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extrait du texte de l'émission Ilarie VORONCA
Christian MALAPLATE | 25 Janvier 2017 07:13

 Les poèmes de Voronca sont translucides, sa langue est simple, sa beauté liquide. Sa forme est classique et il semble toujours à la lecture que ses mots vous mettent naïvement la main sur l’épaule, comme de vieux amis de toujours.

Un petit livre paru en 1967 chez Seghers, vite épuisé, reste comme la seule trace de ses lumineuses écritures. Ilarie Voronca fut un voyant, un frère lumineux et doux qui voulait annoncer l’espérance et qui sera broyé. Lui qui hurlait dans les rues de Rodez au bras d’Antonin Artaud, voulait nous rendre la poésie comme on rend la vue aux aveugles ; il aimait ses semblables, ses semblables l’ignorent. En effet peu d’écrivains dégagent une telle ferveur, il sera tombé pour nous éclairer au champ d’honneur de la vie quotidienne si difficile à porter seul. Il aura crié de solitude, et ne voyant pas de voie d’issue pour lui, il en tracera pour nous. Vaincu de la vie, gueule cassée de l’amour Voronca aura proclamé l’amour humain, la joie de l’autre, sa haine de l’indifférence, sa volonté de combat. Pourtant, on ne sait pourquoi il aura refusé de croire en ce qu’il disait comme message de lumière, et le désespoir l’a entraîné dans ses cercles concentriques. Le grand écart entre le rêve et la vie l’a aspiré par le fond des nuits. L’empreinte de ses mots est restée. Il voulait être parmi les hommes de l’avenir, il reste vivant parmi nous en route vers l’océan de la soif future.

« C’est le jour que je veux raconter, et cette joie, et ce salut de l’homme ».

 Lui qui croyait au progrès et à la justice n’était pas pourtant pas fait pour chanter et surtout vivre le bonheur. Il ne savait ouvrir que les portes des nuages. Exalté, fiévreux il marchait en équilibre précaire sur le fil tendu de ses rêves et voulait le tendre dans le réel absolu. Bien sûr le réel se venge et la vie courante lui est passé dessus en courant. Est-ce l'indifférence qui l'aura mis à bas de son chant de joie et d'espoir ?

Ce fou de pureté s'est brisé contre le mur de l 'impossible. Optimiste fou, il sera le tragique absolu, le désespoir aveuglant allant d'un extrême à l'autre. Son dernier recueil s'appelle Contre-solitude, tout est dit. Comme « la hautaine Mort » ne faisait pas un pas vers lui, il fit les pas restants tous jusqu'aux derniers.

 Dans la tradition du Zohar, livre de la splendeur de la kabbale juive, crier, prier, chanter sont les trois degrés décroissants de manifestation de la colère sacrée de l’homme.

Voronca fut un homme en colère, il aura peu prié, beaucoup crier et chanter, et voyant que ses mots ne s’élevaient pas jusqu’aux hommes, il se sera supprimé. « Il arrive parfois que quelqu'un vous parle, et c ‘est en son absence, plus tard, que l’on comprend le sens de ses paroles » écrivait-t-il      Rien n’obscurcira la beauté de ce monde



Les musiques de l'émission Ilarie VORONCA
Christian MALAPLATE | 25 Janvier 2017 07:10

Prélude opus28 no-7 CHOPIN

Chant du Rhin, l'aurore BIZET

Concerto de hautbois in D minor (adagio) MARCELLO

Six canons études, op.56 (andantino) SCHUMANN

Clarinette trio in A minor opus 114 (andantino grazioso) BRAHMS

Piano quintette in B minor opus 74 (larghetto) RIES

Hungarian melody in B minor SCHUBERT

Triple concerto pour piano, violon, violoncelle et orchestre en ut majeur opus 56 (largo) BEETHOVEN

Sinfonia concertante pour hautbois, clarinette, basson et cor (adagio) MOZART