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JP_ FASSBENDER
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Posté le: 08 Février 2014 20:06
Sujet de la contribution: La Fontaine et Brassens

La Fontaine et Brassens


Il y a dans l'écriture d'une chanson de Georges Brassens tout comme dans le sens d'une fable de La Fontaine comme une étrange complicité, comme un même principe de méditation, malgré trois siècles de distance. Deux ou trois minutes d'un tableau déjà joli à la première lecture où bien vite l'humour et l'esthétisme du verbe vont faire place à la réflexion... Ils nous font certes rire ou sourire, mais à peine cachée, une vérité se pointe, éveille, sans que nous ayons l'impression qu'ils nous donnent une leçon. Georges Brassens et Jean de La Fontaine titillent en nous l'envie de travailler nos bonnes et mauvaises habitudes.
Evidemment farces et ironies sont aussi de la partie...

Voilà...

 

412136JeandelaFontaine.jpg (476×655)

 

En route ce parallélisme à ma sauce, dont cette composition, de moi.


La Fontaine et Brassens

 

Repensons aux roseaux, aux aléas d'un chêne,
Où Brassens voit baigner dans "l'ode La Fontaine",
Leur Vénus Callipyge, érotisme enchanteur,
Cent bouches pour clamer leurs rimes de conteurs...

Toujours un bon moral plutôt qu'une morale.
Transférer nos défauts via l'espèce animale
Pour adoucir le heurt d'un vil comportement,
Pour qu'un mot bien choisi vise au discernement...

Ils ont leurs paysans qui travaillent la terre,
La liberté à prendre, à dire, à ne pas taire,
Dans le respect de soi en tant qu'intègre humain :
Le lire dans la fable ou écouter Brassens...

L'un, l'autre, à leur manière, ils sont auteurs d'histoire ;
Les vertus, la raison, sans dogme au répertoire,
Mais poser nos travers et pour nous inciter
A aller voir plus loin le chemin emprunté...

Des feintes pour instruire et pourtant des messages :
S'y reconnaître un peu, les méditer en sage !
Ironique inventaire, ces deux-là ont compris ;
Rien n'est jamais acquis, rien n'a vraiment un prix...

Ô vous Georges Brassens et Jean de La Fontaine
Un corbeau, un renard, trois vilains capitaines :
Vous savez enchanter notre for intérieur
Lui suggérer, en somme, être un être meilleur...

 

Sitting Bull

Bonne Soirée à Toutes, Tous



Modifié 13 Mars 2015 12:17
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JP_ FASSBENDER
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Posté le: 10 Février 2014 23:39
Sujet de la contribution: La Fontaine, ses influences

La Fontaine, ici, évoque ses antiques ou plus proches précepteurs culturels :

Térence est dans mes mains, je m'instruis dans Horace ;
Homère et son rival sont mes dieux du Parnasse...
Je chéris l'Aristote, et j'estime le Tasse ;
Plein de Machiavel, entêté de Boccace,
J'en parle si souvent qu'on en est étourdi...
Quand notre siècle aurait ses savants et ses sages,
En trouverai-je un seul approchant de Platon ?

Pour Brassens (1921), né la même année que La Fontaine (1621) mais avec "trois siècle de retard" , nul doute, lui qui dit avoir lu tout Villon et tout Montaigne... qu'il se soit inspiré de ces lointains ancêtres aussi...

Un petit clin d'½il à ma manière, une reproduction d'une illustration de  Hadamar et (ou) Dessandre trouvée dans un recueil de fable datant de 1835... Emile Guérin, Editeur...

729790cigaleetfourmi.jpg (508×404)

Je me plais à imaginer Brassens en Cigale (voyez sa guitare)... qui aurait été accueillie avec bien plus de compassion que dans la fable, car la fourmi du Sétois à moi serait "Auvergnate", l'attendant, elle, plus modestement, avec "quatre bouts de pain"...

......

Bonne Nuit à Toutes, Tous.

JP F. Sitting Bull



Modifié 20 Février 2014 17:53

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JP_ FASSBENDER
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Posté le: 11 Février 2014 23:34
Sujet de la contribution: La Fontaine... une "morale" ?

Le principe de Brel (que j'associe volontiers et également à l'univers de La Fontaine), et de Brassens, c'est de voir autour d'eux, des tas de personnages, manants, bourgeois, philistins, croquants, fossoyeurs, cocus, cupides, timides, orgueilleux, cons, gais, tristes, mais riches de caractère et philosophiquement corrects. Aimer ou critiquer un système qui convient peu ou pas du tout.

