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deux poèmes
Christian MALAPLATE | 07 Juin 2017 11:50

Deux poèmes extraits de mon recueil

La lumière tisse des volutes sur des pierres grises (Editions Les Poètes Français)- Christian MALAPLATE

J’écris des lettres

 

 

 

 

Elles deviennent des mots qui donneront des paroles pour former le livre de ma vie.

Ainsi se modèle le souffle de la connaissance dans la contemplation des étoiles.

Le regard s’étend parmi les lys des champs.

Il se met à l’écoute des oiseaux du jardin.

 

Il y a le chant silencieux qui psalmodie le cœur de l’homme

Le long des chemins de transhumance dans l’attente d’une aube nouvelle.

On cherche le pays où le vent qui souffle adoucit l’air.

Avec de belles pierres l’homme dresse un autel

Sur cette terre de promesse tandis que le feu s’élève dans la nuit.

 

Dans le goût de l’ombre sommeille parfois la cruauté des hommes.

Alors dans l’intolérable dictature des idées naissent des masques de souffrance,

Des geôles mouroirs et les longs cris des femmes au ventre saccagé.

 

Dans le vagabondage inlassable des histoires sans fin toutes les rives inquiétantes

Se décolorent sous l’ardeur quotidienne des rivières qui roulent des galets

Et qui grignotent les berges tout en berçant les joncs et quelques talus sauvages.

Mas du Gua 08 mars 2016

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je n’attends aucune louange

 

 

 

Je n’attends aucune louange seulement je te tends ma coupe de vin.

La conscience se lèvera de l’intérieur : véritable respiration qui éclairera le corps.

Il n’y a pas d’harmonie perdue car l’âme symbolise le souffle vital.

 

Entre l’aube et le crépuscule parfois émergent des nuées et des brumes épaisses

Dans la symphonie du ciel et dans la caresse du feu pour un baiser de paix.

Je nettoie l’océan du devenir pour atténuer l’abri secret de l’âme sauvage.

 

Je n’appelle pas à la prière ni même aux grâces divines,

J’entre seulement plus à fond dans le désert pour repousser des souffrances plus intimes.

On ne peut pas faire commerce avec d’intolérables pensées.

 

Les rougeurs du crépuscule annoncent les ombres de la nuit.

Alors je me suis allongé sur les ailes du vent. Rien n’est vrai que d’aimer

Dans l’immense résonnance parce que la nuit est souvent traversée de clartés.

 

 

 

Montpellier 10 mars 2016

 

 

 

 



Musique
Christian MALAPLATE | 07 Juin 2017 11:44

Sérénade opus 132 (andante) Leonhard Von CALL

El lago MONPOU

The heartland John BARRY

Gifts of nature John BARRY

Mélodie en fa RUBINSTEIN

The Crimson Petal QUILTER

 

Les pauvres gens extrait de La Légende des siècles de Victor HUGO dit par Louis SEIGNER



Tanella BONI
Christian MALAPLATE | 07 Juin 2017 11:41

Là où il fait si clair en moi, de Tanella Boni. Éditions Bruno Doucey, 96 pages, 14 euros.
 Qu’elle parle d’exils, de migrations, des violences de la colonisation ou de l’attentat de Grand-Bassam qui a frappé la Côte d’Ivoire en mars 2016, Tanella Boni fait de ses mots des armes. C’est le titre du texte qui ouvre, comme un manifeste, Là où il fait clair en moi, un recueil de sept poèmes. Romancière ivoirienne, poétesse, essayiste et auteure de livres pour enfants, elle est l’une des grandes voix de la littérature africaine. Saisie par l’embrasement et le chaos d’« un monde qui se défait fil à fil », Tanella Boni puise dans ses émotions et ses colères intimes pour parler de notre présent. Ici une vieille femme au seuil de la mort, là un « petit d’homme », « image symbolique d’une humanité perdue », dans lequel on croit reconnaître Aylan Kurdi, l’enfant trouvé mort sur une plage turque en 2015.

 Que faire lorsqu’on a connu la guerre et l’exil, « un premier départ en pays étranger », puis d’autres guerres, d’autres départs ? Que dire à ces « vies précaires (…), fauchées pour rien », ces « visages de femmes / enveloppés d’un voile de contraintes » ? Comment lutter contre barbares et fous de Dieu ? Où trouver la force de sonder les abysses de la mémoire négrière ? Quelle prière offrir au corps de l’enfant mort, ce « visage de l’innocence » échoué sur une plage ? La réponse à ces questions tient en une phrase prononcée dès le premier des sept poèmes du recueil de Tanella BONI : « Tu n’as pas d’autres armes que les mots ». Et Tanella BONI de nous rappeler que les mots aiment le dialogue, la tolérance et la paix ; que la poésie possède la capacité, rare, de réenchanter la vie.