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Traces de Lumière

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Philippe PETIT
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Posté le: 10 Février 2016 18:00
Sujet de la contribution: Traces_de_Lumière_du_15_février_2016_Poésie_du_Moyen_Âge

Les amis,

Pour écouter l'émission :

http://www.tracesdelumiere.fr/emissions_traces/Traces_20160215_La_poesie_du_moyen_age.mp3

Cette émission était consacrée à La poésie du Moyen Âge,

autour de "La quête du Graal"

Merci de donner votre senti autour de cette émission

à tout de suite

Philippe PETIT



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Christian MALAPLATE
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Posté le: 10 Février 2016 19:09
Sujet de la contribution: Traces_de_Lumière_du_15_février_2016_Poésie_du_Moyen_Âge

Partie musicale

L'art du psaltérion

1-Douce dame jolie Guillaume de MACHAUT

2-L'heure blanche des damoiseaux - André POUTCHY / Maurice GUIS

3-Schiarazula, marazula Pierre PHALESE

Musique du Moyen-Age

4-Saltarello

5-La manfredina and la rotta

6-Lamento di Tristano and rotta

7-Hoquet David Guillaume de MACHAUT

8-Ut queant laxis Gille BINCHOIS

9-En un lieu où l'on ne voit goutte Roland de LASSUS

10-Danceries Claude GERVAISE

11-Huitième suite -Guiraut RIQUIER et la cour d'ALPHONSE X Le Sage

 

 

 

 



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Christian MALAPLATE
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Posté le: 10 Février 2016 19:11
Sujet de la contribution: Traces_de_Lumière_du_15_février_2016_Poésie_du_Moyen_Âge

Arthur et les chevaliers de la Table ronde

Danielle Quéruel

Pour ses nobles seigneurs dont chacun s'estimait le meilleur et dont nul ne savait qui était le moins bon, Arthur fit faire la Table ronde sur laquelle les Bretons racontent bien des récits. Les seigneurs y prenaient place, tous chevaliers, tous égaux.

Wace, Le Roman de Brut, ca. 1155

 
La légende du roi Arthur et de ses chevaliers s'est constituée et développée durant des siècles. L'aventure est l'élément essentiel de ce grand mythe qui traverse le Moyen Âge : les chevaliers partent prouver leur courage, et surtout, avec la Quête du Graal, éprouvent leur foi et leur vertu… Les exploits du roi Arthur, de Merlin, de Lancelot ou de Perceval continuent, par-delà les siècles, à fasciner notre imaginaire, et les chevaliers de la Table ronde nous apparaissent aujourd'hui comme des chercheurs de Connaissance, lancés dans une quête initiatique. Mais d'où viennent ces chevaliers mythiques ? Et comment naît l'histoire de la Table ronde ?
 
 
C'est vers 1150 que la Table ronde est mentionnée pour la première fois dans Le Roman de Brut, œuvre d'un moine anglo-normand, Robert Wace (v. 1110-v.1170). Histoire légendaire de la Grande Bretagne, le récit s’organise en grande partie autour du roi Arthur, fils du roi Uterpandragon, de sa naissance extraordinaire, de ses guerres contre les Saxons et de ses guerres et de ses conquêtes : Arthur s’empare de l’Ecosse, de l’Irlande, de la Gaule et triomphe des Romains. La figure d’Arthur s’impose ainsi comme symbole de puissance et de gloire et, le Roman de Brut, composé pour le roi d’Angleterre Henri II Plantagenêt, flattait sans aucun doute les ambitions et les rêves de prestige de la cour d'Angleterre d'alors. C'est dans ce contexte que Wace place l'éloge des chevaliers d'Arthur et présente la Table ronde comme un lieu idéal, conçu pour attirer l'élite des chevaliers et aussi ne pas établir de hiérarchie entre eux.
 
 
 
 

Le symbole de l’idéal chevaleresque

 
Peut-on voir dans l’institution de cette Table ronde une allusion d’origine celtique à une ancienne coutume voulant que les guerriers siègent autour de leur chef ? Y a-t-il là le souvenir d’une table de festins ? Wace fait allusion à des récits d’origine bretonne, qui, transmis oralement, auraient circulé en Occident. Leur origine celtique est vraisemblable, mais n’explique pas tous les aspects de la création de la Table ronde. En effet, au moment où Wace rédige son œuvre, la chevalerie constitue au sein de la société féodale un compagnonnage guerrier, marqué par certains rites d’initiation comme l’adoubement, et l'esprit de caste rejoint alors l'exaltation du mérite personnel. L'arrière-plan féodal sur lequel repose la société des XIIe et XIIIe siècles ne doit en aucun cas être négligé quand, dans les textes littéraires, est exaltée la figure du chevalier.
 
 

Le témoignage d'un autre moine anglo-saxon, Layamon, auteur lui aussi d'un Roman de Brut à la fin du XIIe siècle, raconte que le roi Arthur, effrayé par une querelle sanglante de préséance entre plusieurs chevaliers, se rendit en Cornouailles pour commander une Table ronde de mille six cents places ; ainsi, plus personne ne pourra se sentir relégué au second plan.
Il est souvent question, dès ces premiers textes, de la bravoure de la "mesnie" du roi, c'est-à-dire de ceux qu'il retient auprès de lui par des dons précieux et à qui il accorde des fiefs lorsqu'ils l'ont bien servi. Élite guerrière, cette "mesnie" constitue une réserve inépuisable de héros jeunes et disponibles, venus de tous les horizons, attirés par le prestige d'une cour puissante. L'expression "cil de la Table ronde" (ceux de la Table ronde) apparaît alors, et les poètes se plaisent à la faire rimer avec le mot "monde".
 
Par la suite, au XIIIe siècle, l'invention de la Table ronde est attribuée tantôt à Merlin, tantôt Uterpandragon, le père d'Arthur, et la rotondité de la Table est clairement explicitée comme représentation symbolique du monde :

Elle est, en effet, appelée Table ronde parce qu'elle signe la rotondité du monde et le cours des planètes et des éléments du firmament dans lequel on peut voir les étoiles et les autres astres. Aussi peut-on à juste titre affirmer que la Table ronde représente le monde.

 La Quête du Saint-Graal, vers 1220-1230

 
 

Merlin l'Enchanteur, maître du destin

 

C'est grâce à Merlin que le roi Arthur est au cœur de la plus brillante chevalerie. Utilisant ses dons d'enchanteur et de magicien, il préside à la naissance d'Arthur en réunissant son père, Uterpandragon, et sa mère, Ygerne. Réitérant la ruse qui permit à Jupiter de prendre les traits du mari d'Alcmène et de séduire sa jeune femme, Merlin donne à Uterpandragon l'apparence du duc de Tintagel : ainsi Ygerne, femme du duc, accueille sans se méfier Uterpandragon et, au cours de leur nuit d'amour, engendre le futur roi Arthur. Bien plus, en faisant couronner Arthur malgré sa naissance illégitime, Merlin l'impose et l'amène à devenir le plus grand de tous les souverains. C'est lui aussi qui suggère à Uterpandragon de faire réaliser une table et de réunir à Carduel, à la Pentecôte, les cent cinquante meilleurs chevaliers du royaume. C'est du moins la version que développe au XIIIe siècle l'auteur du roman de Merlin, Robert de Boron. Passée dans les mains du roi de Carmélide, Léodogan, père de Guenièvre, la Table ronde devient la dot de celle-ci lorsqu'elle épouse le roi Arthur. Cependant, cette Table ronde n'est pas complète au moment où elle parvient à Arthur, car il y manque cinquante nouveaux chevaliers, forts et vaillants. C'est encore Merlin qui choisit lui-même ces hommes de haut mérite, sans exclure ceux qui seraient de naissance pauvre. Tous sont unis par une amitié sans faille, et une atmosphère d'amour et d'affection règne à cette Table.
Cependant, en son centre, un siège reste vide, le "Siège Périlleux", réservé au "meilleur de tous les chevaliers" et jamais personne ne pourra s'y asseoir sans être tué ou estropié. Par ailleurs, sur chacun des sièges, apparaît soudain, sous forme d'une inscription, le nom de celui qui y a pris place, preuve miraculeuse que Dieu agrée et bénit cette compagnie.
 