Pour ceux qui sont réceptifs, comprendre qu'on est toujours face à soi-même. Si on ne change pas une société (sinon parfois de petites choses), on en fait partie (Brel, Brassens, La Fontaine, itou) avec nos propres erreurs à assumer aussi :

« La seule révolution possible, c'est d'essayer de s'améliorer soi-même, en espérant que les autres fassent la même démarche. Le monde ira mieux alors.  »


Pas plus d'illusion que ces deux phrases de Brassens... Cet état d'âme, La Fontaine appelle cela : une morale... Mais qu'en est-il de cet auteur  "à fables" ?...  Voici ses explications, en vers parmi ses textes :

Une morale nue apporte de l'ennui,
Le conte fait passer le précepte avec lui.
En ces sortes de feintes il faut instruire et plaire,
Et conter pour conter me semble peu d'affaire.
(Le Pâtre et le Lion)


Je chante les héros dont Esope est le père,
Troupe de qui l'histoire, encor que mensongère,
Contient des vérités qui servent de leçons.
Tout parle en mon ouvrage, et même les poissons.
Ce qu'ils disent s'adresse à tous tant que nous sommes :
Je me sers d'animaux pour instruire les hommes.
(Prologue du Livre 1er)


Je tâche d'y tourner le vice en ridicule...
C'est là tout mon talent ; je ne sais s'il suffit...
Tantôt je peins en un récit
La sotte vanité jointe avecque l'envie,
Deux pivots sur qui roule aujourd'hui notre vie.
Tel est ce chétif animal
Qui voulut en grosseur au b½uf se rendre égal.
J'oppose quelquefois, par une double image,
Le vice à la vertu, la sottise au bon sens,
Les agneaux aux loups ravissants,
La mouche à la fourmi, faisant de cet ouvrage
Une ample comédie à cent actes divers,
Et dont la scène est l'Univers.
(Le Bûcheron et Mercure)

132549boeufetgrenouille.jpg (495×388)illustration :Hadamar et (ou) Dessandre 1835

(La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le B½uf)

Bonne Nuit à Toutes, Tous.

JP F. Sitting Bull



Modifié 27 Février 2014 15:19

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JP_ FASSBENDER
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Posté le: 19 Février 2014 01:53
Sujet de la contribution: La Fontaine... moraliste mais pas professeur de morale

Quand on veut parler de la moralité des fables, il importe de faire une distinction essentielle. Il existe deux classes de moralistes.

Les uns constatent la réalité sans vouloir diriger ; ils peignent l'humanité telle qu'elle est, comme La Rochefoucauld et Molière.

Les autres indiquent la règle, le modèle, ce qu'il faut être ; ils veulent éclairer, guider corriger les hommes, comme La Bruyère, Fénelon et Florian.

La Fontaine appartient à la première catégorie ; il est moraliste, il n'est pas professeur de morale. Il ne donne pas de leçons, à proprement parler : les observations qu'il a faites sont des expériences qu'il faut savoir interpréter et appliquer à la pratique de la vie, où il est difficile de n'être ni dupe ni victime. Voudrait-on que le fabuliste eût mis sous les yeux de ses lecteurs un paradis terrestre ou une Arcadie ? Si la terre n'est ni l'un ni l'autre, faut-il lui en vouloir de nous avertir ? N'est-ce pas déjà un service signalé de prévenir, par ses observations si pleines de clairvoyance, les expériences douloureuses que nous pourrions faire ?

Il est entendu qu'il ne nous enseignera pas l'héroïsme, à la façon d'un Corneille ; mais il nous apprendra tout au moins, à voir clair autour de nous pour éviter les faux pas. C'est bien déjà quelque chose.

[...]   SOURCEInitiation aux Fables de La Fontaine  par l'Abbé C. Hanlet  qui a été Professeur  au Collège Saint-Hadelin de Visé (province de Liège, Belgique)

..............................................

743469JEANDELAFONTAINE.jpg (600×602)

Je tenais à mettre ce bout d'analyse, ici... Tiens !... de qui parle-t-on ?... de Brassens ou de La Fontaine ?...

Bonne Nuit à Toutes, Tous.

JP F. Sitting Bull



Modifié 19 Février 2014 18:38

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Philippe PETIT
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Posté le: 19 Février 2014 08:34
Sujet de la contribution: RE:La Fontaine... moraliste mais pas professeur de morale

Pauvre Martin et La mort et le bûcheron

La façon d'aborder le rapport de la mort avec une personne besogneuse, est différente pour Brassens et Jean-de La Fontaine.

En effet, nous pouvons constater que La Fontaine nous décrit la vie plus que pénible du pauvre bûcheron et nous indique qu'il appelle la mort.

Alors que Brassens nous décrit le pauvre Martin comme une personne besogneuse qui supporte les contraintes de sa vie avec acceptation, courage et résignation. Martin, quant'à lui, n'appelle pas la mort. Mais il est conscient qu'il doit s'y préparer le moment venu. Il décide donc de faciliter la tâche à ses semblables en préparant alors son propre enterrement.

Le but pour La fontaine est de faire comprendre au lecteur que la vie est parfois difficile mais que le fait d'en supporter les contraintes et les douleurs est plus intéressant que de tout arrêter en franchissant le passage vers les vertes prairies.

Le but de Brassens n'est pas de donner un conseil dans cette chanson mais simplement d'indiquer que Martin, le besogneux de service, est courageux, qu'il assume les diverses tâches de sa vie laborieuse et que même, il va faciliter son départ pour ne pas déranger son entourage.

Cela nous indique que Brassens a un caractère plutôt orienté sur la réserve et la volonté de ne pas déranger ses contemporains. Nous pouvons le constater pour beaucoup d'épisodes de sa vie.

