Emission Prélude du 04 Juin 2018: Luigi Boccherine, la naissance du quatuor à cordes

Luigi Boccherini est un compositeur et violoncelliste italien (Lucques, 1743 – Madrid, 1805)

C'est l’un des premiers représentants de l’école italienne de violoncelle à joindre l’expressivité à la virtuosité instrumentale.

Boccherini est le fils du premier contrebassiste nommé soliste à la Capella Palatina, Léopold Boccherini. Tout comme ses frères et sœurs, il commence l’apprentissage du violoncelle dès l’âge de cinq ans avec son père. Il continue ses études avec Francesco Vanucci, maître de chapelle de la cathédrale San Martino. En 1757, le père et le fils sont engagés dans l’orchestre du Théâtre impérial de Vienne.

Avec Filipo Manfredi, Pietro Nardini et Giuseppe Cambini, Boccherini entreprend une tournée européenne. En France, il présente ses œuvres au Concert Spirituel et y rencontre François-JosephGossec et Pierre Gaviniès. A Madrid, au service de différentes cours – sous la protection de l’Infant Don Luis, de Frédéric-Guillaume II de Prusse, de la comtesse Maria Josefa de Benavente-Osuna - Boccherini compose la majorité de son œuvre de musique de chambre.

Violoncelliste virtuose, Boccherini a énormément contribué à l’essor de l’instrument en composant de nombreux quintettes pour violons, alto et deux violoncelles, des concertos ainsi que des sonates. Il poursuit l’exploration du jeu en doubles cordes initiée par ses prédécesseurs et ouvre de nouvelles perspectives tant dans la dynamique que dans les effets instrumentaux qui n’étaient alors utilisés que pour le violon. Il développe également la technique de l’instrument en utilisant la position du pouce afin d’en augmenter l’ambitus et emploie la clé de sol dans les partitions de violoncelle, réservée jusqu’ici au violon, permettant ainsi le déploiement du registre aigu de l’instrument.

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Commentaires
23 Juin 2018 19:17 - Christian MALAPLATE
Luigi BOCCHERINI

Né le 18 février 1743 en Tocsane, à Lucques (Italie), Luigi Boccherini a un père contrebassiste talentueux et un frère qui plus tard écrira plusieurs livrets pour des opéras d’Antonio Salieri.

Rapidement formé au violoncelle par son père, l’enfant révèle une aptitude innée pour la musique. Son père le confie alors au maître de chapelle de la cathédrale de Lucques, Domenico Vanussi. Puis, Giovanni Battista Constanzi, maître de chapelle et violoncelliste à la basilique Saint-Pierre de Rome, prend à son tour l’éducation du jeune homme en main. Il le familiarisera avec Giovanni Pierluigi da Palestrina et Gregorio Allegri, dont le miserere impressionnera beaucoup Boccherini.

En 1757, le père de Boccherini trouve deux places dans l’orchestre de la cour de Vienne (une de contrebassiste pour lui, et une de violoncelliste pour le fils). Mais Boccherini préfère, en 1764, regagner sa ville natale pour occuper une place de violoncelliste à la chapelle palatine. Son salaire étant peu élevé, il fonde un quatuor (chose très rare à l’époque). Les œuvres interprétées sont de Joseph Haydn, de Boccherini lui-même et d’autres compositeurs connus à l’époque.

En 1768, accompagné de Filippo Manfredi (un musicien du quatuor), Boccherini se rend à Paris, où les Italiens sont les bienvenus. Boccherini publie quelques opus (quatuors et trios). Les deux hommes présentent leurs œuvres avec succès et leur renommée s’étend. Ils sont invités à Madrid par l’Ambassadeur d’Espagne (qui leur propose une place stable et la célébrité). Pourtant, le roi espagnol Charles III et la musique ne sont pas bons amis.

