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xtraits de mon livre
Christian MALAPLATE | 28 Juin 2017 09:58

Carnets de route

Shan,

 

 

 

Shan est un moine tibétain qui parcourt inlassablement une vaste étendue désertique appelé Chang Thang située à 4500 mètres d’altitude et parsemée de nombreux lacs sombres.

Le climat est très rude et souvent les vents sont glacés.

Peu de voyageurs s’aventurent à cause en partie de la brûlure du soleil sur le visage ou les mains et les pieds crevassés par les engelures.

Et pourtant les rochers, les fleuves, les arbres et la terre sont peuplés d’esprit.

Quelques temples témoignent de l’invocation des divinités : les fidèles chantent des mantras accompagnés par le son des cloches et des cymbales et aussi par le souffle puissant des trompes et le roulement des tambours.

Les grandes roues de prière ornées de mantras peints sont disposées en  rangées dans un cloître.

Les fidèles qui traversent le cloître font tourner les roues les unes après les autres.

Shan me confirme que : la rotation perpétuelle des roues et des moulins de prières répand des invocations sacrées sur le monde et qui se présente comme un univers stable, régénéré et béni par ceux qui se sont engagés sur le chemin de l’éveil.

Les drapeaux et les bannières de prières que l’on voit sur les toits des monastères ou sur d’autres lieux ont la même fonction que les moulins de prières.

Certains drapeaux présentent un assortiment de cinq couleurs qui symbolisent les cinq éléments de la civilisation tibétaine en particulier : l’air, le feu, l’eau, l’espace. 

Tout près du monastère, se trouve le lac bleu au pied des montagnes neigeuses qui parfois sous l’intensité du soleil est parcouru par un arc-en-ciel qui sublime les eaux.

A quelques heures de marche, je fais halte dans une charmante oasis d’arbustes en fleurs et de prairies. Ici se dressent quatre stèles orientées vers les quatre points cardinaux.

Chaque stèle porte des inscriptions en chinois qui signifient : Volonté et Souveraineté pour le midi, Esprit guerrier et Héroïsme pour l’occident, Bonté et Amour pour l’est, Vertu et Amitié pour le Nord.

A la lecture des Stèles, œuvre du poète Victor Segalen : Ces quatre orientations fixent les pôles de l’être du poète, avec tout ce que ceux-ci impliquent de drames rêvés ou vécus.

Tout cheminement doit conduire vers le moi profond.

 

 

Carnet de route Himalaya  avril 1977

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une feuille de route indienne extraite de mon carnet de route

Des nuages blancs au thé sublime  -Mai 1977–

 

L’Inde est le pays de tous les sortilèges, de tous les étonnements et même de tous les envoûtements.

 

Agra et son célèbre Taj Mahal (photo sur la couverture du livre prise lors de mon voyage en Inde)- Un des plus beaux monuments au monde -

  Il traduit le symbole de l’amour du couple impérial. Il a été construit sur l’ordre de l’empereur moghol Shâh Jahân pour servir de mausolée à Mumtâz Mahal son épouse favorite.

  Tout est en marbre d’une beauté exceptionnelle.

  Sa perfection architecturale est mise en valeur par un cadre splendide.

  Le poète Rabindranath TAGORE écrivait : "Le Taj Mahal s'élève sur les berges d'un fleuve comme une larme suspendue sur la joue du temps."-

En le regardant de loin ce monument semble une sculpture diaphane avec son marbre lisse et qui change aux différentes heures du jour. Et de très près, ce monument étonne par ses proportions harmonieuses. Il repose sur un socle de marbre et il est coiffé d’une coupole tout en marbre aussi. Il est entouré de quatre minarets. Il présente des parois ornées de versets du Coran, de motifs floraux et géométriques exécutés en pierres précieuses.

 

Khajuraho

  Une visite étonnante : site célèbre pour ses sculptures érotiques. Véritable musée à ciel ouvert. Dans un lieu idyllique parmi une naturelle paisible les temples fascinent. Ici, la femme, symbole de l’énergie divine, est au centre de l’imagerie de l’art. Mêlés, en un enchevêtrement quasi végétal, les principes féminin et masculin se fondent dans l’extase commune. Certains bas-reliefs érotiques donnent lieu à diverses interprétations : les noces de Shiva et de Parvati, manuel de l’amour, célébration de la vie et de la création. Les nymphes célestes sculptées sont pleines de charme, d’une grâce sensuelle. Elles sont représentées en train de danser, de servir les dieux ou d’accomplir des tâches quotidiennes.

 

Bénarés

Bénarès qui se nomme aujourd'hui Varanasi, cité sacrée de Shiva, est l'une des villes les plus saintes de l'Inde et l'une des plus anciennes dans le monde.