Il est néanmoins vrai, probablement, que "La mort et le bûcheron" a du influencer Brassens à écrire "Pauvre Martin".

Bonne journée

Philippe



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Philippe PETIT
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Posté le: 19 Février 2014 09:00
Sujet de la contribution: RE:La Fontaine... moraliste mais pas professeur de morale

Cher grand Chef,

J'ai lu ton analyse où tu propose que La Fontaine est dans la première catégorie. Mais parfois, il semblerait qu'il soit aussi de la deuxième catégorie. j'en veux pour argument sa fable "Le loup et l'agneau".

J'en rapelle le début, qui est ici la morale :

"La raison du plus fort est toujours la meilleure,

Nous l'allons montrer tout à l'heure"

Et comme pour prouver cette affirmation, à la fin de la fable, même si il n'a pas raison, le loup emporte l'agneau dans la forêt et le mange...

Le loup et l'agneau

La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l'allons montrer tout à l'heure.

Un Agneau se désaltérait
Dans le courant d'une onde pure.
Un loup survient à jeun, qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.
« Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
- Sire, répond l'agneau, que Votre Majesté
Ne se mette pas en colère ;
Mais plutôt qu'elle considère
Que je me vas désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d'Elle ;
Et que par conséquent, en aucune façon
Je ne puis troubler sa boisson.
- Tu la troubles, reprit cette bête cruelle ;
Et je sais que de moi tu médis l'an passé.
- Comment l'aurais-je fait si je n'étais pas né ?
Reprit l'agneau ; je tette encor ma mère
- Si ce n'est toi, c'est donc ton frère.
- Je n'en ai point. - C'est donc l'un des tiens ;
Car vous ne m'épargnez guère,
Vous, vos bergers et vos chiens.
On me l'a dit : il faut que je me venge. »
Là-dessus, au fond des forêts
Le loup l'emporte et puis le mange,
Sans autre forme de procès.

Bonne journée

Philippe



Modifié 19 Février 2014 14:15
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JP_ FASSBENDER
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Posté le: 19 Février 2014 14:12
Sujet de la contribution: Réponse d'un "berger" pour "Le Loup et l'Agneau"

L'analyse dont tu parles, Philippe, n'est pas de moi mais puisée dans "Initiation aux Fables de La Fontaine  par l'Abbé C. Hanlet  qui a été Professeur au Collège Saint-Hadelin de Visé" ; rendons à Monsieur l'Abbé ce qui lui appartient.

En ce qui concerne La Fontaine dans la fable dont tu fais référence, "Le Loup et l'Agneau",  je  pense que raconter une histoire cruelle avec une chute morbide ne signifie pas que l'auteur "indique la règle, le modèle, ce qu'il faut être" , il fait plutôt le constat souvent injuste du plus fort contre le plus faible, du pouvoir face l'impuissance... il faut, à mon avis, méditer plus loin... sinon, alors, à la première lecture, ou de manière sommaire, beaucoup de fables et chansons de Brassens seraient "détestables", alors qu'au contraire, elles nous apportent matière à disserter.

......

898960Leloupetlagneau.jpg (500×367)illustration :Hadamar et (ou) Dessandre 1835

et toujours, ci-dessous de  l'Abbé C. Hanlet  , je recopie :

Ainsi, dans la fable Le Loup et l'Agneau, quelle est l'intention du fabuliste ? Veut-il nous prouver que, en justice et en droit, « la raison du plus fort est toujours la meilleure » ?  Nullement. Il constate le fait sans l'approuver ; il n'absout pas le loup, il le dénonce. Il nous montre que, dans la vie, la raison du plus puissant est souvent celle qui l'emporte : et qui le niera ? En conséquence, conseille le moraliste, si vous êtes faibles, soyez sur vos gardes et ne vous aventurez pas, forts de votre seul droit, dans le voisinage des grands : soyez prudents ! Dans ce but absolument moral, l'auteur fait ressortir avec insistance le bon droit évident et l'innocence manifeste de l'agneau, comme il met en relief la brutalité, l'injustice et la mauvaise foi du loup, qui devient le type achevé de la cruauté et la force brutale. Cette peinture vivante de la tyrannie n'est pas édifiante , mais combien vraie, au temps de La Fontaine, comme à l'époque de Phèdre  ou d'Esope, comme de nos jours.

...............................

Amitié

JP F. Sitting Bull



Modifié 20 Février 2014 17:52
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JP_ FASSBENDER
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Posté le: 27 Février 2014 00:03
Sujet de la contribution: Ne rien faire ?

René Iskin, au STO (travail obligation imposé par l'occupation allemande),

999041inskinetbrassens.jpg (383×441)

pendant la seconde guerre mondiale, à Basdorf, près de Berlin fait la connaissance de Georges Brassens. En fait, ils chanterons, ensemble, là, les premières créations de "Tonton Georges", en gestation...

René Iskin :

Georges... Qu'est qu'il pouvait faire, Georges ?

Cliquez, ci-dessous pour écouter un fractionnement d'interview :

http://www.georgesbrassens-gb.eu/Documents/ISKIN/Je_ne_fais_rien.mp3

René Iskin :

Qu'est que tu fais dans la vie ?