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Christian MALAPLATE
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Posté le: 10 Février 2016 19:15
Sujet de la contribution: Traces_de_Lumière_du_15_février_2016_Poésie_du_Moyen_Âge

LA FORÊT DE BROCÉLIANDE

De nouvelles croyances

Bien avant que le tourisme de masse ne vienne dénaturer le site, facilitant l'accès des hauts lieux poétiques et magiques à une horde d'abrutis incultes et de moujingues mal élevés, la Forêt de Paimpont - Brocéliande pour les poètes - était une merveille qu'il fallait mériter.

Les elfes et les fées hantaient les halliers aux heures propices, les esprits murmuraient à l'oreille de ceux qui savaient écouter l'Épopée de la Table Ronde, la geste épique du Roi Arthur et de ses chevaliers, les amours de Viviane et de Lancelot-du-Lac. Ils percevaient à minuit le chant ensorcelant de Merlin l'Enchanteur, et à l'aube blanchissante la danse troublante des fées dans les clairières noyées de brume.

Il y a quarante ans, dans les années 70, il en allait autrement. Les visites étaient rares, les promeneurs motivés. Le plaisir de se perdre, de s'égarer dans les halliers sur des sentiers non balisés, faisaient partie du charme de cette quête.

 

Je me souviens de l'une de ces ballades nocturnes aux lieux magiques où Viviane rencontrait Merlin.

Dans la forêt de Brocéliande en Bretagne, il est un amoncellement de pierres dont la tradition ou la légende affirment qu'il est le tombeau de Merlin l'Enchanteur. Il s'agit d'un point sensible, assez difficile à trouver, même avec de bonnes cartes topographiques.

L'un des lieux magique de la forêt est la Fontaine de Jouvence que tout le monde connaît, mais le témoin le plus extraordinaire est certainement la Fontaine de Barenton. Il faut avoir le courage, disons même la rage de parvenir au but, pour s'y rendre. Loin de toute route praticable, on ne peut y aller qu'à pied.

La source elle-même jaillit près d'un large bloc de pierre.

La légende veut que la fée Viviane y rencontrât Lancelot du Lac et affirme qu'il ne faut jamais jeter de l'eau de cette source sur la pierre voisine, sous peine d'engendrer une terrible tempête.

 

Trop cartésien pour me laisser intimider, j'ai voulu tenter l'expérience, un soir de juillet, sous une chaleur accablante. Prenant un peu d'eau dans le creux de ma main, je la répandis sur la pierre.

Je précise que je n'ai nullement accompli ce geste dans un but sacrilège. Seulement à titre expérimental.

Comme le soir tombait, après quelques instants de receuillement dans ce haut lieu de la "Vieille Religion", je voulus regagner ma voiture garée assez loin de là. Le ciel, si pur toute la journée, commença par se couvrir. Le jour tomba rapidement, et je dus hâter le pas. Je n'étais pas encore parvenu à mon véhicule qu'un orage formidable éclata dans un ciel zébré d'éclairs, m'obligeant à me réfugier sous un vieux chêne plusieurs fois centenaire. De là j'assistai à un spectacle grandiose, à un formidable déchaînement des forces de la nature.

Lorsque l'orage se fut éloigné je pus gagner mon auto et allai dîner dans une auberge.

 

Le Val sans retour

Situé près de Tréhorenteuc, à l'ouest de Paimpont, le Val sans retour est une vallée encaissée aux paysages contrastés, creusée dans le schiste rouge, (c'est le minerai de fer qui donne au schiste sa couleur rouge ; ce même minerai qui fausse les boussoles des randonneurs).

Selon la légende, Morgane la fée, demi-sœur du roi Arthur, trahie par son amant, décida de retenir prisonniers dans ce val les chevaliers infidèles. Seul le Lancelot, fidèle à la reine Guenièvre, parvint à rompre l'enchantement, échappant au sortilège et alla délivrer les chevaliers.

 

Le Miroir aux fées

C'est au fond de ce Val que le miroir aux fées, lac aux eaux lisses, sans une ride, dans lequel les fées lisaient l'avenir en y jetant un grain de blé. On l'avait appelé ainsi car la forêt qui l'entourait était tellement dense que le vent n'y passait pas, rendant la surface de l'eau tout à fait immobile.

L'atmosphère étrange dans lequel baigne le Val sans Retour est une des impressions les plus sereines et les plus fortes qu'il me fut donné d'éprouver.

 

Château de Trécesson

Derrière l'imposante façade de cette altière demeure logent plusieurs fantômes. On dit que le parfum des dames de jadis en imprègne encore les murs et peut être fatal aux amoureuses chastes qui s'y aventurent imprudemment. C'est l'un des plus beaux manoirs de Brocéliande. Environné des cr&ecrc;tes rocheuses de Coëtquidan, des buttes des Tiot et des landes de Saint-Jean, le château de Trécesson reflète dans l'eau de ses douves profondes ses hauts murs de schiste pourpre, ses tourelles en encorbellement reliées par une galerie à màchicoulis et sa porte en plein cintre, souvenir d'un ancien pont-levis.

Les parties les plus anciennes de l'actuel château datent du XVe siècle. Mais les archives attestent que ce lieu fut, dès le VIIIe siècle, la demeure des seigneurs de Ploërmel et Campénéac.

 

La Dame Blanche de Trécesson

Deux gentilshommes, mécontents de la mésalliance d'une jeune femme de leur famille qui allait se marier, vinrent ici en pleine nuit, et après avoir creusé un trou au pied d'un chêne, enterrèrent tout habillée la malheureuse qui se débattait.

 

Témoin de la scène, un braconnier craignant pour sa vie s'il était découvert, attendit le lever du soleil pour aller déterrer la jeune victime qui vivait encore. Mais la pauvre expira peu après entre ses bras.

Le seigneur de Trécesson, très affecté par cette histoire, fit enterrer religieusement la dépouille sans que celle-ci puisse être identifiée. Jusqu'en 1789, la couronne et le voile nuptial de l'inconnue demeurèrent sur l'autel de la chapelle du château. Les jeunes filles venaient les toucher après la messe espérant que la Dame Blanche leur apparaisse pour leur désigner un bon époux.
 

 

Le Jardin aux Moines

 

Un jour Saint Méen les surprit sur la lande et les somma de se confesser, de cesser leurs orgies, ce dont ils n'eurent cure. La punition divine ne fit guère attendre, ils furent foudroyés, changés en pierres à l'endroit même leur péché.

Ce lieu ne fait pas partie des légendes arthuriennes, mais c'est un site spectaculaire de Brocéliande. Situé à Néant-sur-Yvel, il est aussi appelé "Jardin aux tombes". C'est en fait un site mégalithique daté de 3000 à 2500 avant notre ère. Long de 27 m sur 5 ou 6 m de large, il est constitué de 27 blocs de schiste rouge et de quartz. Il a été fouillé en 1983 sous la direction de M.J. Briard et l'on y retrouva des silex datant de 5000 ans av. J.-C.
 

 

Le chêne de Guillotin

La forêt de Brocéliande renferme de très beaux et très vieux arbres. Le plus célèbre d'entre eux est un vieux chêne âgé d'environ 1000 ans et faisant plus de 9 mètres de circonférence : le chêne de Guillotin. Il est situé entre Concoret et Tréhorenteuc. Selon la légende, Pierre-Paul Guillotin, un prêtre réfractaire (1750-1814) se réfugia pendant la Révolution française à l'intérieur de cet arbre creux. Il continua son ministère, administrant sacrements et bénédictions dans la région, rédigeant un précieux journal des événements révolutionnaires.

 

Le tombeau de Merlin

Le tombeau de Merlin et la Fontaine de Jouvence. Selon une légende, après l'avoir séduit Viviane endormit Merlin avant de le ravir dans une nuée. Puis elle l'emmura vif dans un tombeau. L'ayant allongé dans une fosse, la fée rabattit sur lui deux énormes pierres.

Dynamité par le propriétaire des lieux en 1892 qui croyait trouvé de l'or en dessous, il ne reste aujourd'hui plus rien du majestueux tombeau d'alors. Le tombeau de Merlin est donc une déception mais n'empêche pas les supersticieux d'y laisser des mots ou des prières en tout genre, voire même des... chèques en échange d'une faveur. Je suis curieux de savoir si Merlin possède un compte. Mais je laisse l'imaginaire prendre sa place et chacun est libre de s'exprimer. Je déplore seulement qu'en plus de deux pierres piteusement appuyées sur un vieux houx, des tas de petits bouts de papiers font ressembler l'endroit plus à une poubelle qu'à un tombeau...

Près du Tombeau de Merlin se dresse un autre arbre très ancien appelé "chêne des Hindres", mesurant environ 5 mètres de circonférence.