  Cette ville me laisse des impressions très fortes plus à cause de l’atmosphère qui y règne que par la beauté de ses temples. Le Gange qui symbolise les cheveux de Shiva a une fonction purificatrice. Se faire incinérer à Bénarès c’est aussi rompre le cycle des réincarnations et accéder au Nirvana.

  C’est sur les escaliers qui donnent accès au fleuve sacré, que l’on vit intensément la densité spirituelle des pèlerins venus de tous les coins du pays. Méditation, prière, immersion dans les eaux troubles.

  Selon la croyance hindoue, ces eaux délivrent l’homme de tous ses péchés et l’assurent d’une meilleure réincarnation dans une vie future. L’hindou agonisant, arrivé sur le lieu privilégié de la délivrance, espère que son âme y sera emportée au ciel par le feu des funérailles et délivré à jamais du cycle des renaissances.

  Sur le rivage, les crémations rappellent le caractère sacré du fleuve, dans lequel les cendres du mort seront dispersées. La crémation est un moment intense de ma visite.

  Les cadavres voilés de rouge pour les femmes et de blanc pour les hommes se consument lentement dans une odeur de chair rôtie et de fleurs odorantes.

 

 



Quelques poèmes extraits de mon livre
Christian MALAPLATE | 28 Juin 2017 09:55

Feuilles de route sur la chevelure des vagues

 

La lumière du jour tend sa joue au baiser nocturne.

Des livres s’ouvrent de chapitre en chapitre.

Les mots s’animent à la phrase incisive.

 

Je suis le gardien des horizons.

Je bois toutes les brumes

Les nuits de pleine lune quand les loups hurlent.

 

Le vent porte les semences des fleurs

Dans les veines fécondes du printemps.

Il caresse les pierres rouges et le clocher silencieux.

 

Je hisse les voiles.

Je fais un salut au ciel.

Cap sur les îles isolées de l’inconnu.

 

La lune en secret peigne

La venue de la nuit et les cercles de la solitude

Parmi les petites voix sans méfiance.

 

Dans le vol nocturne  des mouettes

Je ne vois pas la parade des astres.

Seulement je devine la profusion des coquelicots écarlates.

 

Il y a toutes ses figures sans mémoire

Qui brûlent le cœur des ombres

Sur la dernière courbe des larmes.

 

Les visages de l’océan

Sur la chevelure des vagues

Mordent l’eau noire.

 

Je suis brut,

Entouré d’une écorce torturée

Et martelée par les rafales de vent sauvage.

 

Je converse dans un alphabet sur l’image et ses métamorphoses.

Les échos lointains des paroles en héritage,

Habillent toujours les pièces silencieuses.

 

 

 

Mas du Gua 1 mars 2015

                                              

 

 

Le foulard en soie blanche

 

 

 

Le vent doux de la nuit propage des senteurs brassées.

Dans le nord du ciel des îlots de nuages tourbillonnent lentement.

La nature avec ses sons lointains laisse le rêve entrer dans la contemplation.

Ainsi je vois apparaître une femme à l’étrange apparence,

Qui prend des poses charmantes à la clarté lunaire.

Sa riche vêture porte des couleurs exquises qui irradient autour d’elle.

 

Je goûte dans le secret de mon âme une joie infinie qu’elle me suscite.

Avec sa grâce attrayante, elle se met à danser quelques menuets.

Puis elle prend ma main. Elle me guide vers un lac

Où glisse sur la surface un couple de cygnes blancs.

Les lueurs de la nuit miroitent sur l’eau au moment où s’élève

Le chant d’une flûte le long des rives printanières.

 

Des oies sauvages sortant de l’eau secouent leur habit de plume.

Une brume lentement vient entourer le lac et les étendues de nénuphars.

Au milieu du lac, se trouve un petit pavillon en marbre blanc

Avec par endroit des bouquets d’orchidées, de lys et de lotus.

Le chant de la flûte fait place maintenant à l’harmonie d’une harpe.

Sous l’effet d’une brise parfumée, des légères vaguelettes naissent sur la surface du lac.

La femme, d’une voix mélodieuse, m’invite à prendre place dans une barque blanche.

Elle s’assied à mes côtés. Aussitôt un souffle d’air nous fait avancer.

Dans un étrange ballet aquatique, les cygnes blancs viennent nous saluer.

Lentement nous nous rapprochons du petit pavillon. Déjà je me sens envelopper

Dans une sorte de soie légère qui ondule au gré d’une brise de printemps.

Puis tout à coup le petit pavillon s’illumine dans une belle palette de couleurs.

