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Edouard LALO
Christian MALAPLATE | 21 Septembre 2017 12:49

Symphonie espagnole pour violon et orchestre en ré mineur opus 21 d’Edouard LALO-

Datant de 1874-1875, cette œuvre illustre à merveille la créativité Française de cette époque, son style et sa dynamique, emmenée essentiellement par Saint-Saëns, Franck, Bizet, puis Debussy et Fauré. Composition pour violon et orchestre, créé par le violoniste (et compositeur) Sarasate, le plus renommé de l’époque, la symphonie espagnole se présente comme un poème symphonique pour soliste et orchestre sur des thématiques espagnoles, ou plus exactement sur les fantasmes que la société Française conçoit alors sur une Espagne imaginaire (c’est l’époque de Carmen de Bizet). Elle est particulièrement virtuose et utilise une orchestration colorée et aérée, bien que solide et précisément structurée. Lalo utilise très franchement et très ouvertement les cuivres, ce qui est plutôt rare dans une œuvre où dialogue le violon et l’orchestre. Les thèmes, très clairement affirmés, sont récurrents au cours de l’œuvre et la porte dans toute sa durée. Les cinq mouvements sont séparés mais constitue un œuvre globale.

Cuivré, imposant, révolté, fou, virtuose, violent, le premier mouvement nous plonge immédiatement dans une tempête en pleine action où les graves dominent. Plus dansant, le second mouvement, est également plus souple et plus aérien. Le violon joue essentiellement dans les aigus, tout comme l’orchestre qui utilise essentiellement les bois et les pizzicati des cordes. S’ouvrant sur les graves des cordes, interrompus par quelques notes des flutes, le troisième mouvement est grave et sombre. La plainte du violon, torturée, se lamentant sur quelque cher objet disparu, renforce cette ambiance de promenade aux enfers. Quelques lumières d’espoirs vacillent ci et là, sans pour autant ouvrir d’échappatoire. Le quatrième mouvement est le mouvement lent de l’œuvre, plutôt mélancolique, plaintif et égaré que pathétique ou tragique, il installe une tension assez forte, héritée certainement de l’épisode infernal précédent. Le final dans les aigus est splendide.



Edouard LALO
Christian MALAPLATE | 21 Septembre 2017 12:47

Le Roi d'Ys est un opéra en trois actes et cinq tableaux d'Édouard Lalo, composé sur un livret d'Édouard Blau (1836-1906). Le livret est tiré de la légende bretonne de la ville d'Ys, capitale du royaume de Cornouaille, engloutie au large de Douarnenez dit la légende. Lalo a composé Le roi d'Ys entre 1875 et 1878 après avoir esquissé la première version de l'opéra en 1875. L'intérêt de Lalo pour le folklore breton lui vient de sa seconde épouse, la contralto Julie de Marigny, d'origine bretonne. Le rôle de Margared est, en fait, écrit pour elle.

L'action de déroule au cours du Moyen Âge dans la ville d'Ys située sur les côtes bretonnes.

Acte I Margared, la fille du roi d'Ys, est amoureuse de Mylio, mais promise au prince de Karnarc afin de sceller l'amitié des deux peuples. Pressée par sa sœur Rozenn, elle lui avoue que son cœur est pris mais sans révéler le nom de l'élu. Mylio, l'ami d'enfance des deux sœurs revient d'un long voyage et avoue son amour à Rozenn. Margared, qui vient d'apprendre le retour de Mylio refuse de se marier à Karnarc. Ce dernier lance un défi à Mylio.

Acte II Margared apprend le sentiment qui unit Rozenn et Mylio. Ivre de rage, elle maudit les deux amants. L'armée de Mylio a vaincu celle de Karnark. Il est fêté à son retour par les habitants d'Ys. Margared propose à Karnarc de se venger en ouvrant les écluses qui protègent la ville des eaux. La statue de saint Corentin leur conjure de n'en rien faire.

Acte III Au moment où l'on célèbre les noces de Mylio avec Rozenn, l'eau s'engouffre dans les rues. Mylio tue Karnark. Margared, rongée de regrets et de remords, tente de rejoindre la foule qui s'est réfugiée sur la terre ferme et se jette à la mer, après avoir reconnu publiquement son crime. Saint Corentin apparaît, l'océan apaise sa fureur. Les iliens prient pour le salut de Margared.