Château de Trécesson «la Dame blanche de Trécesson» jeune mariée enterrée vivante le matin même de son mariage. un chasseur vit la scène, mais quand on déterra la jeune femme, elle était morte. Depuis, elle hante le domaine.
 

 

La Fontaine de Barenton

La fontaine de Barenton dont nous avons parlé plus haut, est un lieu à la fois pittoresque et modeste de Brocéliande. Située à l'ouest de la forêt, près du hameau de "Folle pensée", elle était jadis assez difficile d'accès. Décrite dès le douzième siècle par le poète normand Robert Wace, elle a perdu beaucoup de son mystère. Mais c'est ici qu'une tradition situe la première rencontre entre Viviane et Merlin.

La légende affirme qu'un jour que Merlin cheminait sous les ramures de Brocéliande, il rencontra Viviane près de la fontaine de Baranton ; il la salua bien bas, et comme la jeune fille se mit à le questionner, il se rendit compte qu'il avait affaire à une fée. En effet, en ce temps-là une jeune fille sage ne se serait pas permis d'adresser la parole à un jeune homme, sans y avoir été invitée !

- Belle demoiselle, je suis un écolier, dit-il, qui va retrouver son maître.

- Et que vous a-t-il enseigné, votre maître ?

- Oh ! bien des choses, demoiselle.

- Mais, encore ? Que savez-vous faire ?

- Je pourrais bâtir, ici, devant vous, un château et le peupler de tant de chevaliers, que celui qui voudrait l'assiéger ne viendrait jamais à bout de le prendre. Je pourrais encore, par exemple, faire couler une rivière là où jamais goutte d'eau ne coula, et même je traverserais l'onde à pied sec, sans enfoncer ni me mouiller les chausses.

- Certes, dit la demoiselle, vous me semblez bien savant, et je donnerais beaucoup pour en savoir faire autant.

- Ce ne sont là que jeux d'enfant, fit Merlin ; j'en sais bien d'autres pour divertir rois, gentes dames et hauts barons.

Comme Viviane parut s'étonner d'un tel pouvoir, Merlin s'éloigna de quelques pas et traça sur la bruyère un cercle du bout de son bâton.

Aussitôt, apparut sur la lande, un château magnifique, et, devant le château un jardin romantique dont les arbres portaient autant de fruits délicieux que de fleurs, et de fleurs que de feuilles, et d'où émanait un parfum suave, qu'on respirait jusqu'à la fontaine.

Le château magique disparut comme il était apparu, en un clin d'œil, mais pour le jardin, à la prière de Viviane, Merlin le conserva, et ils l'appelèrent le Jardin de joie, car ce fut là qu'ils s'aimèrent pour la première fois.

Les légendes associées à ce lieu sont nombreuses. Outre la rencontre de Merlin et de Viviane c'est là qu'eut lieu le combat opposant Yvain au Chevalier Noir. Là que Blaise l'ermite mit son protégé en garde contre les sortilèges de la fée.

On dit que l'eau de la fontaine de Barenton permet de déclencher la pluie, de guérir les meaux d'amour ou les maladies mentales.

Déjà connue au Moyen-Âge pour ses innombrables vertus, c'est au-dessus d'elle que se penchaient les devins et les sorcières les nuits d'orage où son eau "bout à froid", que des chapelets de bulles montent à sa surface exhalant ses fragrances de connivence et ses parfums d'attirance.
 

 

Légendes du chevalier Ponthus fils du roi Thibur de Galice

Proche de la Fontaine Barenton, le hêtre de Ponthus éleva ses ramures sur les vestiges d'un château détruit, jadis, par Dieu lui-même. Comme nous le raconte Yves Thétiot, en ces temps-là, le chevalier de Ponthus désespérait de ne point avoir de progéniture. Il me faut un enfant, qu'il vienne du diable ou de Dieu ! s'écria-t-il du haut de la plus haute des tours de son château. Dieu fit la sourde oreille. Mais le diable l'entendit.

Le Malin prit le chevalier au mot : neuf mois plus tard, à la faveur d'une éclipse de lune, la châtelaine accouchait d'un petit monstre velu. A peine sorti du ventre de sa mère, le petit diable sauta sur le haut d'une énorme armoire puis se blottit sous un buffet. Sinistre présage ! prophétisa la sage-femme avant de s'enfuir à toutes jambes.

En ces temps là, il fit grand vent. La tempête venait de l'océan. Elle épargna la forêt, mais détruisit le château qui, emporté par une bourrasque, s'écroula sur ses occupants. Le souffle de l'apocalypse avait renversé les remparts pour laisser place à un magnifique hêtre qui se laisse encore admirer en forêt de Brocéliande.

 

 

Une autre légende, raconte les amours de Ponthus et de la belle Sydoine. Fils du roi de Galice, Ponthus est chassé de son pays par les Sarrasins. Le prince fuit par la mer et rejoint le port de Vannes. Il y est accueilli par le roi de Bretagne.

A la cour du monarque, Ponthus rencontre Sydoine : ils se plaisent. Or les Sarrasins débarquent à Brest. Ils menacent la Bretagne. Une violente bataille s'engage. Ponthus fait preuve d'une grande bravoure : l'envahisseur est vaincu.

En récompense, le prince est fait connétable et le roi lui accorde la main de Sydoine. Mais jaloux, le propre ami de Ponthus, Guennelet, trahit son maître. Il le calomnie : le prince est banni de la cour.

Il se réfugie dans la forêt de Brocéliande. Sept ans se passent. Guennelet, n'ayant pu obtenir les bonnes grâces de Sydoine, décide d'en finir avec Ponthus. Le traître se rend en Brocéliande où il défie le valeureux chevalier. Un combat à mort s'engage. Plusieurs jours durant, les deux hommes s'affrontent dans un terrible et singulier duel. Au soir du douzième jour, Ponthus tranche la tête de Guennelet épuisé. Il regagne la cour du roi de Bretagne où il épouse Sydoine en justes noces. Pour commémorer sa victoire, Ponthus fera planter un hêtre sur le lieu même du combat.

 

Incendies de 1976 et 1990

En septembre 1990, la forêt de Paimpont a brûlé pendant cinq jours. Après cette catastrophe, les dons ont afflué de toute la France pour financer le nettoyage et la replantation. Pour marquer cet évènement, l'artiste François Davin a créé l'Or de Brocéliande, souvent appelé "Arbre d'Or". C'est un châtaignier doré à la feuille d'or (90 grammes d'or le recouvrent), et il est entouré de cinq arbres noirs qui symbolisent la forêt brûlée ainsi que toutes les forêts détruites par négligence ou profit. L'or symbolise l'immortalité, notamment celle de la forêt. L'Arbre d'Or est devenu la nouvelle légende de Brocéliande. L'artiste a voulu évoquer les bois d'un cerf des anciennes religions et symbolise Merlin.

 

Hotié de Viviane

 

L'hotié ou maison de Viviane est situé près du Val sans Retour. On le découvre en s'enfonçant dans les sous-bois, sur une charmante colline. Appelé aussi "Tombeau des Druides", c'est un mégalithe datant d'environ 2500 av. J.-C. De nombreuses fouilles y ont été faites et ont permis la trouvaille de nombreux objets anciens comme une hache polie en dolérite, des tessons de poteries, des éléments en silex, des pointes et des bijoux rudimentaires.

Brocéliande reste en grande partie une forêt privée. L'étang du Pas du Houx, le plus étendu de la forêt,

 

 

Le Pont du Secret

Pont du secret (Plélan-le-Grand au sud de la forêt) sur un affluent de l'Aff. La légende nous dit que le roi Arthur, au faîte de sa gloire, choisit Guenièvre pour épouse. Il envoie Lancelot du Lac, son meilleur chevalier, escorter la jeune femme au travers de la forêt de Brocéliande, jusqu'à son château de Camelot où seront célébrées les noces. Ils chevauchent côte à côte, et, franchissant le Pont du Secret, Guenièvre demande à Lancelot : «Seigneur qui est ta Dame ?» Lancelot lui répond en rougissant: «Mais c'est vous, ma Reine, et pour l'éternité...»

 

Forges de Paimpont (1653)

«Pour le promeneur qui savoure aujourd'hui le calme et la douceur du lieu, il est difficile d'imaginer que pendant près de trois siècles ce fût le siège d'une formidable aventure industrielle,» nous dit Philippe Boussin. Les Forges de Paimpont ont été parmi les plus importantes de Bretagne. Leur renommée dépassait largement les frontières de la région. Patrick de la Paumelière, propriétaire des lieux, a engagé le projet d'une complète restauration de ce site.

