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BACH
Christian MALAPLATE | 24 Octobre 2018 05:58

Ce qui frappe dans la vie de BACH comme dans son œuvre, c’est une immense force. Dès son adolescence, BACH semble être adulte. On dirait qu’il n’a jamais été enfant. Tous ses problèmes psychologiques sociaux, familiaux, il les a toujours réglés avec une sureté d’instinct que peu d’artistes semblent avoir possédée, et de telle sorte que sa paix intérieure n’en ressortait jamais amoindrie, mais renforcée. Sa sérénité fut conquise, toujours sur lui-même, sur les évènements et sur les hommes. C’est ce qui fait sans doute ; la grandeur de son œuvre ; elle respire la force et la paix, mais elle contient la souffrance et la douleur, qui ont été subies et dépassées. Ceci dit, c’était un homme rude, de caractère peu aimable, et bien peu diplomate. Cela n’empêche pas la tendresse…

La musique pour orgue occupa BACH toute sa vie durant. Les deux parts essentielles de sa production pour orgue sont les chorals d’abord, puis les grands Préludes, fantaisies ou toccatas et fugues. Peut-être au travers de ces pages brillantes, y suit-on mieux que partout ailleurs le cheminement esthétique et spirituel de BACH.

La musique religieuse de BACH n’est pas quelconque. Sa foi s’exprime de manière directe et  vivante. Le choral est au cœur de l’office luthérien, comme il est au cœur de l’œuvre de BACH. Pour comprendre et pour apprécier la musique religieuse de BACH, il faut savoir que le choral était une musique populaire dans l’Allemagne luthérienne du 17ième siècle. Il était lié à un temps à une fête, à un sentiment particulier. L’évocation d’une mélodie appelait les paroles dans la mémoire des fidèles. Le choral permet ainsi à BACH, de donner à n’importe quelle musique une valeur de prière et de prière familière. C’est aussi une sorte de méditation musicale. La cantate est pour BACH une part inséparable du culte, mais conçue d’une manière très large. C’est une sorte de Concerto d’église qui prenait place après la lecture de l’évangile, et était généralement divisée en deux parties, de part et d’autre du sermon. Elle repose sur deux piliers extrêmes : au début, un grand chœur d’introduction, presque toujours construit sur un thème de choral, à la fin, le chant très simple du même choral, auquel se joignait probablement la foule des fidèles. Entre ces deux éléments constants, règne une complète liberté dans la disposition des pièces : airs à une ou plusieurs voix accompagnées par l’orchestre ou des instruments solistes.