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un extrait du texte de l'émission Luis CERNUDA
Christian MALAPLATE | 25 Janvier 2017 07:33

Luis Cernuda aura traversé les fleuves impassibles des mots avec la grâce méditative qui le caractérise. Lui le marginal, le rebelle, il aura navigué sous d’autres étoiles que ses étoiles des cieux sévillans. Il était né à Séville le 21 septembre 1902, et il terminera sa course dans « son ultime étape », à Mexico le 5 novembre 1963.

De son enfance et de sa jeunesse andalouse, il oubliera qu’il était le fils d’un militaire, qui lui infligea une stricte éducation, et ses fastidieuses études de droit à Séville, pour ne se rappeler que du jasmin. Après une période de vie à Madrid, il sera pendant un an en 1928 lecteur d’espagnol à Toulouse. La proclamation de la deuxième République Espagnole le fait revenir dans son pays où il va militer activement (congrès antifasciste de Valence). « La réalité et le désir », titre d’un de ses recueils définit sa trajectoire poétique et humaine.

La suite sera l’impression de l’exil, impression sur sa peau, sur ses mots.

Il sera le nomade emportant une poignée de terre espagnole dans les pays traversés : Angleterre, États unis, où il enseigna la littérature espagnole, enfin au Mexique. Il ne reviendra jamais en Espagne, son Ithaque était en lui.

Revenir ? Que revienne celui qui/Après de longues années, après un long voyage, / est fatigué de la route et désire revoir/Son pays, sa maison, ses amis/Mais, toi, Revenir ? Tu ne penses pas revenir/Mais poursuivre en toute liberté. 

À l’exil de la terre, il ajoutera l’exil de la langue et pendant plus de dix ans il n’aura ni parlé ni entendu la langue espagnole, immergé dans l’univers anglo-saxon.

« – Une fois la frontière traversée, en entendant, portée alentour, ta langue, que depuis tant d’années tu n’entendais pas, qu’as-tu ressenti ?

– J’ai ressenti comment sans interruption ma vie continuait en elle par le monde extérieur, puisque par l’intérieur elle n’avait jamais cessé de résonner en moi durant toutes ces années. »

 Luis Cernuda est le réceptacle de tous les exils, mais aussi celui qui dit la perte inéluctable, la brisure, la mort aux aguets, la solitude à couper au couteau. Il est à la recherche du Paradis Perdu.

 « Luis Cernuda (1902- 1963) nous laisse l'image d’un poète solitaire, blessé, mais libre, errant par un monde dont il rejette en bloc toutes les valeurs au nom d'une vérité « qui ne s'appelle pas gloire, fortune ou ambition, mais amour ou désir ». Son œuvre, subversive et exemplaire, biographie spirituelle où s'affirme son irréductible différence nous renvoie à notre propre condition. Luis Cernuda ne parle pas pour tous, mais pour chacun de nous. » (Jacques Ancet).



Les musiques de l'émission Luis CERNUDA
Christian MALAPLATE | 25 Janvier 2017 07:32

Etude en mi mineur opus 60 no 24 Fernando SOR

Sonatine méridonal (copla) Manuel M. PONCE

Andaluza : andantino, quasi allegretto - Enrique GRANADOS

2ième quatuor pour flûte et cordes opus 28 (2ième mouvement) VRANICKY

 

2ième partie :

Les poèmes du Cano Jondo de Federico GARCIA LORCA

dits par Eve GRILIQUEZ- avec Pedro SOLER, Luis RIGOU et Gaspard CLAUS