Lorsqu'il reçoit en héritage, il y a quelques années, les vieilles bâtisses en ruines qui bordent la digue de l'étang, il a conscience de la richesse patrimoniale dont il est alors dépositaire. Mais comme beaucoup de gens de la région, il y voit d'abord un lieu totalement à l'abandon où l'on fabriquait jadis (jusqu'en 1954) de vulgaires objets en fer et en fonte.
 

En 2004, il s'intéresse alors à l'histoire des Forges, consulte les archives et les plans d'époque, visite d'autres forges en Bretagne et en France. Il se «forge» ainsi la conviction de détenir un patrimoine unique qu'il est urgent de sauvegarder. Le site industriel de Paimpont est unique par sa beauté architecturale, sa forêt, les étangs formant un réseau hydraulique remarquable, deux hauts-fourneaux, un laminoir, une fonderie, et l'organisation de forges anciennes.

Mais la commune de Concoret qui abrite ce lieu prestigieux vit un drame épouvantable, depuis juillet 2004, un projet de création d'un important site d'enfouissement de déchets ultimes a vu le jour, un stockage permanent de déchets non retraitables au sein de la forêt merveilleuse, centre des légendes arthuriennes, de l'imaginaire féérique et lieu de visite de centaines de miliers de touristes chaque année...

 

 



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Christian MALAPLATE
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Posté le: 10 Février 2016 19:18
Sujet de la contribution: Traces_de_Lumière_du_15_février_2016_Poésie_du_Moyen_Âge

 

Chevalier de la table rondeLes Chevaliers de la Table Ronde constituent, dans la légende arthurienne, un ordre chevaleresque au service du Roi Arthur chargé de mener la quête du Graal, et assurer la paix du royaume. Ils sont parfois confondus avec les Templiers historiques, bien que rien, au-delà du fait qu’il s’agisse de deux ordres militaires, ne permette d’assimiler les uns aux autres.

  • Accolon : Fils d’Urien et demi-frère d’Yvain
  • Agravain : Fils de Lot d’Orcanie et de Morgause, neveu du roi Arthur et frère de Gauvain, Gareth, Gaheris, demi-frère de Mordred
  • Arthur : Fils d’Uther Pendragon et de Ygraine, demi-frère de Morgane et Morgause, père de Mordred
  • Bedivere : Connétable, un des plus proches conseillers d’Arthur
  • Bohort : Fils du roi Bohort de Gaunes, frère de Lionel, neveu paternel du roi Ban de Bénoïc, cousin de Lancelot et de Hector des Mares
  • Calogrenant : Cousin d’Yvain
  • Caradoc (Karadoc) : membre de la Table Ronde, a pour épouse Tegau Eurfron, une des trois plus belles femmes évoluant à la cour d'Arthur
  • Gaheris : Fils de Lot d’Orcanie et de Morgause
  • Galahad : Fils de Lancelot
  • Galehaut : ami de Lancelot est fil de Bruno et de la Belle Géante Reine des Tuatha Dé Danann
  • Gareth : Fils de Lot d’Orcanie et de Morgause
  • Gauvain : Fils de Lot d’Orcanie et de Morgause, neveu d’Arthur
  • Geraint : fils d'Erbain et le le mari d'Énide
  • Girflet : Fils de Do et cousin de Bedivere
  • Hector : Fils du roi Ban de Bénoïc, demi-frère de Lancelot, neveu paternel du roi Bohort de Gaunes, cousin de Bohort et de Lionel
  • Hunbaut : cousin de Gauvain
  • Keu : Keu le grand, fils de Kynyr Keinvarvawc aide Arthur à vaincre le Géant du Mont Saint Michel
  • Lamorak : Fils de Pellinore, et frère de Perceval
  • Lancelot : Fils du roi Ban de Bénoïc, demi-frère de Hector des Mares, neveu du roi Bohort de Gaunes, cousin de Bohort et de Lionel, emporté par Viviane, la Dame du Lac, dans un lac lors de son enfance
  • Léodagan : Père de Guenièvre
  • Lionel : Fils du roi Bohort de Gaunes, frère de Bohort, neveu paternel du roi Ban de Bénoïc, cousin de Lancelot et de Bohort
  • Méléagant : enlève la reine Guenièvre et est vaincu pas Lancelot
  • Mordred : Fils d’Arthur et de Morgause ou Morgane (sources de Wikipédia)
  • Pellinor : Père de Perceval et de Lamorak de Gulis
  • Perceval : Fils de Pellinore et frère de Lamorak de Gulis
  • Sagramor : Petit-fils de l’Empereur Adrien de Constantinople
  • Tristan : fils de Blanchefleur et Rivalen devient amoureux d'Ieult après avoir bu un filtre d'amour
  • Yvain : Fils de Morgane et du roi Urien, cousin de Gauvain


Modifié 11 Février 2016 10:16
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Christian MALAPLATE
mail
Posté le: 10 Février 2016 19:31
Sujet de la contribution: Traces_de_Lumière_du_15_février_2016_Poésie_du_Moyen_Âge

Merci pour vos mails si sympathiques:

Joëlle, Alexandre, Fabienne, Josiane, Jean, Nicole, Pierre-Alain, Antoinette, Josette, et Anne-Marie,

Hugo et Evelyne je vous invite à entrer dans la Forêt de Brocéliande (voir au début de mes réponses les mythes et légende de Brocéliande).

 

 

Brocéliande, terre de légendes

La forêt de Brocéliande, absente des cartes adminsitratives, existe pourtant et elle est située en forêt de Paimpont, là où se mêlent la nature, les légendes celtiques et les grandes épopées de la légende arthurienne.

Entre ruisseaux, étangs ou sources, telles que la fontaine de Barenton par exemple, se cachent de nombreux arbres remarquables, des vallées cachées (val sans retour ...) , les traces des fées Viviane et Morgane et, bien entendu de l'enchanteur Merlin, intermédiaire entre l'homme et la nature.

Cette réputation de forêt légendaire a été acquise pendant le Moyen Âge, grâce à de nombreux romanciers médiévaux (Robert Wace, Chrétien de Troyes...) qui y placent leurs aventures mêlant chevaliers, fées, fontaines miraculeuses et histoires d'amour.

Une forêt chargée d'histoire(s)

Le tombeau de Merlin en forêt de BrocéliandeLa forêt de Brocéliande est occupée depuis au moins 2500 ans avant notre ère. Les très nombreux monuments mégalithiques, situés au coeur de la forêt et érigés sur les points culminants du massif forestier, indiquent un rapport déjà particulier à ce que l'on appelait pas encore Brocéliande.

Au coeur de la forêt, à Paimpont, des religieux s'installent dès le VIIème siècle en créant un ermitage, bientôt transformé en abbaye. Détruite par les vikings au Xème siècle, celle-ci est reconstruite au XIIIème siècle.

C'est également l'exploitation du fer, dont le minerai est extrêmement présent dans le sous-sol de la forêt, qui a marqué l'histoire de Brocéliande et donné cette couleur rouge si particulière aux pierres du pays. Les forges de Paimpont, qui se visitent aujourd'hui, en sont un exemple très parlant.



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Christian MALAPLATE
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Posté le: 10 Février 2016 19:35
Sujet de la contribution: Traces_de_Lumière_du_15_février_2016_Poésie_du_Moyen_Âge

Chrétien de Troyes (v. 1135 – v. 1191) est un écrivain du Moyen Âge, considéré comme le premier grand romancier français.

Sa source d’inspiration se trouve dans la tradition celtique et les légendes bretonnes (la matière de Bretagne). Mais il leur confère une dimension chrétienne nouvelle, fortement imprégnée par les Chansons de geste en langue d’oïl de la seconde moitié du XIIe siècle. Le secret de son art réside dans sa capacité à opérer, selon ses propres mots, la bonne conjointure, c'est-à-dire l'alliage savamment dosé entre la matière et le sens. Considéré comme un des premiers auteurs de [roman courtois|romans de chevalerie]

Sa principale oeuvre est celle des romans de la table ronde avec pour représentant le roi Arthur. Ce personnage, à priori principal, n'est pourtant pas au centre des quêtes qu'invente Chrétien de Troyes. A l'inverse, on y trouve des chevaliers inconnus comme Yvain ou Lancelot, dont la ligne de conduite réside dans la courtoisie. La base de ses romans est bien souvent la quête implicite du personnage vers la reconnaissance et la découverte de soi, comme vers la découverte des autres, à l'image d'une intégration à la cour et de l'amour de la reine Guenièvre. A l'inverse de la chanson de geste, dont le thème est patriotique (histoire de Charlemagne par Roland par exemple) et dont la quête est dite \"collective\", le roman du XIIIème siècle propose une quête personelle du chevallier, quasi-intime.

