Emission Prélude du 28 Mai 2018 : Darius Milhaud, l'homme et son désir

Darius Milhaud, est un compositeur français né à Aix-en-Provence en 1892 et mort à Genève en 1974.

L’œuvre de Darius Milhaud, exceptionnellement dense pour le vingtième siècle, fait même de son auteur l’un des plus prolifiques de tous les temps.

Darius Milhaud grandi dans une famille juive en Provence et son père, commerçant et musicien amateur, lui donne un goût précoce pour la musique. Il rentre néanmoins tard au Conservatoire de Paris, à l’âge de 17 ans, et se lie d’amitié avec Arthur Honegger. Il étudie notamment le violon, l’harmonie, le contrepoint, la composition auprès de Widor, la direction d’orchestre avec d’Indy, l’orchestration avec Dukas. Ses premières compositions sont déjà audacieusement avant-gardistes, et intègrent la polytonalité à partir de 1915. Il rencontre Erik Satie, Jean Cocteau, puis Paul Claudel qui l’emploie comme secrétaire à l’ambassade de France au Brésil. A son retour en France après un détour par New York, la notoriété vient avec son appartenance au Groupe des Six. Il retourne alors aux Etats-Unis en 1922 pour y jouer ses compositions au piano et donner des conférences dans les grandes universités. Grand voyageur, il parcourt l’Europe, puis se consacre à la composition et à l’enseignement. La Seconde Guerre Mondiale le force à l’exil, et il enseigne pendant plusieurs années en Californie, puis à partir de 1947, il partage son temps entre son poste de professeur au Conservatoire de Paris et les Etats-Unis.
Avec plus de 443 numéros d’opus, l’œuvre prolifique de Darius Milhaud est caractérisée par la polytonalité, la polyrythmie, l’inventivité mélodique, l’influence de la musique brésilienne et du jazz et la recherche formelle.

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23 Juin 2018 19:13 - Christian MALAPLATE
Darius MILHAUD

Darius Milhaud, né le 4 septembre 1892 à Marseille1 et mort à Genève le 22 juin 1974, est un compositeur français de musique classique.

Darius Milhaud est l’unique fils d’un négociant en amandes et d’une mère née à Marseille. Ses parents sont musiciens amateurs. Darius montre des dons précoces, tout d’abord pour le violon et la composition. À 17 ans, en 1909, il va à Paris pour étudier au Conservatoire de Paris, jusqu’en 1915.

Ces années sont l’occasion de multiples rencontres sur le plan musical et littéraire : il se lie d’amitié avec les musiciens Georges Auric et Arthur Honegger, et avec le poète Léo Latil, tué en 1915 lors de la Première Guerre mondiale. Il fait également la connaissance de Francis Jammes et de Paul Claudel en 1912, auteurs dont il mettra les textes en musique. Sa rencontre avec André Gide exerce aussi une influence importante.

Atteint de rhumatismes, Darius Milhaud est réformé. Il compose dans ces années des musiques de scène, notamment sur la trilogie Orestie d’Eschyle, traduite par Claudel. Il recourt alors à la polytonalité, ce qui devra rester comme l’une des caractéristiques principales de sa musique. Cette amitié entre les deux artistes évolue dans le sens d’une collaboration : Claudel, nommé ministre plénipotentiaire à Rio de Janeiro, propose à Milhaud de devenir son secrétaire. Milhaud accepte. Il s’enthousiasme alors pour les musiques sud-américaines, qu’il insère dans les ballets L'Homme et son désir (1918-1921) et Le Bœuf sur le toit (1919-1920), ainsi que dans la suite de danses Saudades do Brasil (1920-1921).

De retour à Paris, il est associé par le critique Henri Collet au Groupe des Six, constitué de Georges Auric, Louis Durey, Arthur Honegger, Francis Poulenc et Germaine Tailleferre. Le mentor de toute cette équipe est l'écrivain et graphiste Jean Cocteau. Fort de cette association, avec laquelle il écrit notamment la musique des Mariés de la Tour Eiffel (1921), unique œuvre collective du Groupe des Six, sur un argument de Cocteau, Milhaud est également reconnu dans le milieu parisien pour ses œuvres de jeunesse imprégnées d’influences sud-américaines.