Brassens :

Rien !

René Iskin :

Ca, c'était sa réponse ........................... on ne savait, en fait, qu'il ne faisait rien ......... Il ne fait rien, après tout il ne fait rien, y'en a qui peuvent qui peuvent vivre sans rien faire. Pourquoi pas ! ..................

Voici, en clin d'½il, à cette boutade "ne rien faire",

494308carricatureBrassensenlaFontaine.jpg (346×287)

L'Epitaphe de Jean de la Fontaine,

faite par lui-même :

Jean s'en alla comme il étoit venu,

Mangeant son fonds avec son revenu,

Croyant trésor chose peu nécessaire.

Quant à son temps, bien sut le dispenser :

Deux parts en fit, dont il souloit passer

L'une à dormir, et l'autre à ne rien faire.

Rajoutons, que Brassens, lui... il dormait comme un loir, à l'écart de la place publique. ......

.............................

Bonne Nuit à Toutes, Tous

JP F. Sitting Bull



Modifié 27 Février 2014 16:37
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JP_ FASSBENDER
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Posté le: 02 Mars 2014 00:13
Sujet de la contribution: Pipe ou Perruque ?

La moustache et la pipe de Georges, avec la perruque de Jean. (Voir illustration ci-dessus)...

sont l'affiche d'un spectacle « Brassens et La Fontaine »...

http://www.parisetudiant.com/etudiant/sortie/la-fontaine-brassens.html

Ecoutons cette vidéo :

http://www.youtube.com/watch?v=dJR_dsm0njo#t=38

 

Jean-Pierre Arbon et Marie-Christine Barrault l'ont créé en 2013 (avec Pierre Fesquet, qui l'a mis en scène).

Combiner la modernité de ces deux auteurs.

 (écrit de la main de Brassens)

Cela donne

deux fables revisitées à découvrir :

http://www.youtube.com/watch?v=hmjTFRjlBb8

http://www.youtube.com/watch?v=wfpEl9ez5FI

 Bonne Nuit à Toutes, Tous

JP F. Sitting Bull



Modifié 02 Mars 2014 01:59
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JP_ FASSBENDER
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Posté le: 11 Mars 2014 20:52
Sujet de la contribution: Brassens ou La Fontaine : Copier ? ou "recréer" ?

L'ouvrage ci-dessous a accompagné Brassens toute sa vie et fut l'une de ses principales sources d'inspiration.

Les fables étaient encore sur la table de nuit au moment de sa disparition. Soucieux du devenir de sa bibliothèque, il avait chargé Püpchen, sa compagne, d'offrir ses livres à ses copains. Aussi, parmi d'autres, j'ai le bonheur de posséder ce livre qu'il avait fait précieusement relier.

Mario Poletti (dans son livre Brassens me disait, Editions Flammarion)

.........................................................................................................

Comme tous les mômes, j'avais reçu La Fontaine et je n'y avais pas fait attention. Un beau jour, je me suis aperçu qu'il écrivait bien, qu'il était enrichissant. (Brassens)

510910FablierdeJeanneJo001.jpg (696×426)

Brassens ::

Je déplore qu'on utilise La Fontaine pour empoisonner les enfants. Ce n'est pas un jouet d'enfants, La Fontaine. C'est un auteur pour grandes personnes.

841912FablierdeJeanneJo002.jpg (449×447)

Lorsque je relis La Fontaine, j'ai honte de mes inepties.

338832FablierdeJeanneJo003.jpg (521×329)

502967FablierdeJeanneJo004.jpg (340×322)

Du Brassens, dans des réflexions plus générales :

Si on m'enlevait tout ce que les autres m'ont donné, il me resterait peu de choses.

Il se trouve que, moi, je suis un peu artiste et que je sais me servir des mots, parce que j'ai appris à m'en servir et parce que j'ai sans doute une vocation ; mais je ne pense pas plus que les autres.

J'écris. Il y a une langue qui existe, je m'en sers. Ce n'est pas moi qui l'ai inventée... Je n'ai rien inventé du tout, d'ailleurs.

Je me suis créé un univers de mythes.

Je joue avec mes personnages. C'est mon train électrique.

Les êtres ne sont pas exactement ce qu'ils sont.

Les seules choses dont je suis sûr, que je peux partager, ce sont mes incertitudes. Et personne n'en veut !

J'aime que le chat vienne vers moi ; j'aime aussi  que le chat s'éloigne de moi. J'aime assez quand le chat vient si je l'appelle ; j'aime assez qu'il ne vienne pas si je l'appelle, aussi.

(Puisées de l'ouvrage "Les Chemins qui ne mènent pas à Rome"

 

........................................................


La Fontaine, l'Art dans les Fables :

Initiation aux Fables de La Fontaine  par l'Abbé C. Hanlet  qui a été Professeur  au Collège Saint-Hadelin deVisé (province de Liège, Belgique)

L'étude succincte des Sources nous montre assez que, pour le fond et même pour la forme, notre fabuliste n'a pas craint de recourir à de nombreux emprunts. Presque tous ses sujets lui sont étrangers et, dans la composition même, que de réminiscences de tous les auteurs anciens et modernes ! Celles-ci  fourmillent dans les fables. On ne peut être que émerveillés de tout ce que ce « paresseux » à lu, médité et assimilé. Cet « écolier », qui aimait tant le sommeil, ne dormait pas sur ses livres.