La cour du roi Arthur est un lieu fixe dans tous les romans de Chrétien de Troyes. Cette dernière est bien sûr imaginée par l'auteur, qui se base sur des croyances populaires Celtes et Anglo-Normandes. La cour est un point de repère idéal pour les romans de la table ronde, elle est le lieu de la plénitude où reignent la grande vie et les bien en abondance. Les aventures de la table ronde trouvent leur source d'existence dans la femme, dans l'être aimé. On peut penser que ces oeuvres ont ouvert à la littérature le monde de l'Amour avec un grand A. Chrétien de Troyes oppose déja cet Amour à la Raison, et c'est ce symbole (plutôt que signe) qui marquera durablement la littérature Française. Si le thème de la courtoisie disparaitra peu à peu de l'histoire littéraire, au fil de l'avancement des moeurs populaires; le thème de l'amour, lui, s'y ancrera très profondément.

Ouvrages

 

  • Tristan et Iseult (perdu) ;
  • Érec et Énide, vers 1170 ;
  • Cligès, vers 1176 ;
  • Lancelot ou le Chevalier de la charrette, roman de Lancelot, vers 1175-1181 (inachevé) ;
  • Yvain ou le Chevalier au lion, roman d'Yvain, vers 1175-1181 ;
  • Perceval ou le Roman du Graal ou roman de Perceval, vers 1182-1190 (inachevé).


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Christian MALAPLATE
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Posté le: 10 Février 2016 19:38
Sujet de la contribution: Traces_de_Lumière_du_15_février_2016_Poésie_du_Moyen_Âge

Lancelot est un personnage du cycle des romans de la Table Ronde et le héros éponyme du roman de chevalerie Lancelot du Lac, écrit au XIIIe siècle en langue romane par un auteur anonyme. Cependant, il est surtout connu pour le roman courtois de Chrétien de Troyes le Chevalier de la charrette, composé entre 1177 et 1181 à la demande de la comtesse Marie de Champagne, fille d’Aliénor d’Aquitaine.

Il est l’un des chevaliers de la Table Ronde, faisant ainsi partie du cycle du Graal. Lancelot est l’archétype du chevalier courtois, au service indéfectible de sa dame , étant même prêt à sacrifier son honneur pour rejoindre celle-ci. Cependant, cet amour sera à l’origine de sa perte et l’empêchera de contempler le Saint Graal : seul son fils, Galahad le Pur, aura ce privilège.

Il est à noter cependant qu’un second Lancelot du Lac, écrit en provençal et seulement connu par une version allemande, lui prête des aventures quelque peu différentes.

De la naissance à l’adolescence

Malgré la diversité des récits, on peut tout d’abord retenir que Lancelot, dont le nom de baptême est Galaad, est le fils du roi Ban de Bénoïc et de la reine Élaine. Il est donc l’héritier de la Bretagne armoricaine, mais il est aussi et surtout le descendant d’une lignée prestigieuse, remontant notamment à Joseph d’Arimathie, le personnage biblique ayant recueilli le sang du Christ dans le Saint Graal et ayant apporté celui-ci en terre bretonne.

Le château de son père, situé au bord d’un lac au cœur de la forêt de Brocéliande, était réputé imprenable. Cependant, lors d’une campagne aux côtés du roi Arthur, le roi Ban de Benoïc mourut en quittant son chateau qui brûlait, laissant seule sa femme enceinte. Quelques mois après sa naissance, le jeune Galaad est enlevé sous les yeux de sa mère par une créature venant du fond du lac, et disparaît, croit-elle, à jamais.

Ce lac était en fait la demeure de la fée Viviane, aussi appelée « la Dame du Lac », et était la passerelle vers l’île enchantée d’Avalon, pays des mages et sorciers. La fée Viviane, car c’était elle, avait enlevé Galaad pour l’emmener en son palais sous-marin, et l’éduquer comme un fils. Elle décida donc de l’appeler Lancelot du Lac. Pendant 18 ans, elle l’éduqua à dessein d’en faire le chevalier parfait : chasse, musique, combat mais aussi courtoisie et noblesse d’esprit.

La Douloureuse Garde

Parvenu à l’âge de 18 ans, il pressa la fée Viviane de l’introduire auprès du roi Arthur pour être adoubé chevalier. Grâce à son appui, mais aussi grâce à l’aide du chevalier Gauvain, neveu du roi, il fut fait chevalier le lendemain même, jour de la Saint-Jean. C’est durant cet adoubement qu’il remarque celle qui sera sa dame, mais qui provoquera aussi sa perte, la reine Guenièvre. Ébloui par celle-ci, il va à sa rencontre et lui propose de devenir son chevalier, ce qu’elle accepte : le coup de foudre est réciproque. Cependant, dès la fin de la cérémonie, une jeune fille vient le trouver et lui apprend qu’il doit prendre la route sur-le-champ, afin de délivrer des maléfices le château de la Douloureuse Garde. Celle-ci lui remet, de la part de la Dame du Lac, un écu à trois bordures rouges, qui décuplera sa force au combat.

Après avoir chevauché toute la journée, il arrive enfin au sinistre château : derrière les portes de la double enceinte, vingt chevaliers gardent prisonniers les villageois et attendent de le tailler en pièces. Grâce à l’écu de Viviane, il arrive pourtant à venir à bout de ses adversaires et fait ainsi sien ce château, le rebaptisant du même coup château de la Joyeuse Garde. Il repart pourtant immédiatement vers Carduel, impatient de revoir sa dame. Mais en longeant le cimetière du château, une tombe, surplombée d’une épée en or, attire son attention. Il s’en approche et parvient à déchiffrer l’inscription : « Ici reposera Lancelot du Lac, fils du roi Ban de Benoïc et vainqueur de la Douloureuse Garde ». Il apprend donc en même temps le secret de sa naissance et celui de sa mort.

La charrette de honte et le Pont de l’Épée : des épreuves à son amour pour la reine

À son retour, il est fêté par l’ensemble de la cour, plus particulièrement par la reine. Arthur en fait alors son principal relais pour la mission de quête du Graal. Lancelot est en effet le meilleur des chevaliers de la Table Ronde, souverain en courtoisie, en tournoi et au combat. Lancelot, au cours de ses aventures, pourra même apercevoir le Graal par deux fois. Cependant, son amour interdit pour la reine l’empêchera d’avoir accès à ses mystères.

Au fil des tournois et des combats, sa réputation ne cesse de grandir, tout comme son amour pour Guenièvre. Or, un jour où Lancelot était absent de la cour, Méléagant, fils du roi de Gorre, vient défier les chevaliers. Ainsi, il affirme détenir prisonniers dans son château un certain nombre de chevaliers et propose de les libérer si quelqu’un réussit à le vaincre en combat singulier. Dans le cas contraire, il enlèvera la reine Guenièvre. Seul le sénéchal Keu accepte et relève le défi.

Le lendemain, Keu et Guenièvre se présentent à l’orée de la forêt, où les attend Méléagant. Après un très court combat, Keu se retrouve à terre. Méléagant saisit alors la reine et le chevalier, et s’apprête à s’en aller lorsque Lancelot, arrivant à grand galop, s’élance sur le prince de Gorre. Il réussit à le blesser à l’épaule, mais Méléagant enfonce son épée dans les flancs du destrier de Lancelot et prend la fuite.

Lancelot se retrouve alors seul, loin de tout mais surtout privé de son cheval. Il se met donc à marcher à travers la forêt pendant des heures. Il aperçoit soudain, au bord du chemin, un nain conduisant une charrette à bestiaux, sale et vermoulue. Il demande à celui-ci s’il n’a pas vu passer l’équipage constitué de Méléagant, Guenièvre et Keu. Le nain lui répond qu’il pourra le mener à sa dame à la condition de monter sur la charrette. Lancelot hésite : seuls les brigands et les hommes de peu de foi se déplacent en cet attirail, mais c’est pourtant sa seule chance de revoir la reine. Il se résout donc à monter sur cette charrette de la honte. Commence alors un éprouvant voyage : sur le chemin, tous se moquent de cet attelage d’un nain et d’un chevalier misérable. Finalement, la charrette arrive à un château où ils passent la nuit.

