Liste des commentaires
envoi mail de Chantal et Cathy des Editions des Femmes
Christian MALAPLATE | 25 Janvier 2017 06:04

envoi mail  de Chantal et Cathy des Editions des Femmes :

Vous avez montré toute l'étendue poètique d'ESSENINE qui se confond avec la Russie profonde. De ce marcheur infatigable en compagnie du vent et des couleurs du temps. Merci aussi pour la musique.



Texte extrait de l'émission ur ESSENINE
Christian MALAPLATE | 25 Janvier 2017 05:58

Suite aux mails de François, Jean-Paul et Catherine voici un extrait de l'émission

La poésie d’Essenine sent la sauvagine. Au milieu coule tant de rivières. Les arbres de sa chère Russie lui tendent la main et le consolent.

Le vent est son vieux complice, comme lui sensuel et fou, la vieille, la très vieille Russie sa mère et sa maîtresse –

 Dans les poèmes de Sergueï Essenine, on voit passer le vent qui berce les seigles, la lune qui court après sa clarté, et les bouleaux après leurs larmes, les nuits d’automne où la terre monte au ciel, et les rues mal famées des villes entre accordéon et prostituées.

Joie folle de l’enfant, désespoir le plus noir de l’adulte, comme à regret, il aura allumé les tisons de l’utopie.

Ce passéisme rural va de pair avec les élans enflammés du tonnerre de la révolution. Avoine et seigle se mélangent à la sueur qui ruisselle des rebelles. Enraciné et sans foyer, sans toit qui l’héberge, il erre en fait et ses poèmes sont ses bouteilles de naufragé.

Il n’avait que la culture des contes, mais savait la sagesse animale.

Quand on a fini de lire ses mots une odeur d’herbe fauchée reste encore en suspens. Il est le dernier chant du coq avant l’enfer. Son perchoir est l’infini des mots.

Ouragan et houligan, murmure et ange, sa poésie est la plus proche du vent. Ses mots sont des chevaux qui passent tels des pluies d’automne.

Avec les étoiles pour pèlerine, il reste pour nous une rumeur qui roule et nous drosse dans la vie.

Il parle « de ce crépuscule – louve affamée - qui est accouru pour laper le sang rouge de l’aurore»

Ce rouge, son sang avec lequel il écrira, faute d’encre, quelques poèmes.

Il ne conduit pas ses mots comme un troupeau de brebis, il les lâche comme des chevaux furieux.

Vent et bataille du vent, cinglant ou tendre, fuite éperdue ou retour à la terre mère, tout cela est dans les textes de cet oiseau fou nommé Essenine.  Pétri de légendes, il veut restituer une sagesse mythique du paysan, l’éternelle Russie, mais aussi la clameur d’orage des révolutionnaires, et des émeutes, le désenchantement de celui qui ne croit plus en rien. Toujours ce regret de la jeunesse perdue, de la jeunesse passée va en fait être la lamentation de l’innocence perdue, l’innocence saccagée.

Mais le tragique est sa véritable nature :

Dans la galère des sentiments me voici condamné

À tourner la meule des poèmes.

Mais sois sans crainte, vent insensé,

Crache tranquillement tes feuillages sur les prés !

L'étiquette de « poète » ne m'écorchera pas,

Moi aussi dans les chants je suis un voyou comme toi. 



Musiques de l'émission et les poèmes lus d'ESSENINE
Christian MALAPLATE | 25 Janvier 2017 05:50

L'amour des trois oranges (la marche) PROKOFIEV

Roussian et Ludmila (ouverture) GLINSKA

Sérénade pour cordes en ut majeur opus 48 TCHAÏKOVSKI

Pâque orthodoxe russe Le choeur du Patriarcat russe

Barcarolle en sol mineur (ext.Les saisons) TCHAÏKOVSKI

Polonaise d'Eugéne Onéguine TCHAÏKOVSKI

Poèmes lus

La confession d'un voyou

Houligan

Lettre à ma mère

L'homme noir

Je fais un rêve