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Verlaine
Christian MALAPLATE | 14 Novembre 2018 06:21

Tout chez VERLAINE procède de l’instinct, du sentiment. Faible de caractère il est bien pareil à la feuille morte. Il se laisse ballotter par la vie et la chante. Tour à tour, pur et ambigu, gauche et léger, naïf et rusé, naturel et savant, il est grand lorsqu’une émotion s’empare de lui, en profondeur, et qu’alors sa science du langage,  de la musique, des images se laisse oublier pour nous livrer un poème fragile, transparent comme un cristal et qui résonne discrètement mais sans fin dans notre silence intérieur.

L’émouvant poème que VERLAINE dédie à son fils Georges n’est autre que son testament en voici la fin : « Crains Dieu, ne hais personne, et porte bien ton nom qui fut porté dûment ».

 Pour conclure, je dirai que la vie de VERLAINE, ses passions, ses contradictions l’amènent à une mystique simple, toute d’effusion. Tout est du cœur et de la sensation, mais par le miracle de son art, par ses ressources sentimentales, par sa liberté, il a donné le ton à une nouvelle sensibilité ; il a fait dire à la langue poétique ce qu’elle n’avait fait qu’entrevoir, la sensibilisant par l’expression musicale, par un impressionnisme poétique nouveau ; il a appris aux poètes par l’exemple, les pouvoirs du vague, de l’indécis, du clair-obscur, des états d’âme, de la méprise dans le choix des mots ce qui marque une date dans la poésie, l’art de suggérer, d’évoquer  plutôt que de dire. Non seulement des poètes, mais aussi des musiciens comme par exemple Gabriel FAURE, Claude DEBUSSY ont su lui répondre.  En lisant les poèmes de VERLAINE, c’est un chant que nous entendons ; bientôt nous nous plaisons à reconnaître une voix dont l’accent est inimitable car il révèle une âme.