Mais - il l'affirme lui-même - son « imitation » n'est pas un « esclavage ». Il confesse la liberté que l'auteur se donne de tailler dans le bien d'autrui ainsi que dans le sien propre... Il retranche, il amplifie, il change les incidents et les circonstances, quelquefois le principal élément et la suite ; enfin ce n'est plus la même chose, c'est proprement une nouvelle histoire

[...]

Utiliser ainsi matière d'ailleurs, moqueries de Térence, ironie de Méandre, emprunts à Sophocle, à Euripide où chez les écrivains précédant La Fontaine... Comment, à plus forte raison, refuser au poète le droit de transformer un apologue, qui n'est ni de l'invention d'Esope, fabuliste légendaire, ne de Phèdre, qui avoue reproduire Esope, mais qui est pris dans le fonds commun et inépuisable que de longues générations ont lentement accumulé.

Mais si La Fontaine a emprunté à d'autres ses récits, il faut lui reconnaître l'incomparable mérite de les avoir étoffés et ornés, de le avoir pénétrés de chaleur et de vie. « Son originalité n'est pas dans la matière, mais dans la manière, » dira Sainte-Beuve.

En quoi donc trouve-t-il cette manière qui fait son originalité ?

« J'ai considéré, explique-t-il, que ces fables étant sues de tout le monde, je ne ferais rien si je ne les rendais nouvelles par quelques traits qui en relevassent le goût. C'est ce qu'on demande aujourd'hui : on veut de la nouveauté et de la gaieté. Je n'appelle pas gaieté ce qui excite le rire, mais un certain charme, un air agréable qu'on peut donner à toutes sortes de sujets, même les plus sérieux » (Préface des Fables)

Et cet « air agréable », en quoi le fabuliste le place-t-il ? « Le secret de plaire ne consiste pas toujours en l'ajustement ni même en la régularité », car, disait-il au chevalier de Bouillon, auquel il dédicace une fable :

Vous voulez qu'on évite un soin trop curieux,
Et des vains ornements l'effort ambitieux ;
Je le veux comme vous : cet effort ne peut plaire.
Un auteur gâte tout quand il veut trop bien faire.


Donc, selon notre poète, beau langage ne suffit pas à enchanter le lecteur, c'est surtout « le piquant, l'agréable et la diversité » qui réjouissent le lecteur d'une fable. L'originalité des fables de La Fontaine réside tout entière dans leur valeur artistique.   .

..........

Voila

Bonne Soirée à Toutes, Tous.

JP F. Sitting Bull



Modifié 11 Mars 2014 21:21
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JP_ FASSBENDER
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Posté le: 21 Mars 2014 12:17
Sujet de la contribution: Jean de la Fontaine, biographie

Jean de La Fontaine

est né le 8 juillet 1621, à Château-Thierry. Ses fables en ont fait un des poètes les plus originaux de notre littérature ; sa vie était aussi originale que son génie : c'est un des écrivains qui se font le mieux aimer par leurs livres, et dont l'on désire le plus connaître la personne et la conduite. Son enfance n'offrit rien de remarquable. Il arriva jusqu'à l'âge de vingt-deux ans sans que ni sa famille, ni ses amis, ni lui-même, se doutassent de son génie. Sa vocation poétique lui fut révélée la première fois par la lecture de Malherbe, qu'il entendit lire à un officier en garnison à Château-Thierry : il se passionna pour ce poète, qu'il apprenait par c½ur la nuit, qu'il allait déclamer le jour dans les bois ; il voulut même l'imiter, mais son bon goût l'arrêta : Il pensa me gâter, dit-il.

434953JeandeLaFontaine.gif (230×250)

A cette lecture il joignit celle de Rabelais et de Marot ; puis un de ses parents lui fit connaître quelques auteurs anciens, Térence, Horace, Quintilien, Plutarque et Platon ; ces deux derniers surtout étaient ses auteurs favoris. La littérature italienne était fort en vogue du temps de La Fontaine, il en prit aussi le goût : Elle le divertissait beaucoup, disait-il ; il avait une prédilection particulière pour les comédies de Machiavel, pour l'Arioste et Boccace.

Le temps de La Fontaine se passait à lire tous les auteurs que nous venons de nommer, à faire quelques vers et à rimer, quand son père lui transmit sa charge de maître des eaux et forêts, et le maria. La Fontaine se laissa faire ; il s'occupait fort peu de son emploi et de sa femme, Marie Héricart. La Fontaine mangeait son fond et son revenu, comme il le dit dans son épitaphe ; mais il fut toujours soutenu par l'amitié.

Malgré sa paresse et son insouciance, il savait trouver le courage pour défendre ses amis et ses bienfaiteurs quand ils étaient malheureux. Louis XIV venait de disgracier le surintendant Fouquet, qui protégeait La Fontaine : la foule des courtisans s'éloignait du ministre déchu ; La Fontaine, seul, avec l'avocat Pellisson, osa, dans une touchante élégie adressée au roi, plaindre le sort de Fouquet et demander sa grâce.

