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Préface du livre de Manuelle PARRA
Christian MALAPLATE | 25 Janvier 2017 07:19

Les pas d’un exil à l’encre rouge Manuela PARRA

 

L’exil, tout comme la poésie, est une prise de conscience de la fragilité des situations, le poids de la charge émotionnelle qui se dénoue.  Tout se dessine, de l’aube blanche au bleu profond de la nuit. Le jour et la nuit célèbrent les noces de sang, de mort et de résurrection.

La compagnie des mots porte les lointains murmures des échos en souffrance.

Dans son livre Les pas d’un exil à l’encre rouge Manuela PARRA traduit l’exil comme une forme de déracinement qui va vers une errance sans fin et qui inspire la nostalgie à l’endroit de la terre natale, de ses proches, de la langue maternelle et de tout un monde qu’on a laissé derrière soi en partant.

Et le réfugié pense que le pays d’accueil est une terre d’exil dans l’attente et l’espérance d’un retour possible.

Manuela PARRA fille de rouge nous montre les chemins de vie de l’exilé qui n’est autre que son père Juan Antonio PARRA BAEZA, capitaine dans l’armée qui avait fait le choix de défendre la république espagnole proclamée le 14 avril 1931.

Et nous le découvrons surmontant les déchirements et les humiliations de l’exil dans les camps de la honte avec les autres réfugiés.

Pour symboliser le combat républicain contre l’obscurantisme, des récitals de poésie sont organisés dans les camps pour dire des poèmes des grands poètes parmi lesquels Antonio Machado, Rafael Alberti, Miguel Hernández et Federico García Lorca,

Dans son livre Les pas d’un exil à l’encre rouge Manuela PARRA a choisi la forme poétique pour évoquer la tragédie de la guerre d’Espagne et pour montrer son admiration qu’elle porte à des grandes voix espagnoles de la poésie.

Sa poésie nous invite sur les rives de la mémoire pour entendre les chants de l’errance à l’aube d’un long voyage.

Elle porte en elle : l’amour, l’indignation, la révolte et l’espoir. Sa poésie est empreinte de fortes vibrations émotionnelles parce qu’elle fait résonner un cri de reconnaissance et d’amour en vers son père qui marche sans cesse dans les plis de la liberté si chèrement acquise.

Pour Manuela PARRA la poésie doit être en quête de vérité : les mots circulent entre les mémoires et les livres. Ils investissent les langues et ils traduisent les silences. Dans son écriture il y a des mots qui brûlent, hurlent dans une encre sanguine pour faire apparaître l’éclosion lente et suprême des chemins de la liberté et qui devient un chant : Fille de Rouge sur les traces de l’exil dans son dernier poème :

fille de rouge

 Simple esquisse d’un legs non consenti

Mon histoire, celle que je porte

Gravée en ébarbes de cœur

Empreintes de ces douleurs accumulées

De ces faims jamais rassasiées

De ces champs arides

De ces mines meurtrières

De ces châteaux en Espagne

Si souvent racontés

Secrets enfouis puis oubliés

 

Je suis d’une lignée qui ne courbe pas l’échine

Qui pratique la fierté

Qui recommence sans cesse des bouts de vie abandonnés

 

Aujourd’hui, je connais mon histoire

Celle qui m’avait été subtilisée et à présent je sais….

Je suis française

Je suis espagnole

 

Je suis sur la ligne indécise d’une frontière mal recousue

Je suis de partout et de nulle part à la fois

Mais

 

Je sais que je ne suis surtout pas d’ailleurs

 

 

 

Christian Malaplate

Délégué Languedoc-Roussillon de la Société des Poètes Français



Les musiques de l'émission Manuelle PARRA
Christian MALAPLATE | 25 Janvier 2017 07:17

Garcia Lorca Jean FERRAT

Fantaisie pour un gentilhomme (ricercare) RODRIGO

Serena espola Joaquin MALATS

Soleares Joaquin TURINA

Danse espagnole no- 1 (la vie brève) De FALLA

Le tricorne (suite no-1 danse de la meunière) DE FALLA

Le tricorne suite no-2 Danse du meunier) DE FALLA

Pièce espagnole (andaluza) DE FALLA