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Christian BOBIN
Christian MALAPLATE | 23 Avril 2017 19:51

Christian BOBIN écrit :

Pourquoi lire, puisque tout est là ?

Je n'écris que dans ce seul dessein : accroître - par le chant et l'amour.

Christian BOBIN, écrivain solitaire à la pureté franciscaine, nous propose trois devinettes : 

D'où vient le vent ? d'un livre ancien qu'on a oublié de refermer.

Qui ne vient chez nous qu'en notre absence ? l'amour.

Qui rit après sa mort ? la pluie dans le feuillage.

Christian BOBIN coule comme l'eau. Sans mémoire autre que celle de l'amour. Il écrit une langue orale, musicale, qui vient d'abord dans sa bouche, avant de se réfugier dans sa patrie, la page blanche. Lui il se tient à l'intersection de la solitude et de l'amour des autres. Lenteur et patience sont à son chevet.

« Il n'y a pas de connaissance en dehors de l'amour. Il n'y a dans l'amour que de l'inconnaissable ».

 Christian BOBIN a publié  plus d’une vingtaine de très courts livres, mais ces livres sont des lumières allant vers la meilleure part de nous-mêmes. Curieux écrivain que l'on ne semble connaître que par ses citations, d'ailleurs il semble construire ses textes comme un vivier d'où écloront quelques phrases à graver dans l'herbier des mémoires.

La longue haleine ne le concerne pas. Il parle doucement, et par ondes concentriques, il arrive à la phrase, cernée, polie, qui va s'incruster en nous.

 Christian BOBIN est un grand conférencier qui sait envoûter son auditoire avec sa voix lente, qui semble tâtonner, découvrir en même temps que nous les mots sur lesquels il trébuche. Ses confidences à la radio sont pour le creux et de l'oreille et de l'âme. Ses incantations christiques sont la foi du jeune enfant et sont désarmantes de naïveté, mélange de foi du charbonnier et de Saint-François d'Assise. Il prie mais pour « prier, parler au vide pour que le vide nettoie votre parole ».

 Il écrit : Nous ne sommes faits que de ceux que nous aimons et de rien d'autre. 
Et il nous prévient : On n'est jamais contemporain de l'invisible. 

La douce lumière de Christian BOBIN est blanche, paisible, étale, une lumière douce monte de sa prose. Sa prose qui songe, se miroite, semble avoir pris le deuil des choses pour mieux les voir. Le silence et le vide sont perchés sur son épaule, avec des hémorragies de silence dans la parole, pour lui qui dit : « La joie va toujours avec la frayeur, les livres vont toujours avec le deuil. »

 Il nous faut mener double vie dans nos vies, double sang dans nos cœurs, la joie avec la peine, le rire avec les ombres, deux chevaux dans le même attelage, chacun tirant de son côté, à folle allure. Ainsi allons-nous, cavaliers sur un chemin de neige, cherchant la bonne foulée, cherchant la pensée juste, et la beauté parfois nous brûle, comme une branche basse giflant notre visage, et la beauté parfois nous mord, comme un loup merveilleux sautant à notre gorge.

 Très peu de vraies paroles s'échangent chaque jour, vraiment très peu. Peut-être ne tombe-t-on amoureux que pour enfin commencer à parler. Peut-être n'ouvre-t-on un livre que pour enfin commencer à entendre.

 Simple phrase où Christian BOBIN ajoute cette paraphrase de la Bible « l'enfant partit avec l'ange et le chien suivit derrière ».

Les mots de Christian BOBIN sont faits de rosée, de bonté, de douleurs aussi, il est difficile de s'en approcher sans briser un mystère. L'enchantement d'un simple, de « l'idiot de tous les villages ». Il écrit à quelques mots du silence, avec ses histoires d'enfants, des aphorismes aveuglants, des comptines, des pays d'enfance retrouvée en larmes. Et il touche à l'essentiel. « L'écriture c'est le cœur qui éclate en silence. »-

Nous sommes à un niveau de pureté, ou curieusement les mots ont encore cours et ces mots s'enroulent comme du lierre autour de l'âme. Ce sédentaire endurci aura voyagé autour de sa chambre. Il va vers les contrées de la pureté.

 Je suis fou de pureté. Je suis fou de cette pureté qui n'a rien à voir avec une morale, qui est la vie dans son atome élémentaire, le fait simple et pauvre d'être pour chacun au bord des eaux de sa mort noire et d'y attendre seul, infiniment seul, éternellement seul.