Dès l’aube, le nain réveille Lancelot : il a vu la reine Guenièvre emmenée par des gardes. Après avoir chevauché nuit et jour, il parvient aux abords du château de Baudegamu. Mais il n’est pas au bout de ses peines : il doit en effet franchir le terrible Pont de l’Épée, une immense épée tranchante comme un rasoir posée entre deux rives. Ce pont, situé au-dessus d’une eau noire et glacée, est gardé par deux lions. Ne pensant qu’à sa dame, il enlève ses gants et s’enduit de poix, matière visqueuse, pour éviter la chute. Après maintes coupures, il rejoint enfin l’autre rive de laquelle les lions ont, par enchantement, disparu. Devant cet exploit, Lancelot est acclamé et le roi Baudegamu propose alors de libérer tous les prisonniers, mais Méléagant refuse et défie Lancelot. Dès le lendemain, le combat entre Lancelot et Méléagant débute. Malgré toutes les épreuves qu’il a subies, Lancelot a rapidement le dessus. Baudegamu ordonne alors l’arrêt du combat, et Lancelot peut ainsi repartir pour Camelot avec sa dame.

Un amour fatal

Malgré cet exploit, la proximité de Lancelot et Guenièvre est vue d’un mauvais œil, et leur relation rapidement éventée. Un soir, alors qu’il avait rejoint Guenièvre dans sa chambre après un banquet, il est surpris par Arthur. Celui-ci voit donc ses soupçons confirmés, et décide alors de le faire arrêter. Lancelot réussit à s’enfuir, mais doit abandonner sa dame. Selon les lois du royaume, celle-ci a trahi et doit donc mourir : elle montera sur le bûcher.

Le jour dit, les soldats hésitent à s’emparer de la reine : son aura est encore intacte. Alors que celle-ci avance d’elle-même vers le lieu du supplice, une trentaine de cavaliers arrivent à bride abattue : c’est Lancelot qui, à leur tête, vient enlever Guenièvre. Mais les chevaliers d’Arthur veillent : après une rude bataille, dans laquelle Lancelot tue Agravain et Gahieret, le neveu et le frère de Gauvain, seuls Gauvain et Lancelot sont en mesure de se battre. Arthur voit alors s’affronter ses deux meilleurs chevaliers, autrefois amis. Il leur demande d’éviter ce massacre inutile mais la détermination de Gauvain est grande. Dans cet ultime combat entre deux adversaires de même valeur, Lancelot finit par prendre le dessus et assène un coup fatal. Il demande alors à Arthur la faveur d’arrêter le combat et de retourner dans sa Gaule natale. C’est ainsi qu’il quitte le roi Arthur, pour rejoindre l’ermitage de ses derniers jours et ne plus revoir son roi et sa dame.



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Christian MALAPLATE
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Posté le: 10 Février 2016 19:41
Sujet de la contribution: Traces_de_Lumière_du_15_février_2016_Poésie_du_Moyen_Âge

Merlin l'enchanteur

Danielle Quéruel
 
Le personnage de Merlin est une figure mythique qui s'est construite grâce à la fusion de traditions orales d'origine galloise et de réécritures successives de la légende au cours du Moyen Age. Lié aux forêts et aux lieux sauvages, incarnant une sorte d'esprit universel en lien avec les rythmes cosmiques de la nature, l'enchanteur met ses pouvoirs au service de la Bretagne. Entre ses apparitions au milieu des hommes et à la cour, il rejoint dans la forêt de Northumberland une demeure appelée "l'Esplumoir" par les auteurs du Lancelot-Graal. Là l'attend un prêtre nommé Blaise qui a pour mission de consigner l'histoire du royaume breton.
 
Merlin redevient sauvage à certains moments de l'année. Velu et hirsute, son apparence rappelle ses traits sauvages et primitifs. Il a pour capacité de déjouer le cycle traditionnel des âges de la vie et le cours du temps : dès sa naissance, il paraît plus âgé, capable de raisonner et de parler comme un sage. S'exprimant par énigmes, il révèle aux hommes le futur en termes obscurs. Le trait mythique le plus important qui caractérise Merlin est son pouvoir de métamorphose : être protéen, il peut à volonté prendre la forme d'un animal, en particulier d'un cerf, créature liée à la forêt et symbole de souveraineté, ou parfois l'apparence d'un homme sauvage ou d'un gardien des bois, mi-homme mi-animal. Selon les circonstances, il revêt d'autres formes : celle d'un paysan ou d'un moine ou celle d'un enfant ou d'un vieillard. Il a aussi le pouvoir de transformer les autres ; ainsi grâce à lui le roi Uter prend l'apparence de son vassal, le duc de Tintagel et peut ainsi confondre et séduire sa femme Ygerne. Omniscient, Merlin domine la condition humaine et se met au service des hommes.
 
 

Les sources celtiques

 
 

Quelques rares textes celtiques - des poèmes rédigés en moyen-gallois tels que Afallennau Myrddin ("Pommiers de Merlin"), Yr Oianau ("Le Porcelet") ou Ymddiddan Myrddin a Thaliesin (Le dialogue de Merlin et de Taliesin") et datés du XIIe siècle - présentent un personnage nommé Myrddin qui aurait vécu au VIe siècle : prince ayant perdu l'esprit à la bataille d'Arferdydd en assistant à la mort de son seigneur Gwendolleu, il se cache dans les forêts et possède un don prophétique qu'il met au service de ceux qui le rencontrent.

Les auteurs bretons - en particulier Geoffroy de Mommouth dans la Vita Merlini rédigée en vers latins vers 1148 - reprennent cette tradition celtique et construisent un personnage de devin appelé à une grande célébrité. Merlin vit dans la forêt comme une bête en proférant d'étranges prophéties. Retrouvant la raison grâce à une eau miraculeuse, il refuse de rejoindre la cour du roi Rodarchus dans le Nord de l'Angleterre où l'attendent sa soeur Ganieda et sa femme ; il reste dans les bois, observant les astres, en compagnie d'un barde gallois Thielgesinus et d'un autre devin Maelsin.

C'est dans un autre texte de Geoffroy de Mommouth, l'Historia Regum Britanniae, que Merlin est rattaché pour la première fois à Arthur et à l'histoire de Bretagne. Merlin est alors contemporain de Vertigier, usurpateur du royaume breton, et "enfant sans père" prophétise la fin prochaine du tyran, puis vient en aide aux souverains légitimes Uter et Pandragon, devenant ainsi le conseiller des princes.

 
 

L'enchanteur à l'origine du royaume de Bretagne

 

Merlin apparaît dans l'histoire de la Bretagne avant l'époque d'Arthur, alors que le pays est encore sous la menace des Saxons et sous la domination de Vertigier. Sa première mission est de débarrasser la Bretagne de cet usurpateur et de redonner leur place aux deux fils du roi Constant, héritiers légitimes du trône, Uter et Pendragon. La tour élevée par le roi Vertigier afin de lui servir de refuge imprenable s'écroule chaque nuit au fur et à mesure de sa construction, symbolisant la fragilité de son règne. Seul Merlin sait que sous la tour se trouve un étang dans lequel dorment deux dragons. Eveillés, ils s'affrontent dans un combat mortel dont Merlin donne la signification : le dragon blanc, victorieux, représente les deux fils du roi Constant qui viennent récupérer leur royaume et le dragon rouge est l'usurpateur Vertigier dont la mort est ainsi annoncée.
Merlin s'impose ainsi comme le protecteur des rois légitimes et les aide à se débarrasser des envahisseurs saxons. C'est lui aussi qui après la victoire des Bretons contre le saxon Hengist fait ériger un monument commémoratif pour rendre hommage à la mémoire des guerriers bretons et en particulier à celle du roi Pendragon. Usant de magie, il fait transférer dans la plaine de Salesbières un immense cercle de lourdes pierres levées qui se trouvent en Irlande, au sommet du mont Killara, la "Carole des Géants", qui désormais compose l'étrange monument dressé à Stonehenge. Merlin dès lors devient le conseiller et le familier des rois, mettant ses pouvoirs magiques à leur service, en particulier au service d'Uterpandragon.