Malgré toutes les pensions que le poète recevait, il était toujours pauvre et dénué de tout, à force d'insouciance et de dissipation, lorsque madame de La Sablière le prit chez elle, et le garantit de tous les embarras et des soins de sa vie. La Fontaine passa chez cette dame, qu'il a immortalisée dans ses vers, les vingt années les plus heureuses de son existence, et composa auprès d'elle la plupart de ses chefs-d'½uvre. Il fut reçu à l'Académie le 2 mai 1684 : il avait déjà publié les six premiers livres de ses fables en 1668, le poème d'Adonis et Psyché en 1669, le poème de la Captivité de saint Malo en 1673, le poème du Quinquina en 1682.

La Fontaine remplaçait Colbert à l'Académie, et l'avait emporté sur Boileau, son concurrent. Louis XIV, mécontent de l'élection du fabuliste, refusa longtemps de la ratifier ; il se fit présenter au roi, auquel il voulut donner lui-même une pièce de vers, afin d'obtenir son autorisation. Il est introduit devant Louis XIV, mais il cherche vainement sa pièce de vers : il l'avait oubliée. « Monsieur de La Fontaine, ce sera pour une autre fois » lui dit le roi.

On ferait un long recueil de toutes les naïvetés et de toutes les distractions de La Fontaine. Après la mort de madame de la Sablière, il se trouvait sans asile ; Monsieur et madame d'Hervart vinrent pour lui offrir un logement chez eux ; ils le rencontrent dans la rue : « Venez loger chez nous, lui disent-ils. - J'y allais », répond La Fontaine.

En 1692 il tomba dangereusement malade, et se convertit à la vie chrétienne. Il brûla à cette époque une comédie, et fit publiquement amende honorable de ses écrits licencieux ; depuis, il n'a plus composé que des sujets religieux. Il est mort le 13 avril 1695.

Dans le monde, La Fontaine était distrait, rêveur, préoccupé. Il se laissait difficilement aller à la conversation ; cependant quelquefois il s'animait, alors sa causerie était charmante de grâce, d'esprit naïf et de bonhomie. Les femmes surtout recherchaient sa société. Il travaillait beaucoup ses fables ; les traits en apparence les plus simples, les plus facilement spirituels, lui demandaient force patience. Un des plus grands poètes de notre époque, Béranger, a été souvent cité pour sa ressemblance de génie et de caractère avec le fabuliste.

Outre ses fables, La Fontaine a composé une imitation de Térence ; quatre comédies, dont une seule, le Florentin, est restée au théâtre, deux opéras ; des poèmes, des odes, des élégies, des balades, des contes, des épîtres, des épigrammes ; mais ses fables sont les chefs-d'½uvre qui l'ont immortalisé.

source :

Fontaine Jean de Fontaine

D'après « Le Magasin pittoresque » paru en 1833)

http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article1069

Tout n'est pas dit mais donne une idée globale de l'auteur dont des comportements proches de Brassens tels que : lire beaucoup et re-travailler souvent ses vers...

Bonne Journée à Toutes, Tous.

JP F. Sitting Bull



Modifié 21 Mars 2014 12:46
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JP_ FASSBENDER
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Posté le: 11 Mai 2014 15:17
Sujet de la contribution: Vénus Callipyge

Vénus, Brassens et La Fontaine

Pour moi Vénus évoque la beauté d'une femme nue et le désir sensuel, c'est du moins ce symbole érotique qui me vient à l'esprit.


http://img11.hostingpics.net/pics/988367numrisation0010.jpg

Dans des temps très anciens, c'était une déesse de second plan dédiée aux jardins, aux fleurs et à l'agriculture.
Plus tard, elle va être identifiée à la déesse grecque Aphrodite.
Malgré la rigueur de la morale romaine, Vénus finit par devenir protectrice des prostituées (Vénus Erycine, supposée mère du Prince Troyen Enée).
Mais Vénus protège également le mariage en garantissant la fécondité du couple ; les amoureux peuvent se fier à Vénus : elle veille à ce que toutes les démarches nécessaires à l'amour soient parfaitement ordonnées et exécutées (Vénus Verticordia).
Source : Le Larousse de la Mythologie (très résumé)

............

"Sacrifier à Vénus" est utilisée par Brassens dans la chanson : « L'Andropause ».
Dans le « Grand Pan », notre chanteur déplore que Vénus se soit faite femme (lui qui appelait volontiers, sa dulcinée : « Sa Déesse ») ...