Il tente de retrouver « le royaume où l'adulte et l'enfant vont d'un même pas, d'un même sourire ».

Abandon, générosité, absence et amour, tout cela finit par sourdre de ses livres, « boîtes à musique remplies d'encre ». Ce qui ne peut danser au bord des lèvres, s'en va hurler au fond de l'âme. Alors il dit et laisse la vie mener sa vie, il est proche et il s'éloigne, sur le chemin des fous, des saints, des enfants.

 Souvent chez Christian BOBIN le mot amour s'entend solitude car le mot amour ne se dit pas. Sa pensée a la force et les limites des herbes simples, mais l'évidence de ses mots est révélation. Il dit :

Ce n'est pas un journal que je tiens, c'est un feu que j'allume dans le noir. Ce n'est pas un feu que j'allume dans le noir, c'est un animal que je nourris. Ce n'est pas un animal que je nourris, c'est le sang que j'écoute à mes tempes, comme il bat - un volet ensauvagé contre le mur d'une petite maison.

Il est pour lui des morts qui donnent de la lumière, il est pour lui des présences plus fortes que l'oubli, et qui vous laissent dans cette grâce de la solitude où BOBIN se tapit. Parmi les gens du Creusot, parmi l'encre et le vin. Tel un chat noir de l'habitude, il attend au bout de son septième étage, moustache dorénavant rasée, que le vent entre, ou une fleur, allongé des heures durant. Dolent, triste, il attend d'avoir la même légèreté que l'oiseau qu'il regarde longuement par sa fenêtre. Que fait BOBIN sinon « attendre le passage de Dieu ou d'un insecte, ou de rien ».

 Il regarde le lilas maintenant, puis un petit nuage blanc dans le ciel bleu. Il a un regard d’enfant. Il connaît la limite de l'écriture. « Un livre, c'est un échec. Un amour, c'est une fuite. Nous ne pouvons entreprendre que de biais, nous ne pouvons vivre que de profil. Nous ne sommes jamais où nous croyons être. Notre désir est voué à l'errance. Notre volonté est sans poids. Parfois quand même, on approche quelque chose. Parfois quand même on reçoit des nouvelles de l'éternel. Le battement des lumières sur un visage. La tombée de la foudre dans une encre.»

Il sait qu' -« aimer quelqu'un c'est vouloir se pencher sur sa solitude, sans vouloir ni la comprendre, ni l'accompagner ».

Souvent Christian BOBIN nous prend dans ses bras, et le chemin redevient possible comme dans cette fable : Un homme arrive au paradis. Il demande à un ange, à son ange, de lui montrer le chemin qu'ont dessiné ses pas sur terre, par curiosité.

Par enfantin désir de voir et de savoir.

Rien de plus simple, dit l'ange.

L'homme contemple la trace de ses pas sur cette terre, depuis son enfance jusqu'à son dernier souffle.

Quelque chose l'étonne parfois, il n'y a plus de traces.

Parfois, le chemin s'interrompt et ne reprend que bien plus loin.

L'ange dit alors parfois votre vie était trop lourde pour que vous puissiez la porter. Je vous prenais donc dans mes bras, jusqu'au jour suivant où la joie vous revenait, et alors vous repreniez votre chemin.

 



Musique émission Christian BOBIN
Christian MALAPLATE | 23 Avril 2017 19:47

MUSIQUE

Prélude en si mineur J.S. BACH

Romances sans paroles opus 17 no3 (andante moderato) FAURE

Prélude opus 9 no-1 A. SCRIABINE

Feuillet d'album Emmanuel CHABRIER

Mélancolie FP105 Francis POULENC

Grands airs celtiques

invité : Jean-Louis KERANGUEVEN, poète

 


 



CONCERNE lOUIS brauqier
Christian MALAPLATE | 23 Avril 2017 19:42

La musique concerne l'émission consacrée à Louis BRAUQUIER erreur de ma part.
 



Louis BRAUQUIER
Christian MALAPLATE | 23 Avril 2017 19:36

MUSIQUE /

Gnossienne MONDO LARGO

Totems d'Armorique

Sultani Yagah Peshrevi

Kornog Gurigiad Difennet -Fest STIVELL

Feunteun zen- Fest STIVELL

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Taqsim Bayati Qarjghai

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