Mais dans la capitale espagnole, les autres compositeurs italiens jalousent Boccherini et son ami. De plus, là-bas, être créateur d’opéra est presque la seule condition pour arriver au succès, et ils n’en créent pas. En 1770, l’Infant Don Luis engagera le compositeur comme violoncelliste et compositeur, ce qui semble l’avoir "relancé". Il devient en effet très fertile à partir de ce moment-là . Son opus 15 (quatuors) lui offre la renommée européenne.

En 1776, le mariage morganatique de l’Infant entraîne le rejet des deux musiciens de la cour madrilène. Malgré cette mauvaise passe, il compose encore un magnifique Stabat Mater (1781). En 1785, Boccherini perd son protecteur. Le roi Charles III lui accorde alors une pension et le roi de Prusse Guillaume II le prend à son service. Il va également être directeur du petit orchestre de la duchesse Duchesse Benavente-Osuna. Mais, pour un motif inconnu, il renonce à ce poste et, avec le décès du roi Guillaume, perd la pension. Abattu, désargenté, Boccherini vend quelques pièces à Ignaz Pleyel, qui abusera de la situation précaire du compositeur. Heureusement, Jérôme Bonaparte, alors Ambassadeur de France à Madrid, trouve une place à Boccherini. Celui-ci le remerciera en lui dédiant ses opus 60 et 62 (suites de quintettes).

Après plusieurs épreuves douloureuses (décès de plusieurs enfants, de son épouse, etc.), Boccherini meurt d’une maladie pulmonaire le 28 mai 1805. Mal logé, sans le sou, il manqua de reconnaissance de la part de la majorité de ses contemporains. L’œuvre de Boccherini a disparu des concerts hormis un menuet célèbre, quelques symphonies (la Majeur, 1787; ut mineur, 1788) et le concerto pour violoncelle et orchestre en si bémol majeur. Cependant, actuellement, un bon nombre de ses œuvres de musique de chambre ou symphonies sortent de l’ombre avec beaucoup de succès.

Voici l’allegretto moderato du Trio no1 en la majeur opus 47 de Luigi BOCCHERINI interprété par le Trio L’Europa Galante                  

Au catalogue des œuvres de Luigi BOCCHERINI, la symphonie occupe une place tout à fait remarquable. Les 4 symphonies à grand orchestre opus 37 sont sans doute parmi les plus importantes et les plus originales des 33 composées par le musicien. Composées à Madrid entre le mois de novembre 1786 et le mois d’octobre 1787

1786 et le mois d’octobre 1787.   Voici les quatre mouvements de la Symphonie en la majeur opus 37 no-4

Le Stabat Mater de Luigi BOCCHERINI est une commande passée en 1781 pour l'office de Las Arenas, par son employeur, l'infant Don Luis. Le texte repose sur un texte datant du XIIIe siècle et attribué à Jacopone da Todi qui médite sur la souffrance de Marie lors de la crucifixion. Sa première version repose sur une voix de soprano accompagnée d'un quintette à cordes (deux violons, un alto, deux violoncelles). Elle est composée de 11 parties et dure environ trois quart d'heure. Le musicien reprend la partition près de vingt ans plus tard (en 1801) en y ajoutant une ouverture et deux voix : un contralto et un ténor. L'œuvre définitive correspond ainsi à l'opus 61 du musicien. Voici le début du Stabat MATER de BOCCHERINI ;

Voici les trois mouvements du concerto pour violoncelle et orchestre en ré majeur de Luigi BOCCHERINI-

Le premier mouvement Allegro con spirito molto de l’ouverture de la symphonie en ré majeur opus 43 de Luigi BOCCHERINI

Le nocturne en sol majeur opus 38 no-4 de Luigi BOCCHERINI est en réalité une œuvre de chambre pour deux violons, un alto, deux violoncelles, hautbois ou flûte, basson, cor  et dans une version avec une contrebasse– L’œuvre s’ouvre sur un charmant andantino amoroso ma non largo suivi par un menuet et qui se termine par un allegro vivo de forme sonate qui débute en douceur puis éclate avec un entrain qui traverse tout le mouvement.

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