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Bellini
Christian MALAPLATE | 06 Juillet 2017 18:42

La Sonnambule connut un succès considérable durant tout le XIXème siècle. Le thème du somnambulisme fascinait l’époque romantique avide de phénomènes mystérieux proches du surnaturel. Bellini a exploré toutes les solutions musicales susceptibles de traduire les états d’âme complexes de son héroïne victime innocente d’un mal inconnu. L’opéra, dont le sujet tient en peu de lignes, s’apparente à une longue élégie champêtre. Le personnage d’Amina, la somnambule, offre des airs magnifiques dont la ligne mélodique,  simple et bouleversante, n’est pas sans rappeler la pure émotion de certaines pièces de Chopin. Cet art subtil du chant élégiaque illustre bien  la fameuse phrase d’Heinrich Heine « Bellini ? Un soupir dans un escarpin de bal ». A la création, le rôle-titre était tenu par la fameuse Pasta créatrice de Norma et d’Anna Bolena ; il sera repris en 1833, par la célèbre Malibran. Puis il faudra attendre la magnifique interprétation de Maria Callas en 1955 à la Scala de Milan, pour que le public redécouvre cet opéra quelque peu oublié.

Dans un village suisse au début du XIX siècle, les villageois célèbrent les fiançailles d’Amina avec le jeune fermier Elvino dont Lisa, l’aubergiste, est également amoureuse. Survient alors le comte Rodolfo, de retour au pays. En  complimentant Amina, il provoque la jalousie d’Elvino, tout à fait désespéré quand on découvre Amina endormie dans la chambre du comte. Tout accuse l’innocente Amina malgré les explications de Rodolfo qui a reconnu l’étrange maladie dont souffre la jeune fille, le somnambulisme. Elvino, persuadé d’avoir été trahi, envisage d’épouser Lisa. Mais en voyant Amina traverser dans son sommeil un cours d’eau sur un petit pont suspendu, il comprend enfin sa méprise, réveille sa fiancée et lui rend sa confiance avec l’anneau nuptial qu’il lui avait repris.  

Le dernier opéra de Vicenzo Bellini, I Puritani, est l’un des rares opéras du compositeur (avec Norma et La Sonnambula) qui soit encore régulièrement à l'affiche des grandes maisons d'opéra, et ce malgré deux grands handicaps. Dans le château de Lord Valton, un partisan de Cromwell, on s'apprête à célébrer le mariage de la fille de celui-ci Elvira avec Arturo, pourtant partisan des Stuart. Arturo découvre que la reine Enrichetta a été faite prisonnière et que Valton doit l'amener à Londres pour qu'elle soit jugée et exécutée. Il fait s'échapper la reine et prend la fuite avec elle. Se croyant trahie Elvira perd alors la raison. Quelques mois plus tard, alors qu'Arturo a été condamné à mort par contumace mais qu'il a réussi à échapper à la justice de Cromwell il retrouve Elvira qui finit par le reconnaître et retrouve la raison. Les soldats de Valton les rattrapent mais en fin de compte un message apprend qu'Arturo a été gracié et que plus rien ne s'oppose désormais au mariage.



Musique
Christian MALAPLATE | 06 Juillet 2017 18:40

Musique de BELLINI

Symphonie (extrait de Norma)

Extrait de l'acte 1 de Norma

Casta Diva (extrait de l'acte 1) chanté par Maria CALLAS

La Sonnambula (extrait de l'acte 1) chanté par Maria CALLAS

(extraits) I Puritani

Concerto pour hautbois et orchestre

 



BELLINI
Christian MALAPLATE | 06 Juillet 2017 18:36

Bellini qui vient de se faire acclamer le 6 mai 1831  avec la sonnambula entreprend tout de suite une œuvre nouvelle pour la Scala de Milan. Le 23 juillet, il annonce avoir choisi le sujet : une pièce de SOUMET récemment joué à PARIS, Norma ou l’infanticide librement adaptée d’un roman de CHAUTEAUBRIAND Les Martyrs et du mythe de Médée- Norma est un personnage d’opéra hors norme, riche, sculptural et au moins aussi écrasant que les rôles de tragédienne les plus lourds. A une époque où le bel canto se régale de comédies, de mélodrames et d’émoustillante virtuosité, Vincenzo Bellini frappe un grand coup avec sa Norma. Son génie dramatique donne vie à une figure qui semble ressusciter toutes les vestales de l’Antiquité, tandis que son incomparable muse mélodique pare chœurs et cantilènes de la plus exquise liqueur. Pour autant, les subtiles arabesques vocales peuvent laisser la place à de foudroyantes imprécations lorsque s’élève la voix de Norma : c’est que son personnage porte les deux actes du drame sur ses épaules, et l’irradie en permanence de ses éclats, à la manière d’une Médée déchirée entre l’amour et le devoir. Egérie de l’opéra romantique italien et sorte de forteresse imprenable, Norma est considérée comme le rôle des rôles par tout grand soprano. L’action se déroule en Gaule transalpine occupée par les Romains, vers l’an 50 avant Jésus-Christ. La druidesse Norma a eu deux enfants de son amant Pollione, proconsul romain en Gaule. Mais  ce dernier l’a déjà oubliée et ne songe désormais qu’à la jeune novice Adalgisa, qu’il rêve d’emmener à Rome. Venue demander conseil à Norma, Adagilsa dévoile à la prêtresse le nom de son amant : effroi d’Adalgisa qui découvre, horrifiée, le mensonge de Pollione, et stupeur de Norma, qui ne contient plus sa rage : pourra-t-elle vivre ? devra-t-elle tuer ou épargner les fils de Pollione ? En renonçant à Pollione, Adalgisa croit pouvoir panser le mal, mais rien n’y fera ; après avoir accusé et menacé de mort le père de ses enfants, Norma se sacrifiera elle-même en montant au bûcher, suivie d’un Pollione conscient de ses actes et subitement atteint par la grâce. Voici extrait de l’acte 1 de Norma Casta Diva chanté par Maria CALLAS