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Louis BRAUQUIER
Christian MALAPLATE | 23 Avril 2017 19:52

Louis BRAUQUIER né en 1900 à Marseille et il est mort en 1976

Poète – agent des messageries maritimes – peintre – auteur d’une dizaine de recueils. Il est le poète du mouvement des navires et des décors de ports. Au départ de Marseille, les navires desservaient l’Afrique, l’Asie, l’Inde du temps des colonies. Il n’est pas un écrivain de la nostalgie mais du temps maritime- Il y a des quais. Et, au bout, une famille.

Marseille ville -globe, gobe toutes les marchandises et tous les peuples. Louis BRAUQUIER se coltine à la matière. Au coton d’Egypte, aux cacahuètes de Pondichéry, au café de Moka- Des odeurs, des effluves, des promesses autant d’éléments qui donne l’essence de son écriture.

Il dit :

La vie est aventure

Qui part pour l’éternité.

Je compte les encablures

Qui traînent ma destinée.

Poète au long cours, les personnages de Louis BRAUQUIER sont des marins. Et toutes les mers, tous les pays convergent vers Marseille qui elle-même s’ouvre vers le monde. La Méditerranée, mer fermée et circulaire ne l’empêche pas de se répandre dans des flux croisés vers l’au-delà. Et l’au-delà de Suez, prouve cet élan.

1-Lecture : Et l’au-delà de Suez -pages 106 et 107

 

Louis BRAUQUIER montrera la noblesse et la beauté du commerce. Des gestes, des actes, une parole donnée, un protocole autant de marques d’une renaissance après la guerre qui broya l’idée de l’humanisme. Il embarque à bord des bateaux le 3 février 1925 en tant qu’élève-commissaire. Il découvre Alexandrie, Port-Saïd, Beyrouth et Alger.

L’homme passe sa vie à lancer des amarres,

Puis, quand il est saisi dans le calme du port,

Pour peu qu’à l’horizon une fumée l’appelle,

Il regrette à nouveau la liberté des mers.

Dans son deuxième recueil de poésie : Le bar d’escale, on trouve des poèmes de la tendresse et de l’amertume. Il s’attache aux personnages des ports : le pilote, le docker, le marin – qu’aux décors – Mais son récent mariage lui montre la difficulté à concilier vie de couple et de navigation sur les paquebots. Dans le monde maritime les douleurs sont privées et les déchirements reclus à fond de cale. Il renonce à la carrière de commissaire de bord, démissionne et il découvre le monde des agences qui représentaient les intérêts de la compagnie maritime. Son nouveau métier est comparable à un consul commerçant.

Il est nommé en Australie, et ce séjour sera l’occasion d’écrire un de ses plus beaux recueil : Eau douce pour navires. Un livre qui réconcilie l’Atlantique, le Pacifique, la Méditerranée. Un livre planisphère, de départ, de voyage et d’arrivée. Il parle aussi sur la solitude du commandant de bord, maître après Dieu de son navire. Il décrit l’atmosphère de la passerelle, les veillées doublées, les jours de brumes, la beauté et l’âpreté de la navigation au sextant. Le commandant d’un navire de commerce est le pacha. Il est à la fois le patron, le médecin, le confesseur. Un monde à part, solitaire et nomade qui ne prétend pas maîtriser la mer, il en connaît trop la violence. Nuit et jour le bateau avance. Marseille reste cependant le port d’attache par excellence. Dans la correspondance comme dans les poèmes de Louis BRAUQUIER, il est omniprésent et la découverte de l’étranger permet d’approfondir, sur un registre épique et mélancolique, l’intimité avec la ville natale. Les bars du Vieux-Port, carrefours de toutes les cultures, de toutes les races et de tous les métiers, sont le refuge de la fraternité et kaléidoscope d’un monde en transit.

