’opère une alchimie nocturne dans les alambics frissonnant de la peur.
Elle est avant tout une invocation. À son sommet un cri va retentir, puis viendra le silence et l’obscurité. La forêt continue à respirer, mais nous n’en saurons plus rien. Nous sommes exclus. Les cordes pulsent la vie, les bois et les cuivres le mystère. Les différentes couches glissent, s’ignorent dans des rythmes différents puis se rejoignent. Des trémolos de cordes, des montées dans l’aigu, des affaissements, des hurlements parfois, tout nous parle de cette vie sauvage contenue dans la musique. La tempête au milieu de l’œuvre C’est une œuvre de mystère, de crainte sacrée aussi, avec à un moment un grand passage de panique. A l’usage des auditeurs Sibelius a inscrit en exergue de la partition ce quatrain qui dit tout : Là s’étendent du Nord les vieilles forêts sombres

Mystérieuses en leurs songes farouches

Elles abritent la grande divinité des bois, les sylvains familiers s’agitent dans leurs ombres.

Ce n’est pas qu’une musique de la peur, mais aussi une célébration de la force vitale, de la sauvagerie de la vie. Sibelius avait une relation fusionnelle avec la nature, fasciné par les chants d’oiseau, courant après les papillons, composant souvent en plein air pour s’immerger dans les bruits des arbres. Il avait une relation païenne et mystique avec la terre. Aussi ce poème veut rendre de façon palpable l’héritage du fond des âges qui montent des forêts. Acte de reconnaissance de cet homme de soixante ans à ce moment et qui vivait dans le souffle des bois et des tempêtes. Cette sagesse acquise, cette gloire derrière lui, ne pouvait rivaliser avec le cri des arbres sous le vent, et le passage des esprits dans la brume.

Tapiola de Jean SIBELIUS

La septième symphonie, est la ultime symphonie de Jean SIBELIUS et se présente comme Fantaisie symphonique.