 
 

Merlin entre Dieu et diable

 

La naissance extraordinaire de Merlin est à peine suggérée dans les textes les plus anciens. Elle est mise en scène par Robert de Boron dans son roman de Merlin au début du XIIIe siècle. Né d'une mère vierge et chaste, mais abusée par un démon mâle, un incube capable de s'unir aux mortelles, Merlin est issu du combat qui oppose le ciel et l'enfer. Les diables, furieux que Dieu ait permis à son fils Jésus de s'incarner, de se mêler aux humains et de racheter ainsi le péché originel, inventent cet Antéchrist destiné à combattre et à anéantir l'ouvre du Sauveur : c'est Merlin. Mais la mère de Merlin est une sainte jeune fille qui a été trompée, "engignee", et ne peut être accusée d'avoir péché. Merlin, au cour de cette lutte entre les forces du mal et du bien, choisit le camp de Dieu et dès lors se met au service de la religion chrétienne.
Ce sont donc des rois chrétiens que Merlin aide à s'installer sur le trône de Bretagne. L'élection d'Arthur qu'il favorise est voulue par Dieu et la chronique des rois bretons s'inscrit dans la christianisation de la Bretagne. La voix de Merlin s'élève pour rappeler que le premier devoir du souverain est la loyauté envers Dieu.
C'est également sous le règne d'Uter que Merlin, selon certains textes, a créé la Table ronde pour réunir les meilleurs chevaliers et lui-même en choisit cinquante pour former une sorte de communauté quasi-religieuse qui symbolise le nouveau visage de la chevalerie. La Table ronde présente une place vide destinée à celui qui aura l'agrément de Dieu et c'est Merlin qui explique que cette Table doit être comprise comme l'une des répliques de la Table de la Cène et de la Table du Graal établie par Joseph d'Arimathie sur l'ordre de Jésus pour séparer les bons des méchants. Tout est en place grâce à Merlin pour que le règne d'Arthur soit profondément chrétien et que la quête du Graal puisse avoir lieu.

 
 

Merlin et la naissance du roi Arthur

 

La naissance du roi Arthur se passe dans des circonstances exceptionnelles et romanesques. Le roi Uterpendragon, sur les conseils de Merlin, instaure l'usage de convoquer tous ses vassaux à sa cour lors des grandes fêtes de l'année. Le duc de Cornouaille y vient à Noël accompagné de son épouse Ygerne, femme d'une grande beauté, vertueuse et fidèle. Le roi, qui à cette époque n'était pas marié, tomba éperdument amoureux de cette femme et, oubliant qu'elle était la femme de son vassal, lui fit des avances. Ygerne avertit son mari qui quitte la cour et enferme sa femme dans son château de Tintagel. Ne pouvant prendre le château en l'assiégeant, Uter a recours à Merlin qui lui promet de l'aide en échange d'un don dont il ne précise pas la nature. Merlin donne alors au roi l'apparence du duc de Cornouaille, à son conseiller Ulfin celle d'un conseiller du duc et lui-même prend l'apparence d'un compagnon du duc. Profitant de l'absence du mari parti au combat, les trois hommes s'introduisent dans le château où Ygerne les reçoit à bras ouverts. Elle ne se rend pas compte que celui qui est dans ses bras n'est pas son mari. Arthur est engendré cette nuit-là. Le lendemain, on apprend que le duc a été tué pendant la nuit. Le roi peut épouser Ygerne.
Merlin cependant réclame son dû : l'enfant qui a été engendré dans ces circonstances et dont Ygerne qui est le père. Merlin sous l'apparence d'un vieillard vénérable prend l'enfant et le confie à Auctor en lui demandant de le faire baptiser, de l'appeler Arthur et de l'élever. Ainsi c'est le prophète et le magicien qui est responsable de la conception et de la naissance d'Arthur et qui organise le destin du futur roi de Bretagne.
 

 


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Christian MALAPLATE
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Posté le: 10 Février 2016 19:46
Sujet de la contribution: Traces_de_Lumière_du_15_février_2016_Poésie_du_Moyen_Âge

Qu'est-ce que le Graal ?

Denis Hüe
 
Le mot graal est un nom commun, employé, semble-t-il, dans l'Est de la France pour désigner des ustensiles domestiques : vase, mortier ou écuelle. Plusieurs étymologies ont été proposées : le gallois "griol" doit être éliminé et, sans doute, faut-il préférer le latin "cratalis", au sens de "plat".
Au Moyen Âge, le graal semble être un plat large et creux, proche de l'écuelle où l'on mange à plusieurs. Des mots de la même famille sont attestés en Provence et dans les Alpes.
 
 
 

De multiples formes

La première apparition du Graal se rencontre chez Chrétien de Troyes vers 1170-1180 : dans Perceval ou le Conte du Graal, une jeune fille porte un graal dans une procession à l’occasion du repas chez le Roi Pêcheur. Il s’agit alors d’un objet courant, un plat ou un récipient, dont la nature merveilleuse n'est pas explicitée. Resté inachevé, le roman a donné lieu à d’immenses développements.
Diverses versions donnent du Graal des descriptions radicalement différentes.
Chez Robert de Boron, c’est une coupe semblable au calice liturgique.
Chez Wolfram von Eschenbach, auteur du Parzival que Wagner reprendra, c’est une sorte de pierre nommée lapsit exillis, liée à la chute des anges.
La Continuation Gauvain le présente comme une corne d’abondance, flottant au milieu de la salle.
Elle sera de nouveau portée par une jeune fille dans la Troisième continuation de Manessier.
Dans le Peredur gallois, c’est un plateau d’argent porté par deux jeunes filles, sur lequel la tête d’un homme baigne dans le sang.

 
Avec Robert de Boron, au début du XIIIe siècle, le Graal devient la coupe qui a servi à l’Eucharistie, et qui a recueilli le sang du Christ sur la Croix : ce sera la version la plus largement diffusée en France et en Angleterre, notamment à travers les grandes compilations du cycle du Graal.
 


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Christian MALAPLATE
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Posté le: 10 Février 2016 19:47
Sujet de la contribution: Traces_de_Lumière_du_15_février_2016_Poésie_du_Moyen_Âge

Le cycle du Graal

Irène Fabry
 
Composé en prose française dans les années 1220-1230, un immense cycle du Graal – appelé "Lancelot-Graal", "Lancelot en prose", ou "Grand Saint-Graal" – compile toutes les légendes arthuriennes dans une perspective chrétienne. Cette Vulgate constitue la forme la plus répandue de la légende arthurienne, comme l'atteste sa riche transmission manuscrite. Elle est constituée de cinq romans : l'Histoire du Saint Graal, le Merlin en prose, le Lancelot en prose, la Quête du Saint Graal et la Mort du roi Arthur, qui jouent un rôle décisif dans la diffusion de la légende du Graal et sa mise en forme. L'ensemble donne ainsi un tableau extensif et chronologique de l'histoire du Graal et de sa translation d'Orient en Occident, depuis les temps christiques jusqu'à la fin du royaume arthurien, en particulier dans l'Histoire, qui raconte les origines du Graal, et dans la Quête qui raconte les aventures des chevaliers arthuriens partis à la recherche de cet objet saint.

L'Histoire du Saint-Graal

 
 

Le prologue de l'Histoire s'efforce de sacraliser sa matière et se sert du Graal pour détourner à son profit l'autorité du texte biblique. L'Histoire transforme le Graal en relique christique sacrée et vénérée mise sur le même plan que les instruments de la passion qui sont l'objet d'une dévotion particulière au Moyen Âge. La définition du Graal et sa caractérisation se font de manière progressive au cours du roman. Le "graal" n'est d'abord mentionné que comme la sainte "écuelle" jusqu'à la conversion des premiers Sarrasins. Il est alors désigné comme un "vase" (vaissel), avant de prendre définitivement le nom de "graal". Petit à petit, on ne représente plus le Graal comme une écuelle ou un plat, mais comme une coupe ou un ciboire. Le Graal est une relique dotée d'un double caractère sacré puisque le Christ y a pris son dernier repas et que Joseph d'Arimathie l'utilise comme réceptacle du Précieux Sang. Il est en outre conservé dans une arche sainte dotée de propriétés merveilleuses et interdite d'accès au commun des mortels, qui n'est pas sans rappeler l'arche d'alliance conservant les Tables de la Loi données à Moise et au peuple d'Israël dans le désert. Derrière le service sacré du Graal se lit le rituel eucharistique avec une insistance sur la distinction entre les hommes justes, purs, élus par Dieu, dignes d'y accéder, et les pécheurs qui en sont écartés.