.........


et c'est sans oublier sa « Vénus Callipyge »... et j'y arrive :


http://img11.hostingpics.net/pics/809675VenusCallipyge.jpg

La Vénus callipyge est un type particulier de statue grecque représentant la déesse Vénus, ou plus exactement Aphrodite, soulevant son péplos pour regarder ses fesses (nécessairement superbes), par dessus l'épaule. Elle était honorée dans un temple de Syracuse. Une légende sur l'origine de ce culte est rapportée par Athénée, et ce texte inspira La Fontaine. Cette légende, celle des deux jeunes filles de Syracuse qui essayaient de savoir laquelle des deux avait les fesses les mieux faites :

« Il était une fois un fermier qui avait deux filles superbes qui entrèrent en discussion pour savoir laquelle avait le plus beau derrière. Sur la voie publique, par hasard, passa à cet endroit un jeune homme qui était le fils d'un riche vieillard. Elles se montrèrent à lui, et quand il les eut vues, il se prononça en faveur de l'aînée. En fait, il était tombé amoureux d'elle ; quand il revint en ville, il se mit au lit et raconta à son jeune frère tout ce qui s'était passé. Ce dernier se rendit également à la campagne, vit les filles, et tomba amoureux de la seconde. Et quand le père de ces garçons essaya de les amener à se marier avec des filles de la haute société, il n'arriva pas à les persuader, et il ramena donc les filles de la campagne, avec la permission de leur père, et les donna en mariage à ses fils. Ces filles furent appelées « aux jolies fesses » par leurs concitoyens, et pour cette raison, ces filles, devenues riches et célèbres, fondèrent un temple pour Aphrodite qu'elles appelèrent la déesse aux jolies fesses. »


Le fait est qu'il existait à Syracuse un culte à Aphrodite callipyge, culte mentionné également par un auteur chrétien, Clément d'Alexandrie, dans une liste de célébrations érotiques dans la religion païenne. Clément cite le poète Nicandre de Colophon, et cite généreusement le terme alternatif utilisé par lui « kalligloutos » (aux jolies fesses).


Explicité par Georges Brassens dans ses chansons, Vénus... « callipyge » (qui a de belles fesses en grec), l'expression n'en est pas moins impropre puisque l'on devrait plutôt parler d'Aphrodite callipyge pour être "helléniquement" rigoureux. Néanmoins, on appelle Vénus callipyge une statue de la déesse de la beauté que l'on vénérait pour la perfection de ses fesses, et non point leur opulence, comme en témoignent certaines statues.

« Du temps des Grecs, deux s½urs disaient avoir
Aussi beau cul que fille de leur sorte ;
La question ne fut que de savoir
Quelle des deux dessus l'autre l'emporte :
Pour en juger un expert étant pris,
À la moins jeune il accorde le prix,
Puis l'épousant, lui fait don de son âme ;
À son exemple, un sien frère est épris
De la cadette, et la prend pour sa femme ;
Tant fut entre eux, à la fin, procédé,
Que par les s½urs un temple fut fondé,
Dessous le nom de Vénus belle-fesse ;
Je ne sais pas à quelle intention ;
Mais c'eût été le temple de la Grèce
Pour qui j'eusse eu plus de dévotion. »

La Fontaine : Contes et nouvelles en vers - Conte tiré d'Athénée.

Source :

http://fr.wikipedia.org/wiki/V%C3%A9nus_callipyge

...................................................................................


Venus Callipyge, chanté par Brassens, cliquez ci-dessous :

http://www.dailymotion.com/video/xahyzn_venus-callipyge-georges-brassens_music

Voilà


Bonne Soirée à Toutes, Tous.



Modifié 11 Mai 2014 15:19
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JP_ FASSBENDER
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Posté le: 06 Juin 2014 02:16
Sujet de la contribution: avec "L' Amandier"... à Vaison-la-Romaine

http://www.brassens-festivalvaisonlaromaine.eu/index.php/festival/artistes-2014/80-concerts-village-vacances/127-l-amandier

La Formation "L'Amandier"...    http://www.amandier25.com/

avec notamment

notre     cher Philippe Borie

à Vaison-la-Romaine, fin avril 2014, au Festival Brassens,  

ont présenté un très beau spectacle où se rencontrent l'univers de La Fontaine et celui de Brassens, ce fut un véritable régal pour l'esprit.

Cliquez ci-dessous, il y a un diaporama-photos et deux vidéos rapportées par Philippe Petit

et mises sur le site des Amis de Georges 

http://www.ppetit-annexes.org/FVLR2014/philippe_borie.html

Bonne Découverte à Toutes, Tous.

JP F. Sitting Bull 



Modifié 06 Juin 2014 17:47
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JP_ FASSBENDER
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Posté le: 01 Avril 2015 13:45
Sujet de la contribution: un roseau n'est point pieu(x)

(voir sujet du 2 mars 2014 : Pipe ou Perruque ?)

 

Souvenir d'une répétition de La Fontaine / Brassens : ma célèbre partenaire commet un lapsus dans le Chêne et le Roseau. Au lieu de : « je plie et ne romps pas », elle dit : « je prie et ne romps pas ».

 

 

J'aurais dû instantanément m'exclamer :

- Le roseau n'est ni pieux ni pieu !

Mais je n'ai pas eu l'à-propos de faire ce bon mot, et je me contente aujourd'hui de le rapporter de manière apocryphe, comme un repentir, dans ce blog.


http://www.maisquiestarbon.net/page/21

 

Voilà.

 

Bonne Journée à Toutes, Tous.