2-Lecture poème : cale sèche…marbre du café pages 205, 206 et 207

 

A propos de son port d’attache suivant : Nouméa, l’une des plus belles rades du monde, il écrit :

Je connais des îles lointaines

Je connais des rades foraines

Et des passes non balisées,

Au fond desquelles l’on découvre

Dans la pureté matinale

Que va massacrer le soleil

Le même drapeau que l’on hisse

A la façade des mairies

Sur les plus belles places de France

Louis BRAUQUIER connaîtra à Nouméa les cyclones et les navires qui, dans la tempête, rompent leurs amarres et qui se transforment en bateaux ivres dans la nuit.

 

Après Nouméa il sera nommé à l’agence d’Alexandrie. Il apprendra l’arabe. Il fait des photographies de Port-Saïd, d’Alexandrie, du Caire.

3-Lecture poème : Port-Saïd…bord du monde pages 188 et 189

 

La guerre éclate en 1939, il est retour à Marseille et il est envoyé sur le front. Après l’armistice, il est démobilisé et il rentre à Marseille, amer, traumatisé désespérant de la civilisation et du genre humain.

Il se retrouve par son métier à Shanghaï en Chine et il subit l’occupation japonaise. Dans son recueil Ecrits à Shanghaï les mots sont plus sombres. Louis BRAUQUIER, éloigné des siens, sans nouvelles, connaît un exil pauvre, presque sans argent. D’où une poésie plus épurée. Il est souvent accablé à l’écoute du malheur du monde. Ses textes ne sont jamais pour autant des plaintes douloureuses, de corne de brume. Il reste bien sûr dans cet exil, deux phares l’agence des Messageries maritimes et sa femme.

4-Lecture poème : Ce soir je suis vivant pages 305 à 306

 

Et le voilà nommé à Madagascar en 1948, où il renoue avec la grandeur du négoce maritime et les rotations poétiques des navires. Cette vie d’agent maritime, n’est pas celle d’un homme pressé. C’est un état presque rêvé pour un écrivain. A la fois nomade et sédentaire en sursis. Aucune attache possible. Des amis, des rencontres qu’il faudra bientôt abandonner. Mais aussi une multiplicité de découvertes, de paysages, de profils comme en offrent peu d’autres métiers.  

5-Lecture poème : Ceylan pages 323 à 325

 

A la fin de l’année 1951, il est muté à Saïgon pour neuf mois, il photographiera beaucoup Saïgon- ensuite il est nommé à Colombo (île de Ceylan) -et propos de cette île il écrit :

« où la population est belle et douce, et silencieuse, où le paysage est vert, ocre et bleu, où mon bungalow s’ouvre sur la jungle des cocotiers dont je ne lasse pas. » Il photographie beaucoup- à Colombo il commence à peindre.

A partir de juin 1953 Louis BRAUQUIER va être nommé à un poste plus important dans des agences où il a déjà travaillé- Après Colombo, il renouera donc avec Sydney, Alexandrie, Sydney à nouveau et enfin Nouméa.

6-Lecture poème : Nouméa pages 322 à 323

Le 12 décembre 1960 il prend sa retraite tout en quittant sans regret un milieu maritime alors en pleine mutation. Il passera la fin de sa vie entre Marseille et Saint-Mitre les Remparts. En 1962 il recevra le Grand Prix littéraire de Provence et, en 1971 année de la mort de sa femme, le Grand Prix de poésie de l’Académie Française. Il rencontrera aussi Saint-John PERSE à qui il dédie son dernier recueil Feux d’épaves (paru chez Gallimard en 1970) -Toutes les escales et toutes les saisons de Louis BRAUQUIER s’y retrouvent. Là devant son jardin de Saint-Mitre les Remparts face à l’étang de Berre, il écrit, il peint, il collabore à de nombreuses revues et il reçoit ses amis. Le 7 septembre 1976, il est frappé d’une congestion cérébrale alors qu’il rend à son ami Gabriel AUDISIO hospitalisé. Quelques jours après Louis BRAUQUIER décède.

L’été 1976 fut caniculaire.

7-Lecture poème Le pilote page 266 et suite

 



Louis BRAUQUIER
Christian MALAPLATE | 23 Avril 2017 19:37

Louis BRAUQUIER

 
Christian MALAPLATE | 23 Avril 2017 19:36

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