 
 

La Quête du Graal

 

Dans la Quête du Saint Graal, récit allégorique et mystique où se font sentir l'influence cléricale et l'esprit cistercien, les aventures "célestielles" s'opposent aux entreprises terriennes et la figure de Galaad prend le pas sur celle de Lancelot. C'est à partir de la mise en série des différentes tables du Graal que se développent les aventures arthuriennes. À la Cène où le Christ a pris son dernier repas en compagnie de ses apôtres, préfiguration de son sacrifice eucharistique, a succédé du temps de Joseph d'Arimathie le service du Graal. Dans la Quête, c'est l'assemblée des chevaliers de la Table ronde qui est honorée du passage du Graal à travers une célébration merveilleuse. Cette épiphanie suscite le départ des chevaliers arthuriens en quête du Graal, conservé au château de Corbénic par la lignée des rois du Graal. Toutes les aventures inachevées mises en place dans l'Histoire du Saint Graal vont alors connaître leur résolution grâce à la venue du chevalier élu, Galaad le pur, le fils de Lancelot et de la fille du roi Pellès. La perte du Graal et son retour en Orient dans la ville de Sarras résultent de la corruption des habitants de Grande-Bretagne et correspondent à la fin des aventures merveilleuses associées à cet objet. Après la mort de Galaad, le dernier roman du cycle s'achemine ainsi inéluctablement vers la mort du roi Arthur, la disparition de ses chevaliers, et la destruction de son royaume.

 


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Christian MALAPLATE
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Posté le: 25 Février 2016 06:46
Sujet de la contribution: Traces_de_Lumière_du_15_février_2016_Poésie_du_Moyen_Âge

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Ma seule amour...

Ma seule amour, ma joye et ma maistresse,
Puisqu'il me fault loing de vous demorer,
Je n'ay plus riens, à me reconforter,
Qu'un souvenir pour retenir lyesse.

En allegant, par Espoir, ma destresse,
Me couvendra le temps ainsi passer,
Ma seule amour, ma joye et ma maistresse,
Puisqu'il me fault loing de vous demorer.

Car mon las cueur, bien garny de tristesse,
S'en est voulu avecques vous aler,
Ne je ne puis jamais le recouvrer,
Jusques verray vostre belle jeunesse,
Ma seule amour, ma joye et ma maistresse.



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Christian MALAPLATE
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Posté le: 25 Février 2016 14:35
Sujet de la contribution: Traces_de_Lumière_du_15_février_2016_Poésie_du_Moyen_Âge

  • La Poésie :
    • La littérature du Moyen Âge s'exprime d'abord en vers. La prose est rare et n'apparaîtra qu'assez tard. La littérature chantée est en vers, la littérature écrite est en latin.
      Les types de littérature en vers sont:
    • La poésie du Moyen Âge est chantée, notamment par les Jongleurs. L'épopée est un bel exemple de cet art littéraire chanté, par exemple la Chanson de Roland
      Victor Hugo* a défini l'épopée comme"l'histoire écoulée aux portes de la légende." L'épopée raconte les exploits légendaires de la guerre, les hauts faits des familles aristocratiques ou encore les événements contemporains.
  • Le Roman du Moyen Âge se sépare en trois grandes catégories :
    • les Romans antiques - Caractère commun à tous ces romans (déformation de l'antiquité); les principaux romans de cette catégorie sont: le Roman de Thèbes (écrit vers 1150), le Roman de Troie (écrit vers 1160), d'Enéas (écrit vers 1170), de Jules César (écrit au début du XIIIème siècle), d'Alexandre (commencé au XIIème siècle), Piramus (écrit au XIIème siècle)

    • les Romans bretons - Sources des romans bretons (la Légende d'Arthur); Caractère général (l'Amour courtois); les principaux romans de cette catégorie : Tristan et Yseult (raconté vers 1170 et vers 1190), les Lais de Marie de France (écrits vers XIIème siècle), les romans de Chrétien de Troyes entre 1160 et 1175 (Cligès, Erec et Enide, le Chevalier à la Charette, Perceval, le Chevalier au Lion), les romans en prose de Robert de Boron*.

    • les Romans idylliques et d'aventures - Principaux romans idylliques : Floire et Blanchefleur , l'Escouffe (XIIème siècle), Aucassin et Nicolette (XIIIème siècle), Galeran de Bretagne (XIIIème siècle).
  • Le lyrisme est une expression rythmée des sentiments personnels.
    Le lyrisme médiéval ne se sépare pas de la musique. La popularité du lyrisme concerne surtout les XIIème et XIIIème siècles.
    Les types de lyrisme sont :
    • le Lyrisme aristocratique - par les"Trouvères" qui sont de grands seigneurs ou des lettrés; les oeuvres des trouvères sont destinées aux cours des grands seigneurs et des rois et elles sont un ornement de la vie aristocratique.
    • la Chanson de toile - une transition entre le récit épique et la chanson où les femmes la chantaient en filant.
    • le Lyrisme courtois - le thème habituel est l'Amour courtois; l'amour célébré est avoué par la raison. La Dame, qui reste impersonnelle, est douée de toutes les vertus dans ces récits d'amour.
  • Les Chroniqueurs sont les"historiens" du XIIème et XIIIème siècles, (si on peut les comparer ainsi!). Ils racontent ce qu'ils ont fait ou ce qu'ils ont vu. Les deux principaux chroniqueurs sont Geoffroy de Villehardouin (1164-1213) et Jean de Joinville (1225-1317).

  • La poésie populaire se divise en deux périodes :
    • le Moyen Âge chevaleresque
    • le Moyen Âge populaire
      La poésie populaire se divise aussi en diverses formes :
      • chanson lyrique - chansons à danser et chansons satiriques dont les Trouvères se sont inspirés, en y rayant le caractère populaire.
      • Satire - Ruteboeuf, poète; ses oeuvres satiriques - contre les moines Les Ordres de Paris, contre l'Université, contre l'Eglise La complainte de sainte Église, contre la société L'État du monde.
      • Fable - L'Ysopet de Marie de France (XIIème siècle).
      • Fabliaux- ce sont des"Contes à rires en vers", joyeux, satiriques, grossiers. Les principaux fabliaux : Les trois aveugles de Compiègne, le Vilain Mire, la Housse partie.
      • Roman de Renart - c'est une collection de récits dont les personnages sont des animaux (XIIème au XIVème siècles).
  • La littérature d'Eglise est aussi un genre de littérature du Moyen Age :
    • la prédication - au XIIème siècle : le recueil de Maurice de Sully; au XIIIème siècle : le latin macaronique (latin mêlé de français); et les contes dévots
    • les genres didactiques - caractère : l'allégorie#; bestiaires#, lapidaires#, volucraires#; images du monde; traités d'éducation; bibles et traités de morale; batailles et débats
    • le Roman de la Rose - les deux Romans celui de Guillaume de Lorris et celui de Jean de Meung.


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Christian MALAPLATE
mail
Posté le: 01 Mars 2016 20:04
Sujet de la contribution: Traces_de_Lumière_du_15_février_2016_Poésie_du_Moyen_Âge

Envoi par mail  le 26 février  2016 à 16h30 –

Votre émission sur la quête du graal a été une véritable occasion de me replonger avec plaisir dans ce Moyen-Age plein de mystères, de légendes et de cheminement spirituel. Je vous remercie pour toute la documentation précieuse que j’ai trouvée sur le site Forum Brassens Traces de Lumière à propos du Graal.

Bien cordialement.

Jean-Antoine Dupré -



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Christian MALAPLATE
mail
Posté le: 01 Mars 2016 20:10
Sujet de la contribution: Traces_de_Lumière_du_15_février_2016_Poésie_du_Moyen_Âge

Envoi par mail le 28 février 2016 à 09h30-

Merci pour tous les renseignements donnés sur la forêt de Brocéliande. Nous avons décidé mon mari et mes enfants de nous rendre à Pâques dans cette forêt. Nous allons écouter d’autres émissions de Traces de Lumière.

Famille CHAROTTEAUX dans le Poitou-



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Christian MALAPLATE
mail
Posté le: 12 Juillet 2016 19:43
Sujet de la contribution: Traces_de_Lumière_du_15_février_2016_Poésie_du_Moyen_Âge

Mail reçu le 23 juin 2016 à 09h23

De retour de Bretagne, votre émission et vos différents textes sur la quête du Graal m'avaient donné envie de me rendre dans la forêt de Brocéliande- je vous confirme que j'ai croisé des chevaliers et des fées, et j'ai même pris en stop le roi Arthur.Bravo pour votre émission; Je suis devenu fidèle internaute de votre site. Je me laisse porter par les légendes arthuriennes. Avec un grand et amical bonjour -

Joan PIERRIC Veretz

 

 

 



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