Emission Prélude du 15 Janvier 2018 : Venise au temps de Vivaldi

Antonio Lucio Vivaldi,né le 4 mars 1678 à Venise et mort le 28 juillet 1741 à Vienne, est un violoniste et compositeur italien1

Imaginez-vous dans la peau d'un compositeur si célèbre qu'il en devient une attraction touristique. Des inconnus vous abordent et vous demandent de leur écrire une pièce en souvenir de leur passage dans votre ville. Ce musicien, c'est Antonio Vivaldi (1678-1741), l'un des géants de l'ère baroque.

Vivaldi a connu des rois et des princes, et a même joué du violon devant le pape à deux reprises. Après sa mort, bizarrement, sa musique a été oubliée pendant deux siècles. Elle n'a été redécouverte qu'au milieu du XXe siècle. Vivaldi jouit désormais d'une immense popularité, semblable à celle qu'il a connue de son vivant. Tâchons d'en apprendre davantage sur cet homme remarquable et l'époque à laquelle il a vécu.

Antonio est issu d'une famille nombreuse. Il avait quatre frères et quatre sœurs. On sait peu de choses de son enfance, hormis le fait que dès l'âge de quinze ans, il a entrepris des études menant à la prêtrise. Ordonné prêtre en 1703, il n'a toutefois dit la messe qu'en de rares occasions. On le surnommait « le prêtre roux » à cause de sa chevelure flamboyante.

Vivaldi était atteint d'un mal qu'il appelait une « étroitesse de poitrine », et qui porte aujourd'hui le nom d'asthme. Néanmoins, ses problèmes de santé ne l'ont pas empêché d'apprendre le violon et la composition, et de mener un grand nombre d'activités musicales. On ne lui connaît pas d'autre professeur que son père, avec qui il lui arrivait de jouer du violon à l'église.

En 1703, Vivaldi est devenu professeur de musique à l'école de l'Ospedale della Pietà (Hospice de la Charité), appelée ainsi parce qu'elle était rattachée à un hôpital. La renommée musicale de la Pietà était si grande que Vivaldi y gagnait dès le début deux fois plus que son père, lequel travaillait pourtant à Saint-Marc, l'église la plus importante de la ville. Vivaldi a passé presque toute sa vie professionnelle à la Pietà. Il y a écrit des centaines de compositions orchestrales et chorales pour les jeunes filles de l'orphelinat.

Après 40 ans de service, Vivaldi a quitté la Pietà pour aller à Vienne, où il devait travailler pour un ami de jeunesse devenu l'empereur Charles VI. Mais celui-ci est mort subitement, victime d'un empoisonnement alimentaire, et personne d'autre à Vienne n'a voulu de Vivaldi. Le compositeur a lui-même succombé l'année suivante, le 28 juillet 1741, à une inflammation interne, ce qui pouvait avoir bien des significations à l'époque. Il a été enterré dans le plus grand dénuement. L'emplacement de sa tombe a été perdu; ses restes reposent probablement sous un centre commercial ou une tour à bureaux.

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Mots-clés du thésaurus:  PRELUDE  


Commentaires
04 Mars 2018 09:34 - Christian MALAPLATE
VIVALDI

- Venise au temps de VIVALDI-

Du temps de VIVALDI,  le carnaval était plus vécu que joué. Presque toutes les audaces étaient permises, pratiquement dans un climat d’insolence assez étonnant, où le peuple souvent se moquer impunément des religieux et des aristocrates. Le carnaval de Venise était une forme d’art de vivre. Et la bauta : ce masque vénitien était aussi célèbre que la gondole. Pendant le carnaval une foule désordonnée et heureuse aux nombreux costumes improvisés, s’animait au milieu de polichinelles ou de dominos au masque blanc livide et glacé, d’arlequins au masque de cuir noir grotesque, boursouflé, ironique ou joufflu. Beaucoup d’historiens à propos de Venise écrivent : « il en est des maisons de Venise comme de leurs habitants qui parfois se confondent et s’effacent comme derrière l’ombre d’un secret, pour reprendre la nuit venue leur véritable aspect. Dans chaque maison de Venise, du Palais princier à l’habitation la plus humble, il existe ce mystère et ce goût du travesti qui pourraient satisfaire le plus insatiable chasseur de fantastique. Des étages nobles jusqu’aux sous-sols où le ressac de l’eau des canaux éveille de bizarres échos, la ville entière à la tombée du jour se prépare à la célébration d’un carnaval fantasque et les lieux familiers, soudain au clair de lune, s’enveloppent d’une énigmatique et singulière beauté, comme se métamorphosent, dans le silence des ruelles, des personnages étranges et fascinants autant qu’anachroniques… »

Dans cette ambiance en particulier, Antonio VIVALDI se lance dans une furie de composition et sa musique devient le reflet de sa ville tantôt tendre, légère et insouciante, tantôt mélancolique et rêveuse.

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