 

Maintenant que nous venons de débarquer, c’est toute une féerie de lumière,

De chants d’oiseaux, de parfums les plus suaves qui nous accompagnent.

Nous entrons dans le petit pavillon décoré de cristaux roses et de quelques fragments de jade.

La femme m’invite à boire du thé aux graines de lotus et aux fleurs de cerisiers.

Puis elle se met à danser. Sa robe de soie plissée s’ouvre en dansant comme une pivoine.

Je suis ses gracieuses évolutions qui m’empreignent d’un immense bonheur.

 

Dans le filet lumineux de la lune, ses mains s’inclinent, se recourbent avec ravissement

Les manches s’ouvrent comme des ailes de papillon et les bras comme un éventail.

Ensuite elle s’approche de moi et elle vient baiser tendrement mes lèvres.

Alors comme par enchantement je me sens transporter dans les airs

Avant de me poser dans une clairière toute embaumée par des fleurs sauvages.

Avec autour du cou un foulard en soie blanche et dans les mains un bouquet de pivoines.

 

 

Paris île de la Cité 20 mars 2015

 

 

 

Temps de pierre

 

 

 

Temps de pierre

Dans le long cheminement de la chaussée des géants.

Le granite résonne des litanies sans fin

Venues du plus profond de l’humanité.

 

Temps de marbre

Dont l’écriture tombale donne du relief à l’histoire

Sans cesse des générations renouvelées.

 

Temps de prière

Dans l’accomplissement des derniers adieux

Parmi les fleurs artificielles et les plaques en partie effacées.

 

Temps hors du temps

Où les voiles du passé dansent à l’ombre des vieux chênes

Dans un étrange manoir tout couvert de brume.

 

Temps porte du présent

Dans la ronde des fleurs dans un champ dentelé

Parcouru par des rigoles trop argileuses.

 

Temps de nuit

Où les saveurs mélangées à des rêves

Goûtent les mots désarticulés par des pas perdus.

 

Temps qui suit

Le long corridor aux portes innombrables

Pour trouver la fenêtre qui donne sur le grain des mots.

 

 

Montpellier 18 avril 2015

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans le langage voilé des livres

 

 

Dans le langage voilé des livres, l’alchimie des mots déchirent les ombres

Pour cueillir les phrases dorées célébrant le haut savoir.

Au fond du jardin silencieux, les fleurs printanières s’ouvrent

Sous la lente caresse du vent venu d’au-delà des collines.

 

J’ai vu dans le regard du faiseur de temps, les rides s’élargir

Dans le tumulte des longues nuits où tous les  tourments

Se retrouvent au carrefour d’un  théâtre brouillon.

Où les mots jonglent dans des figures acrobatiques invraisemblables.

 

La peur traîne dans un long couloir peuplé de tableaux archaïques.

Elle porte une étrange robe noire et des souliers crochus.

Tout parle d’une histoire hors du temps où les épisodes

Suivent un cheminement parmi les enluminures et les sombres cloîtres.

 

Les branches des saules effleurent l’onde. Elles viennent bercer les rives

Au gré des murmures de la nature qui s’allongent sous les ombres dansantes.

Promenade dans l’univers secret des mystères tracés sous la pleine lune

Et les signes étranges qui peuplent des cercles de pierre.

 

Sur l’autel recouvert d’une nappe blanche, le calice et le ciboire

Après le credo et le confiteor préparent la communion

Dans l’union d’un Notre Père comme une supplique

Lancée dans l’élévation qui embrase les vitraux et la parfaite rosace.

 

Sur le parvis où les nobles pensées s’échangent comme dans de pacifique moment de vie,

Les voix empruntent un nouveau langage avec quelques hésitations.

Une sorte de procession prend naissance pour faire oublier

Les épîtres qui sermonnent les faces cachées et les regards frileux.

 

Je marche dans le damier journalier où le soleil projette sans aucune retenue

Des jets de lumière pour troubler les élans dévoreurs d’espace

Où s’agglutinent les tableaux familiers dans une bibliothèque pleine d’anticipation.

Le chant seulement répond dans les phases intimes de l’inattendu moi profond.

 

Paris Jardin des Plantes 25 avril 2015

 

 

 

 



Musique (suite)
Christian MALAPLATE | 28 Juin 2017 09:51

The blue planet George FENTON

Himalaya l'enfance d'un chef (Tinka et l'enfant)

The longway home Terry OLDFIED



Musique
Christian MALAPLATE | 28 Juin 2017 09:48

Musique

CHINA musique folklorique

Sérénade pour hautbois et harpe Gabriel FAURE

Adagio for stungs Samuel BARGER

Saylon dola Nigel HESS

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