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HIMALAYA
Christian MALAPLATE | 22 Février 2017 19:03

... Dépasser le samsara

On rencontre beaucoup de Chörtens : sorte de tourelles à trois éléments superposés cube, sphère, cône ; qui symbolisent l'omniprésence de Bouddha.

Ce qui me frappe tout au long de cette randonnée, c'est de voir cette jovialité qui, malgré la rudesse de la vie, ne quitte pas les habitants de ces contrées extrêmes.

Le dernier soir de la randonnée, je fais part de mes observations à un haut dignitaire tibétain qui me répond en souriant : « Là où règne le Dharma - l'ordre des choses - la loi qu'enseigne Bouddha, c'est la jovialité, l'humour. Malgré la vie rude, nul ne doute que ces traits de caractère s'enracinent profondément dans la philosophie bouddhique. Celle-ci enseigne que les désirs, liés à une perception myope, illusoire, de la réalité du monde et de soi-même, sont l'origine de la souffrance. Les transcender par la méditation et la compassion envers autrui est l'unique moyen de supporter le passage terrestre et d'atteindre la libération, la sérénité absolue. C'est la seule manière de dépasser le Samsara (le cycle des morts et des naissances successives). »

Et, pour les Bouddhistes de l'Himalaya, chaque acte quotidien tend vers ce but.          J'ai pu le constater.

Le paysage lui-même amplifie cette approche mystique : squelette brut de la terre dépouillée de la végétation, solitudes silencieuses et transparences des lumières.

Cette immensité se trouve gonflée par le souffle des trompes des prières dès la naissance du jour.

                                   Nous sommes proches des cieux.

                                   OM MANI PADMA HUM !      (Prière sacrée)."

 



HIMALAYA
Christian MALAPLATE | 22 Février 2017 18:59

mes amis de Grenoble et de Lyon voici un extrait  de mon carnet de route Himalaya la montée vers les neiges éternelles

"... La randonnée durera trois semaines. Et au bout, une expérience pleine de richesse qui se traduit par un épanouissement : visuel, physique, religieux, écologique, relationnel...

Le parfait accord de l'homme avec son environnement. Il n'existe pas de routes, rien que des sentiers. Je franchis en compagnie de mes amis népalais : des cols à plus de 4000 mètres parfois enneigés. Je traverse des rizières, des champs en terrasses, des forêts subtropicales : humides, touffues (gare aux sangsues), puis des futaies de conifères, et la moraine de haute montagne. Sans oublier des déserts très caillouteux où se nichent sur les falaises ravinées, quelques ermites. Je longe le lit des rivières, des précipices, des glaciers mouvants.

Je lutte contre un vent tourbillonnant, poussiéreux, vibrant, parfois glacial. Je lutte aussi contre une pluie épaisse, bruyante, argentée.

J'entre dans des brumes féeriques, cotonneuses, dans des brouillards mêlés à d'étranges bruits, à d'étranges voix.

Les montagnes sont impressionnantes. Je me sens écrasé par la masse neigeuse, rocailleuse, qui s'élève au-dessus de moi. Mais le spectacle est fascinant.

Les nuages se heurtent aux parois des massifs. Ils reviennent en arrière, puis heurtent à nouveau, pour former d'autres nuages.

Le soleil dans une symphonie de lumière, s'étale joyeusement dans la neige qui, par endroit fume. Quelques rochers craquent, s'écroulent en donnant naissance à des éboulis, à quelques petites avalanches.

Des bruits inconnus rebondissent, s'amplifient, vibrent, et passent dans l'espace habité par des esprits, des âmes errantes, des légendes populaires.

On parle doucement, et très peu. Tout est dans le minéral, le végétal.

Je vis intérieurement. Les sensations sont nouvelles, florissantes, musicales.

La peur n'existe pas, parce qu'on a atteint les limites du beau, du trouble, du rêve, et qu'on entre, tranquille dans le mystère de la vie, côtoyant semble-t-il, la parole divine et la sagesse humaine. On se découvre étrangement seul, mais peuplé de mille vies présentes, futures.

Puis cette étrange solitude se transforme, se dissout, disparaît derrière les crêtes. On devient unité.

Je croise des pèlerins à  la recherche de lacs sacrés, des bergers qui mènent leur troupeau vers des hauts pâturages.

Je croise aussi des commerçants qui conduisent des caravanes de yacks chargés de blé, de sel, de riz, de thé, de laine, de quincaillerie...

Les sentiers que nous empruntons sont jalonnés de bancs surélevés pour permettre aux porteurs de déposer leurs charges sans avoir à s'accroupir. Nous faisons au cours de ces haltes : des rencontres avec des autres porteurs aux pieds nus parfois. Ils ploient sous d'invraisemblables fardeaux : tôles ondulées, câbles destinés aux ponts suspendus, bidons d'essence, aliments périssables, tissus, ustensiles de cuisine, malades allant voir le guérisseur...Ces haltes sont l'occasion de fumer une cigarette pour certains, ou pour d'autres de souffler, de plaisanter, d'échanger des souvenirs, de donner des nouvelles.

Les obstacles imprévus ne manquent pas de surgir pendant la randonnée : chutes de pierres, orages violents, glissements de terrain ou rupture d'un pont...

Chaque lieu porte un nom, parfois plusieurs, suivant les communautés. Chaque site a ses mythes : le sacré n'est pas loin. La randonnée devient traversée au long cours. Au fil des jours le corps se réveille et l'esprit s'émerveille. Chemin faisant, on peut vouloir dépasser ses limites, conquérir au passage un sommet ou s'adonner à la magie des lieux. Car si le corps s'épanouit l'imagination n'est pas en reste.

La randonnée peut se confondre aussi avec le chemin de l'initiation et de l'expérience personnelle..."

 



Musique HIMALAYA
Christian MALAPLATE | 22 Février 2017 18:55

extraits de mes carnets de route : Himalaya La montée vers les neiges éternelles-         

Musique :

Tala rasa Ranga - Ravi SHANGAR

Ode pour Ganga    -GANGA-

Birha, portait de Shiva - GANGA-

extraits musicaux  : Himalaya L'enfance d'un chef

Norbu

Karma

Les traces

Norbu et Karma

Norbu (cordes)

Opéra

Chant de souhaits pour tous les êtres - CHANTS SACRES du TIBET