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court extrait du texte de l'émission sur Umberto SABA
Christian MALAPLATE | 25 Janvier 2017 06:14

Umberto Saba est avant tout l'homme d'une ville, Trieste la cosmopolite. Il aura tant erré dans ces avenues interminables conduisant à la mer, tant traîné dans les bars populaires où se refaisait à chaque fois le monde, les Alpes lointaines, les collines. Cette ville semble conduire à une certaine oisiveté, ou tout du moins une certaine nonchalance. Une brume de mélancolie tombe de ses murs. Ainsi se passeront ses journées de jeune homme, ainsi se passeront ses journées de petit libraire.

« Les rêves longs et fatals » seront son exutoire et sa géographie intérieure, à l'ombre des grands arbres anciens.

Son berceau est taillé dans le bois des souvenirs de son enfance, l'amour pour sa mère, pour sa tendre nourrice. Il fait les cent pas dans sa difficulté d'être.

En fait tous ses poèmes, ses nouvelles, ses aphorismes, ne seront qu'un voyage dans son autobiographie intérieure.

Attentif aux mystères, au temps qui fuit et coule sans nous, il médite tendrement : « Je regarde et j'écoute : parce que c'est là que réside toute ma force. Regarder et écouter » (Méditation, poèmes de jeunesse). Attentif au rien, au peu de choses, il est celui qui guette, qui songe.

Sa poésie semble une berceuse des petits moments du monde. Lui l'homme des insomnies trace sur le sable des mots les noms oubliés depuis toujours.

Quand il marche dans la vieille ville aux rues sombres, aux auberges innombrables, c'est dans son âme qu'il déambule.

Une tristesse muette et un sourire indicible imprègnent ses mots comme une mélancolie amoureuse. Ses poèmes souvent sont une suite d'instantanés et la chute du poème ramène toujours à des douleurs cachées, « à l'immense chose de ses vieux amours ». Mémoire et nostalgie du passé sourdent dans ses poèmes. Il sait la douleur de l'amour, et cette douleur est pour lui l'essence de la vie.

Il semble vouloir dire à ses lecteurs de s'éloigner sans se retourner, afin de ne rester pour eux qu'un triste souvenir.

Il cultive une sérénité bordée de désespoir. Pour lui la vie est une gorgée amère, entre absences et compassion.

Ses mots auront creusé profond une terre aride pour chercher le trésor des sentiments.



Les musiques de l'émission Unberto SABA
Christian MALAPLATE | 25 Janvier 2017 06:10

La sola grazia (harpe renaissance)

Gavotte Alessandro SCARLATTI

E vatène segnor mio D'amor Cantando

Concerto en ré majeur (3ième mouvement) DONIZETTI

Sonate en sol mineur pour violon, violoncelle et clavesin Gian Paolo CIMA

Concerto en do mineur (1er mouvement) MARCELLO

Concerto en si bémol majeur (2ième mouvement) ALBINONI

Concerto en mi bémol majeur (1er mouvement) BELLINI