 

JP F. Sitting Bull



Modifié 01 Avril 2015 13:52
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JP_ FASSBENDER
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Posté le: 21 Février 2017 23:22
Sujet de la contribution: Lien vers mon tiroir à poèmes

Voilà,

 

Je me suis permis de recopier ma création  "La Fontaine et Brassens" vers une sorte de tiroir à poèmes

 

  CLIC, ci-dessous :

 

http://www.georgesbrassens-gb.eu/index.php?babrw=racine/articles-de-jp/au-clair-de-la-plume/babArticle_50

 

Bonne Découverte à Toutes, Tous.

 

JP F. Sitting Bull



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JP_ FASSBENDER
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Posté le: 17 Mars 2017 14:18
Sujet de la contribution: Brassens la cigale était une fourmi

Brassens la cigale était une fourmi

 

 

Brassens la cigale, c’était une fourmi,

S’il n’aimait le travail, lui, renard à demi,

C’était un rat du chant qui affûtait sa plume.

Et du levé du coq, dans l’aurore ou la brume,

Cette tortue habile avait bien du ressort,

Pas du tout un héron qui dédaignait son sort…

 

 

Brassens la cigale, c’était donc fine mouche,

Ses doigts sur un clavier, il était sur la touche,

Toujours loin du troupeau, pas loup, pas même agneau,

Mais qui par son ramage eut égard au corps beau !

Il était homme à fable : une cane, un gorille,

Une grive un beau jour, sur sa tête, atterrie…

 

 

Brassens la cigale, c’était l’œil du faucon,

Son regard indulgent : sommes-nous vrais ou faux cons ?

Distant pour un lion, respectueux pour l’âne

Et pour tout animal tel les hôtes de Jeanne…

Pour la rime ou l’écho avait son perroquet,

Il sublimait les chats, taquinait les roquets.

 

 

Brassens la cigale, c’était le hibou sage,

Philosophe sans l’être en pigeon de passage,

S’il se voulait penseur, c’est en simplicité

Qu’il déposait ses vers sans les expliciter.

Le monde végétal, le monde dit sauvage,

D’Esope à La Fontaine, un ours dans leur sillage.

 

 

Brassens la cigale, c’était un cachalot ;

La femme une déesse, ondine en pédalo,

Tantôt Grâce ou Furie, Erato, Mélusine,

Le grillon du foyer, mais pas dans sa cuisine…

Gloire à Blonde Chenille, ailes de papillon,

Qui le fit rossignol de nos microsillons.  

 

JP F. Sitting Bull (mars 2017)



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JP_ FASSBENDER
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Posté le: 20 Mars 2017 13:51
Sujet de la contribution: L'Amour aveugle ?

L’Amour rend aveugle, nous crève les yeux ?

La Fontaine et Brassens, s’il en est, 300 ans d’écart et deux styles, certes différents… mais où l’art d’utiliser la mythologie pour imager des sentiments, des situations et une certaine féerie ou une ambiance mystérieuse font commune poésie.



http://img4.hostingpics.net/pics/203949amfolie.jpg

Voyez ce rapprochement pour l’Amour aveugle.

Une Jolie Fleur (Brassens)

Jamais sur terre il n'y eut d'amoureux
Plus aveugle que moi dans tous les âges,
Mais faut dir' qu' je m'était crevé les yeux
En regardant de trop près son corsage...

[...]


....................................


L'Amour et la Folie (La Fontaine)



Tout est mystère dans l'Amour,
Ses flèches, son carquois, son flambeau, son enfance:
Ce n'est pas l'ouvrage d'un jour
Que d'épuiser cette science.
Je ne prétends donc point tout expliquer ici:
Mon but est seulement de dire, à ma manière,
Comment l'aveugle que voici
(C'est un dieu), comment, dis-je, il perdit la lumière;
Quelle suite eut ce mal, qui peut-être est un bien
J'en fais juge un amant, et ne décide rien.
La Folie et l'Amour jouaient un jour ensemble:
Celui-ci n'était pas encor privé des yeux.
Une dispute vint : l'Amour veut qu'on assemble
Là-dessus le conseil des Dieux;
L'autre n'eut pas la patience;
Elle lui donne un coup si furieux,
Qu'il en perd la clarté des cieux.
Vénus en demande vengeance.
Femme et mère, il suffit pour juger de ses cris:
Les Dieux en furent étourdis,
Et Jupiter, et Némésis,
Et les Juges d'Enfer, enfin toute la bande.
Elle représenta l'énormité du cas;
Son fils, sans un bâton, ne pouvait faire un pas:
Nulle peine n'était pour ce crime assez grande:
Le dommage devait être aussi réparé.
Quand on eut bien considéré
L'intérêt du public, celui de la partie,
Le résultat enfin de la suprême cour
Fut de condamner la Folie
A servir de guide à l'Amour.

Jean de la Fontaine




Source :

http://www.la-fontaine-ch-thierry.net/amourfol.htm

 

 

Et ici un site très agréable à parcourir :



http://maplumefeedansparis.eklablog.com … -a93297515




Bonne Journée à Toutes, Tous.

 

JP F. Sitting Bull



Modifié 21 Mars 2017 17:32
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