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texte (extrait)et poème SAHARA
Christian MALAPLATE | 17 Février 2017 08:03

Pour réponse à des amis voyageurs :

Dans le désert : « On a beau regarder tout autour de soi, près ou loin, on ne distingue rien qui bouge. Quelque  fois, par hasard, un petit convoi de chameaux chargés apparaît, comme une file de points noirâtres, montant avec lenteur les pentes sablonneuses : on l'aperçoit seulement quand il aborde au pied des collines. Ce sont des voyageurs : qui sont-ils ? D'où viennent-ils ? Ils ont traversé, sans qu'on les ait vus, tout l'horizon que j'ai sous les yeux. »

            J'ai parcouru une partie du Sahara, je peux dire qu'il y a dans ce désert une mystérieuse magie qui se dégage des chaînes de dunes ou des petites pierres de couleur qui tapissent la plaine d'alluvions. C'est un voyage hors du temps presque mystique et religieux. Cela devient une expérience profonde.

            Au SAHARA le silence est parfait. J'ai trouvé des cailloux de mille couleurs et de mille formes, assemblés en roches bizarres créées par le vent, éparpillés sur des plaines infinies, empilés en tas chaotiques.

            Il y a tout ce sable : sable oxydé, roussi - sable rose orangé- sable lourd et épandu en larges plis de             velours - sable couleur fauve - sable léger que le vent emporte au loin - sable brûlant à midi, glacé        dans la nuit -

Souvent à l'aube, la caresse du soleil lentement dissipe une sorte de buée violette de la nuit.

            Charles de FOUCAULD dit : « Ce qu'il y a de merveilleux ici, ce sont les couchers de soleil, les soirées et les nuits... Les soirées sont si calmes, les nuits si sereines, ce grand ciel et ces vastes horizons éclairés à demi par les astres sont si paisibles et chantent silencieusement d'une manière si pénétrante l'Eternel, l'infini, l'au-delà, qu'on passerait des nuits entières dans cette contemplation. »

            Et Antoine de SAINT-EXUPERY ajoute : « J'ai toujours aimé le désert. On s'assoit sur une dune        de sable. On ne voit rien. On n'entend rien. Et cependant quelque chose rayonne en silence. »

            Le désert n'est pas un but, c'est une traversée qui ouvrira le chemin à cet autre soi-même.

 
   
Christian MALAPLATE
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             LA PALMERAIE

J'écoute le monde dans la douceur d'une palmeraie entourée de sable ocre.

Le minéral et le végétal vibrent dans la splendeur d'un soleil  ardent.

La nuit, le silence est extraordinaire. Rien ne la trouble.

La lune semble effleurer les courbes des dunes. Elle fait onduler les ombres.

 

Les aubes légèrement humides donnent des aurores incandescentes.

L'eau des puits, qui coule dans les rigoles de terre des jardins exubérants,

Donne une constante fraîcheur et des milliers de dattes bien sucrées.

Je vis au rythme des odeurs florissantes et des herbes grimpantes.

 

Ici, le chant des oiseaux glorifie le verger de musique et l'abondance des palmes.

Le vent aime à caresser  les longues feuilles et parfois à ébouriffer les fleurs odorantes.

Je ne connais pas la solitude, ni les dérives angoissées des matins blêmes.

Je ne me bâtis pas de futur approximatif. Seulement je regarde pleinement le présent.

 

Je respecte quotidiennement la parole et les teintes des mots.

Tout au long du jour, les couleurs épousent harmonieusement l'érubescence  de l'erg.

Des dromadaires au ventre roux, attendent paisiblement le départ de la caravane.

Les hommes palabrent sous des tentes bédouines et boivent du thé à la menthe.

 

Le Dieu est universel. Il est aussi sur la longue piste accompagnant les méharées.

Les prières voyagent parmi les bastions volcaniques du Tibesti, les vastes plateaux

Aux contours érodés, les sillons secs des oueds, et les rares points d'eau permanents.

Un vent chargé de sable ou de poussière se déploie sur plusieurs milliers de kilomètres.

 

Des villes mortes surgissent dans le lointain et des roches patinées par l'évaporation du sel

Forment d'étranges silhouettes pleines de légendaires aventures et de traces oxydées.

Quelques rares acacias et maigres buissons piquettent le désert par endroit.

L'incessant mouvement du sable exhume souvent de mystérieux souvenirs du passé.

 

La lumière du crépuscule farde d'un rouge orangé les pinacles de grès du Tibesti.

Les âmes et les esprits errent dans un chaos surnaturel parmi les flèches de basalte.

L'air y est tellement sec qu'il permet de distinguer au loin des signes de vie.

Tout est aussi miroir dans ce désert paré d'une beauté grandiose et indéfinissable.

 

 

MONTPELLIER

20 septembre 2008

D'après des notes prises au Sahara.

 

 



SAHARA Musique
Christian MALAPLATE | 17 Février 2017 07:58

Lecture extraits de mes carnets de route : Sahara Le silence des dunes et les visions poétiques 

 

Musique :

Daphné et Chloé (lever du jour) - Maurice RAVEL

Enigma variations Nimrod - Edward ELGAR

Sahara - Escale au Moyen-Orient

Danse de L'Atlas -Escale au Maroc

-Extraits musicaux : Touareg du Fewet / Libye

Tassaloft -

Analla

Ilyas Minzayev -MEVLANA

Sacrificium -Chant Mozarabe

Menuet : danse des ombres... -GLUCK

Love thème (from Nostradamus) - Barrington PHELOUNG