Il officie en tant que chef d’orchestre, critique musical, ou même conférencier, et voyage abondamment, notamment à Londres en 1920, et aux États-Unis en 1922, où il découvre les rythmes du jazz qui vont profondément l’influencer pour son ballet La Création du monde (1923. Il continue à écrire plusieurs opéras sur des livrets de ses amis : Le Pauvre Matelot en 1926 sur un texte de Cocteau, et Christophe Colomb en 1930 sur un texte de Claudel. Il s’intéresse également au cinéma et compose pour le cinéma. Toutefois, ses compositions jouissent d’un succès mitigé, et son opéra Maximilien (1932) est accueilli fraîchement à l’Opéra Garnier. Parallèlement, sa vie sentimentale est comblée par son mariage avec Madeleine Milhaud, une cousine actrice, qui lui donna en 1930 un fils, Daniel, qui devint artiste-peintre. Sa production reste prolifique jusqu’au début de la Seconde Guerre mondiale, date à laquelle il doit fuir la France occupée, cumulant « l'inscription sur deux listes de proscription : comme juif et comme compositeur d'art dégénéré ». En 1940, il part pour les États-Unis, où le chef d'orchestre Pierre Monteux l'aide à trouver un poste de professeur de composition au Mills Collège d’Oakland (Californie).

Après la guerre, il retourne en France en 1947, et se voit offrir un poste de professeur de composition au Conservatoire de Paris. Il alterne alors son activité de professeur entre Paris et les États-Unis, continuant à enseigner à Oakland jusqu'en 1971, ainsi qu'à l’Académie musicale d’été d’Aspen au Colorado et dans divers établissements américains. Malgré une santé de plus en plus fragile (des rhumatismes le font beaucoup souffrir), le compositeur reste donc un infatigable voyageur, même si son activité créatrice est ralentie.Sa carrière est couronnée en 1971 par un fauteuil à l’Académie des Beaux-Arts. Il s’éteint le 22 juin 1974 à Genève, à l’âge de 81 ans. Selon ses souhaits, il est enterré au cimetière Saint-Pierre à Aix-en-Provence, sous une modeste pierre du carré juif. Il avait été membre du Comité de direction de l'Association du Foyer de l’Abbaye de Royaumont. Voici deux poèmes Blaise CENDRARS La danse des animaux et Le chant de la mort mis en musique par Darius MILHAUD avec Chœur Mixte KÜHN

L’œuvre L’homme et son désir sous-titrée » poème plastique » fut composé par Darius MILHAUD en 1918 à Rio de Janeiro, alors qu’il était le collaborateur de Paul CLAUDEL à la légation de France. L’argument du poète était le suivant : « C’est le thème de l’homme enfermé dans une passion, une idée, dans un désir, et qui essaie vainement de s’en échapper comme d’une prison aux barreaux invisibles, jusqu’au moment où une femme, qui est à la fois l’image de la Mort et de l’Amour, vient le prendre avec elle et le fait sortir de scène. »

Le Bœuf sur le toit, op. 58 est une œuvre musicale de Darius Milhaud créée le 21 février 1920 à la Comédie des Champs-Élysées. Il s'agit à l'origine d'une pièce pour violon et piano intitulée Cinéma-fantaisie et destinée à accompagner un film muet de Charlie Chaplin. Membre du tout nouveau groupe des Six (avec notamment Auric et Poulenc), Milhaud la transforme en ballet-pantomime sur la suggestion de Jean Cocteau qui en écrit l'argument. Les costumes sont conçus par Guy-Pierre Fauconnet et les décors et cartonnages par Raoul Dufy.

Le titre comme la musique sont inspirés d'une ancienne chanson brésilienne, pays que fréquenta le compositeur. Le refrain revient près de quatorze fois sur douze tonalités différentes. Son exécution dure environ un quart d'heure. « Farce » surréaliste, dans l'esprit des Mamelles de Tirésias de Guillaume Apollinaire ou du ballet Parade de Satie, il n'y a pas à proprement parler d'histoire. Le décor représente un bar qui voit défiler plusieurs personnages : un bookmaker, un nain, un boxeur, une femme habillée en homme, des hommes habillés en femmes, un policier qui se fait décapiter par les pales d'un ventilateur avant de ressusciter... La chorégraphie était volontairement très lente, en décalage avec le côté vif et joyeux de l'accompagnement musical. Contrairement à un ballet traditionnel, les interprètes ne venaient pas de la danse mais du cirque dont les frères Fratellini, vedettes à Medrano.

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